La première École de la rénovation énergétique ouvrira à Bordeaux en octobre

Attirer de nouveaux profils vers les métiers du bâtiment, les former en trois mois et participer à son échelle au chantier global de la transition climatique : c'est le triple objectif de l'École de la rénovation énergétique (ERE). Le premier campus s'installera à Bordeaux en octobre 2021 pour former une promotion de 30 élèves avec le soutien de Nobatek/INEF4. Explications avec Thomas Cazenave, l'un des fondateurs, et Caroline Benard-Dende, la directrice.

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Alors que les chantiers se poursuivent dans la métropole, notamment à Euratlantique, une école dédiée aux métiers de la transition énergétique ouvrira ses portes en septembre 2021.
Alors que les chantiers se poursuivent dans la métropole, notamment à Euratlantique, une école dédiée aux métiers de la transition énergétique ouvrira ses portes en septembre 2021. (Crédits : Agence APPA)

"Le secteur du bâtiment c'est 30 % des émissions de gaz à effet de serre et sa transformation est donc indispensable pour atteindre la stratégie bas carbone. Mais si l'on veut pouvoir multiplier par cinq le rythme de la rénovation énergétique du bâtiment, la grande question c'est le manque de compétences quantitativement comme qualitativement !", explique Thomas Cazenave.

Celui qui est aussi inspecteur général des finances et conseiller municipal et métropolitain d'opposition à Bordeaux prend soin de bien poser le décor au moment de présenter à La Tribune ce projet d'École de la transition énergétique dont le tout premier campus ouvrira ses portes dans quelques semaines. Ce sera rue de Pessac, dans le centre de Bordeaux, pour accueillir les premiers élèves de ce nouveau cursus de formation aux métiers de la transition énergétique, de la rénovation thermique et des économies d'énergie.

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Deux cursus proposés dès le mois de septembre

Outre Thomas Cazenave, ce nouvel établissement de formation initiale et continue est porté par quatre associés dont Baptiste Yvenat, fondateur et dirigeant de la plateforme immobilière Keyclic, et Corentin Bernard, fondateur et dirigeant de l'agence de communication auXc qui a réalisé le site web de l'école. Concrètement, cette entreprise à mission au capital de 60.000 euros, dont les statuts ont été déposés il y a quelques jours, proposera deux cursus à partir du mois d'octobre. La cible ? Des professionnels mais aussi, et peut-être surtout, des profils en formation initiale ou en reconversion professionnelle qui souhaiteraient s'orienter vers ces métiers d'avenir et non délocalisables mais toujours attractifs.

"Le premier cursus de compagnon de la rénovation énergétique a vocation à former des profils opérationnels de chantier sur des compétences transversales. Il n'y a pas de pré-requis, seulement un test à l'entrée pour s'assurer de la compréhension des enjeux et vérifier des compétences basiques telles que l'orientation ou des calculs de surface avec une mise en situation", détaille Caroline Bénard-Dende, la directrice de l'ERE. "Le second parcours forme au métier de chef de projet de la rénovation énergétique qui assure notamment l'interface avec les clients et fournisseurs et l'articulation des différents corps de métiers. Il s'adresse à des niveaux Bac et des profils disposant de cinq ans d'expérience professionnelle dans n'importe quel secteur, pas nécessairement le bâtiment !"

Concrètement, cela doit permettre aux élèves de devenir poseur d'isolation thermique extérieure, couvreur, plombier chauffagiste, monteur de pompe à chaleur, ouvrir polyvalent de chantier, chef de projet en rénovation énergétique, coordinateur travaux, chef de projet performance énergétique, chargé d'affaires en rénovation, technico-commercial, conseiller en isolation, chef de projet assistance à maîtrise d'ouvrage, chef de projet chauffage, ventilation, climatisation, etc.

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Ingénieure d'Arts et Métiers Paris Tech, Caroline Bénard-Dende est passée par Suez, différentes expériences d'enseignement et une activité indépendante de conseil RH avant de rejoindre le projet ERE. Pour elle, l'enjeu du second module de formation est double : "Nous voulons soit permettre à des chefs de projet dans d'autres domaines de venir sur le secteur du bâtiment, soit permettre à des professionnels du bâtiment d'acquérir ces compétences de chef de projet." Après deux promotions de quinze élèves dès le mois d'octobre 2021, l'ERE ambitionne de former trois à quatre promotions par an.

Un partenariat avec Nobatek/INEF4

Ces deux cursus sont en effet d'une durée de 400 heures sur trois mois selon une démarche "volontairement intense et chargée avec des enseignements théoriques, pratiques et toute une partie dédiée à l'innovation numérique", précise la directrice. L'école s'appuie notamment sur un partenariat avec Nobatek/INEF4, une structure basée à Anglet et Talence spécialisée dans l'innovation dans le bâtiment. "Nobatek nous apport des intervenants et l'accès à son outil Batiscaf de formation en réalité virtuelle aux métiers du bâtiment", ajoute-t-elle, revendiquant également le soutien de la Fédération française du bâtiment (FFB) et de la Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb) de Gironde. "Notre objectif est d'être un sas vers ces métiers d'avenir pour permettre ensuite aux élèves de trouver un emploi de salarié ou de lancer leur propre entreprise", insiste Thomas Cazenave.

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Pour un prix de 4.900 euros à 5.800 euros, ces cursus devraient être reconnus comme certificat de qualification professionnelle (CQP) ce qui permettra à la fois d'objectiver les compétences acquises et de financer la formation via le compte personnel de formation (CPF). "En termes de modèle économique, nous entendons marcher sur deux jambes avec, d'une part, une offre en reconversion via les financements de la formation professionnelle et la gratuité pour les demandeurs d'emplois et, d'autre part, une offre de formation continue pour les professionnels du secteur", note Thomas Cazenave. Et si l'ERE trouve son équilibre à Bordeaux, l'objectif est d'ores et déjà de déployer d'autres campus en Nouvelle-Aquitaine.

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