Faute de repreneurs convaincants, les Girondins de Bordeaux penchent pour le redressement judiciaire

Alors que trois candidats à la reprise ont présenté leurs offres le 14 juin avant que deux d'entre eux fusionnent trois jours plus tard, les Girondins de Bordeaux jugent leurs capacités financières insuffisantes. Dans ces conditions, le club envisage désormais clairement la procédure de redressement judiciaire... sauf si les candidats rehaussent leurs garanties avant le 22 juin, date de la déclaration de cessation de paiements.

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(Crédits : FCGB)

Placé sous la protection du tribunal de commerce depuis le 22 avril après le renoncement de son actionnaire américain, King Street, l'avenir du Football club des Girondins de Bordeaux s'est encore assombri ce vendredi 18 juin. Après avoir examiné les trois offres fermes déposées lundi 14 juin par Gérard Lopez, Pascal Rigo et Didier Quillot, le club, épaulé par la banque Rotschild, a indiqué le 17 juin qu'aucun ne présente de "garanties suffisantes sur leur capacité de financement". Face à ces déclarations peu enthousiasmantes, Gérad Lopez et Pascal Rigo, qui avait déjà fusionné avec le projet de Stéphane Martin, ont acté officiellement leur rapprochement afin de constituer une surface financière suffisante pour "sortir le club des difficultés dans lesquelles il se trouve actuellement et, à moyen terme, permettre à cette institution de retrouver un niveau de performance conforme à son histoire." La reprise du FCGB nécessiterait entre 130 et 170 millions d'euros pour la reprise des actifs et des passifs dont une dette de 40 millions d'euros auprès de Fortress à honorer pour novembre 2022.

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24h plus tard, c'est à nouveau la douche froide pour les candidats comme pour les supporters. Dans un communiqué, les Girondins de Bordeaux, qui se trouvent pour l'instant dans une procédure de mandat ad hoc, déclarent :

"A l'issue des différents échanges de ce jour avec les candidats ayant annoncé fusionner leur projet, aucun élément nouveau susceptible de rassurer le club quant à leur capacité de financement et l'évidence de leurs fonds n'a malheureusement été apporté. Dans ces circonstances, afin de préserver l'avenir et son statut professionnel, le club n'a d'autre choix désormais que d'envisager l'éventualité d'une procédure de redressement judiciaire."

La direction du club table sur l'article 103 bis du règlement de la Ligue 1 pour espérer qu'un plan de cession puisse être adopté avant le 24 juillet prochain afin de pouvoir disposer d'une chance de maintenir les Girondins en Ligue 1. Il faudra pour cela convaincre la DNCG (direction nationale du contrôle de gestion) de la Ligue. D'autant que le calendrier est désormais très serré puisque, compte tenu des délais de procédure, le club indique qu'il effectuera la déclaration de cessation de paiements au tribunal de commerce le mardi 22 juin au plus tard. Et la direction des Girondins d'ajouter sous forme de nouveau coup de pression à l'adresse des deux projets de reprise encore en lice :

"Le club espère sincèrement que les candidats sauront utiliser cet ultime délai pour finaliser une offre et apporter les garanties financières nécessaires pour éviter la mise en œuvre d'une telle procédure."

La direction, qui a assuré la DNCG de la continuité de la trésorerie jusqu'au 30 juin prochain, pourrait aussi opter pour une procédure appelée le prépack cession qui permet d'accélérer considérablement la recherche d'un repreneur dans le but de céder cette fois uniquement les actifs dans le cadre d'un redressement judiciaire et d'accélérer le calendrier, comme l'expliquaient en détails à La Tribune Alexandra Blanch et Vincent Méquinion, deux administrateurs judiciaires. Dans tous les cas, la situation et les négociations entre le club et ses potentiels repreneurs devraient encore évoluer dans les tous prochains jours.

Dans un communiqué, le comité social et économique du FC Girondins de Bordeaux "en appelle à la responsabilité des différentes parties intervenantes afin que les délais impératifs permettant d'éviter le redressement judiciaire du club puissent être respectés" au regard "des conséquences désastreuses pour les plus de 250 salariés administratifs et sportifs qui y travaillent et leurs familles".

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