"La majorité régionale sortante a été très à l'écoute" (Philippe Neys, Medef Nouvelle-Aquitaine)

INTERVIEW. Philippe Neys, président du Medef de Nouvelle-Aquitaine, s'inquiète des décisions prises par l'exécutif de Bordeaux Métropole qui ne vont pas selon lui dans le bon sens pour assurer le développement de ce territoire. Patron du Medef Pays basque et adjoint au maire de Bayonne, le patron des patrons néo-aquitains accorde par contre un satisfécit à la politique économique menée jusqu'ici par la majorité aux commandes de la Région, dont Alain Rousset est le président sortant, et exprime ses attentes pour le mandat qui s'ouvre.

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Philippe Neys devant une affiche des célèbres Ballets basques Oldarra
Philippe Neys devant une affiche des célèbres Ballets basques Oldarra (Crédits : DR)

LA TRIBUNE - La forte attraction exercée par Bordeaux Métropole sur l'ensemble de la région préoccupe plus d'un chef d'entreprise néo-aquitain. En tant que président du Medef de Nouvelle-Aquitaine quel type d'effets négatifs sur la vie des entreprises voyez-vous dans le fonctionnement de cette nouvelle grande région ?

PHILIPPE NEYS - L'attractivité de la métropole joue un rôle incontestable de déséquilibre entre les territoires, d'autant plus qu'elle ne s'est absolument pas adaptée ni équipée pour recevoir un tel afflux de résidents, de professionnels, pas plus que de touristes. Les dernières dispositions prises par les élus de la ville de Bordeaux inquiètent d'autant plus qu'elles vont à l'encontre de toute facilité d'absorption de ces flux. Les enjeux sont clairs : soit des adaptations utiles se feront sur le territoire métropolitain, c'est-à-dire des constructions de logements en nombre suffisant, un contournement du grand Bordeaux pour désengorger la rocade, une facilitation de la circulation ; soit les nouveaux arrivants et les investisseurs iront évoluer sous des cieux plus accueillants. On sent très bien qu'il existe désormais une tendance à vouloir transformer les centres urbains en villes-musées. Pourquoi pas ? Mais cela oblige à repenser et réorganiser nos territoires en profondeur. Vaste sujet, vaste programme !

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Les régions ont la responsabilité de l'action économique. Jugez-vous que la majorité régionale sortante en Nouvelle-Aquitaine s'est montrée efficace dans l'appui apporté aux entreprises, pendant les différentes séquences de confinement, ou qu'elle est au contraire passée à côté de l'objectif ?

Incontestablement la majorité régionale sortante a été très à l'écoute du développement économique, sans distinction d'origine territoriale, de taille d'entreprise ou de secteur d'activité. L'investissement de la Nouvelle-Aquitaine a été soutenu, aussi bien en phase de rebond, qu'en période de disette pour certains secteurs durement touchés par les conséquences du confinement. La volonté d'intervention du conseil régional semblait même aller au-delà de ses moyens d'action et de ses compétences. L'innovation, la recherche sont des axes majeurs de développement auxquels la Région a toujours su répondre.

Quelles décisions devra selon vous adopter la future présidence de la Nouvelle-Aquitaine pour corriger le fonctionnement de cette collectivité dans le bon sens : davantage de décentralisation du pouvoir économique dans les territoires ?

A mon sens les grands axes de développement sont l'adaptation de nos structures ferroviaires, routières et aériennes aux contraintes imposées par l'essor économique de la région. Si nous ne sommes pas capables de répondre et de nous adapter à ce besoin essentiel, tous les efforts déployés et consacrés à cette augmentation de production économique finiront par s'amenuiser au fil du temps, jusqu'à tendre vers zéro. Une correction de la décentralisation voudrait un peu plus de proximité de la région dans les territoires mais cette politique reviendrait à déployer de nouvelles structures alors que le but est de diminuer les charges. Restons logiques avec nous-mêmes et contentons-nous du fonctionnement actuel. Le développement économique semble bien d'ores et déjà décentralisé par les effets de l'application de la loi Notre (Nouvelle organisation territoriale de la République).

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