Pourquoi l'engagement des entreprises pour l'environnement se généralise

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Ludovic Renaud, Hakim Baka et la journaliste Géraldine Rabier pendant cette matinale à l'Intercontinental Bordeaux -Le Grand Hôtel.
Ludovic Renaud, Hakim Baka et la journaliste Géraldine Rabier pendant cette matinale à l'Intercontinental Bordeaux -Le Grand Hôtel. (Crédits : Agence Appa)
Mireille Lizot, pour Léa Nature, Hakim Baka, fondateur de la startup Geev, et Ludovic Renaud, responsable du pôle banque et développement régional à la Caisse d'Epargne Aquitaine Poitou-Charentes (CEAPC) ont présenté un large éventail d'applications de la RSE dans leurs entreprises. Au cours de la matinée "Engagement & RSE, le temps des actes" organisée par La Tribune, à Bordeaux, ce 27 avril.

La deuxième partie de la matinale consacrée par La Tribune à la RSE (responsabilité sociétale et environnementale) a démarré avec la "Séquence planète", à laquelle ont participé Hakim Baka, fondateur de la startup bordelaise Geev, Mireille Lizot, directrice des engagements et de la communication chez Léa Nature, groupe néo-aquitain numéro deux national en produits alimentaires Bio, et Ludovic Renaud, membre du directoire de la Caisse d'épargne d'Aquitaine Poitou-Charentes (CEAPC), à Bordeaux.

"Geev se veut un service déculpabilisant. Donner son canapé à quelqu'un plutôt que de l'envoyer à déchetterie : c'est exactement le type de service que propose notre application, dont l'usage a été amplifié par la crise sanitaire. Nous traitons 750.000 dons pas mois. Nous avons intégré dans notre modèle le fait d'être une entreprise à impact", situe Hakim Baka, cofondateur avec Florian Blanc de Geev, dont il est directeur général.

Une startup qui a enregistré un mois de janvier 2021 exceptionnel avec 500.000 dons (+ 105 % sur un an), tandis que l'application Geev compte désormais plus de 2,8 millions de comptes créés par les utilisateurs.

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La RSE est devenue une préoccupation généralisée

Avec un produit net bancaire de 488 millions d'euros en 2019, réalisé avec 2.503 salariés, la Caisse d'Epargne Aquitaine Poitou-Charentes (CEAPC), dont le siège se trouve à Bordeaux, est présente dans neuf des douze départements de Nouvelle-Aquitaine. Des chiffres qui montrent que cet établissement est l'une des grandes banques de la région. Membre du directoire en charge du pôle banque et développement régional, Ludovic Renaud est tout d'abord revenu sur quelques fondamentaux.

"Nous avons un peu plus de 200 ans d'ancienneté et donc l'habitude du changement. L'environnement nous a-t-il changé ? Il m'est possible de répondre en précisant qu'aujourd'hui 70 % des particuliers en France attendent de leur établissement financier qu'il s'engage dans le développement durable. Et sur le plan de l'épargne, 73 % de la population se dit désormais attentive aux critères RSE. Pour être complet, je tiens à préciser qu'à la CEAPC cela fait plus de huit ans que nous avons lancé le changement dans ce sens", a recadré en substance Ludovic Renaud.

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La démarche est contrôlée depuis l'extérieur

Ce dernier a ensuite souligné que dans son établissement la RSE relève d'une stratégie d'entreprise qui s'articule sur trois axes.

"Nous nous sommes dotés d'un comité stratégique dédié à ce sujet, les labellisations que nous visons dans ce cadre sont assurées par des tiers extérieurs, ce qui est très mobilisateur, et nous voulons atteindre une mesure plus fine de notre propre empreinte carbone et de celle de nos clients", a ainsi éclairé Ludovic Renaud.

Léa Nature, à La Rochelle, est le numéro deux national de l'alimentation bio en France avec sa marque Jardin Bio, derrière le Néerlandais Bjorg. Avec près de 200 millions d'euros de chiffre d'affaires réalisé en 2019, Léa Nature a généré un peu moins de 50 % de l'activité du groupe éponyme, fondé et dirigé par Charles Kloboukoff, qui a atteint 450 millions d'euros avec 1.250 salariés lors de cet exercice.

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Une entreprise née bio et naturelle désormais en mission

"Nous fabriquons des produits naturels et bios depuis 28 ans. Dès le démarrage de l'entreprise nous avons écrit nos valeurs fondatrices et créé un comité d'éthique. En 2007 nous avons rejoint le réseau « 1 % for the planet », qui implique pour les entreprises de reverser 1 % de leur chiffre d'affaire annuel à des associations engagées dans des actions de protection de l'environnement.

Au fur et à mesure, nous avons validé notre démarché RSE et obtenu la certification ISO 26.000. Nous nous sommes fixés plus de 100 objectifs à atteindre, parmi lesquels figure la réduction des emballages plastiques, dans un plan qui est renouvelé tous les deux à trois ans", détaille tout d'abord Mireille Lizot, directrice des engagements et de la communication institutionnelle de Léa Nature, société créée en 1993.

Autant dire que Léa Nature était fin prête pour passer rapidement à l'étape suivante dès qu'elle se présenterait.

"Avec la loi Pacte (plan d'action pour la croissance et la transformation des entreprises) nous avons décidé de devenir une société à mission, confirme Mireille Lizot. En 2019, poursuit-elle, Léa Nature est devenue la première entreprise de taille intermédiaire (ETI) à mission environnementale".

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Environnement et consommateurs même combat

De son côté, Geev a élargi son terrain de jeu depuis 2019, en passant des accords de partenariat d'abord avec Cdiscount puis Auchan. L'objectif pour la startup étant de récupérer les matériels d'occasion dont se défont les clients quand ils achètent du neuf dans l'une de ces deux enseignes.

Tandis que la CEAPC travaille à l'intégration de la RSE dans son activité, sachant que cette banque régionale a déjà financé, à hauteur de 160 millions d'euros, des projets de développement des énergies renouvelables. A commencer par la centrale solaire de Labarde, dans la partie nord de Bordeaux. Les prêts à impact, c'est-à-dire engageants, accompagnés de taux bonifiés moyennant l'atteinte d'objectifs environnementaux ou sociaux sont également au programme de ces initiatives clairement ciblées pour participer à la préservation de l'environnement et des consommateurs.

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