Le CHU de Bordeaux met 1,2 milliard d'euros sur dix ans pour moderniser ses trois sites

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Symbolisé par le tripode de Pellegrin, le CHU de Bordeaux a présenté un vaste plan de modernisation ce mardi 6 avril 2021.
Symbolisé par le tripode de Pellegrin, le CHU de Bordeaux a présenté un vaste plan de modernisation ce mardi 6 avril 2021. (Crédits : Thomas Sanson / Ville de Bordeaux)
"Nouveau CHU" : c'est le nom du plan d'investissement de 800 millions d'euros dévoilé par le Centre hospitalier universitaire (CHU) de Bordeaux dans le cadre d'un programme global de 1,2 milliard d'euros présenté ce 6 avril en présence d'Olivier Véran. Le ministre de la Santé a en effet confirmé un financement de l'Etat de 240 millions d'euros issus du Ségur de la santé pour soutenir ce plan. A noter que le projet de pépinière de startups est notamment confirmé à Saint-André.

"Le CHU de Bordeaux est dans une situation paradoxale puisqu'il est premier au classement des meilleurs hôpitaux établi par Le Point depuis quatre ans, c'est donc un véritable fleuron, mais il est aussi avant-dernier en matière de vétusté de ses bâtiments dont certains datent des années 1970 et ne disposent que d'une seule douche pour 25 lits ! Il était donc urgentissime de transformer le CHU pour lui donner les moyens de ses ambitions", observe Olivier Véran, le ministre de la Santé, ce mardi 6 avril, lors de la présentation du programme de rénovation pour les dix ans à venir.

Il s'agit d'une enveloppe globale de 1,2 milliard d'euros sur dix ans dont 800 millions d'euros directement fléchés vers le plan de modernisation "Nouveau CHU", qui est abondé par l'Etat à hauteur de 240 millions d'euros.

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Le temps des grands travaux

"Tous les sites du CHU dans l'agglomération seront concernés par ce plan et ces opérations de grands travaux qui visent à être à la hauteur des savoir-faire des équipes médicales et paramédicales en améliorant l'accueil des patients et les conditions de travail des professionnels", assure Yann Bubien, le directeur général du CHU de Bordeaux. Modernisation, construction, rénovation, cession, valorisation... : le centre hospitalier universitaire s'apprête en effet à vivre une révolution au long cours puisque dix opérations d'envergure seront lancée d'ici 2030 avec au total 90.000 m2 de constructions neuves et autant de surfaces restructurées. "Le phasage précis est en cours et sera déterminé avant l'été. Nous avons tous envie que les travaux démarrent tout de suite mais il faut avoir conscience que tous les bâtiments concernés sont des sites occupés par les 14.200 salariés du CHU, le million de patients annuels et leurs proches qui viennent leurs rendre visite. C'est donc un travail long et complexe", précise Yann Bubien.

A ce stade, les chantiers les plus avancés sont la réouverture, en septembre 2021, de l'hôpital des enfants, à Pellegrin, et la reconstruction provisoire du service des urgences, également à Pellegrin, dont le commencement est imminent. Le tout s'étendra sur 10.000 m2.

CHU Pellegrin

Le programme prévu sur le site de Pellegrin. Cliquez sur l'image pour l'agrandir (crédits : CHU de Bordeaux).

Santé et services de soins : 1,183 milliard d'euros pour la Nouvelle-Aquitaine

Dans le cadre du Ségur de la santé, le gouvernement a annoncé début mars, une enveloppe totale de 1,183 milliard d'euros pour les services de santé et de soins en Nouvelle-Aquitaine sur un total de 19 milliards d'euros à l'échelle nationale. « Ce montant a été déterminé en tenant compte des priorités d'investissement sur la région, de la maturité des projets portés, et de la situation financière des établissements », précise le gouvernement. Ce dernier détaille le fléchage de ces fonds : 366 millions d'euros serviront à l'assainissement financier des établissements les plus endettés de la région ; 684 millions d'euros (dont les 240 octroyés au CHU de Bordeaux) permettront de relancer les investissements en santé, moderniser les établissements, développer l'offre de soins, de suite et de réadaptation et améliorer la prise en charge des personnes âgées à l'hôpital ; 44 millions d'euros sont consacrés à l'achat ou au remplacement de matériel, à la réalisation de petits travaux afin d'améliorer les conditions de travail ; 18 millions d'euros iront aux territoires où les inégalités en santé, sociales comme territoriales, sont les plus fortes (Corrèze, Creuse, Dordogne, Landes et Lot-et-Garonne).

En ce qui concerne le dossier très sensible du l'hôpital Saint-André, dans le centre-ville de Bordeaux, dont la cession avait été envisagée, il sera finalement conservé par le CHU, mais seulement partiellement. Une partie, trop vétuste, sera cédée. Une autre accueillera un pôle dédié à l'innovation, avec une pépinière de startups dans le domaine de la santé, un coworking et un espace de conférence mais aussi une crèche et une résidence pour les étudiants et les chercheurs. Enfin, la troisième partie, dont le cloître, rassemblera des activités hospitalières : maison de santé universitaire, soins ambulatoires, centre Jean Abadie, consultations, etc.

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Hôpital Saint-André

Le programme prévu sur le site de Saint-André. Cliquez sur l'image pour l'agrandir (crédits : CHU de Bordeaux).

En revanche, le service des urgences de Saint-André fermera bien ses portes tandis que les urgences seront réorganisées en deux pôles à Pellegrin et à l'hôpital Haut-Levèque, à Pessac.

Environ 100 millions d'euros de cessions

Mais le plan "Nouveau CHU" n'abordera pas seulement le volet bâtiment, comme le rappelle Nicolas Grenier, le président de la commission médicale d'établissement du CHU. "Nous travaillons sur ce plan depuis 2016-2017 avec la direction et les équipes médicales et soignantes et, outre les aspects bâtimentaires, il concerne aussi le parcours du patient en amont et en aval de l'hôpital", insiste-t-il. En plus des 240 millions d'euros apportés par l'Etat dans le cadre du Ségur de la santé, Olivier Véran souligne également que l'Etat a débloqué 4 millions d'euros pour les travaux plus rapides : travaux de réfection, achat de matériel, amélioration de l'accueil des patients et des conditions de travail des soignants.

De son côté, le CHU actionnera trois leviers financiers propres pour financer de plan d'envergure : l'auto-financement, l'endettement et la cession d'actifs fonciers et immobiliers. "On est en train d'évaluer globalement l'ensemble des biens qui seront cédés et valorisés mais cela représentera probablement autour d'une centaine de millions d'euros", indique Yann Bubien.

Groupe hospitalier sud

Le programme prévu sur le site du groupe hospitalier sud. Cliquez sur l'image pour l'agrandir (crédits : CHU de Bordeaux).

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Pour piloter l'ensemble du programme, un comité stratégique a été mis sur pied associant les services du CHU, de l'Etat, de Bordeaux Métropole, des mairies concernées et des représentants des usagers. Les travaux devraient prendre en compte les enjeux d'éco-conception des bâtiments ainsi que l'impact sur les plans de déplacements. A l'issue des travaux, le site de Pellegrin totalisera 240.000 m2, 931 lits et 221 places, le groupe hospitalier sud 204.000 m2, 925 lits et 160 places et Saint-André 28.000 m2.

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Une année au CHU de Bordeaux en chiffres :

  • 3 sites (Saint-André, Pellegrin et le pôle sud (Haut Lévèque, Xavier Arnozan et Pessac) et une propriété majeure : le Grand Théâtre de Bordeaux
  • 14.200 salariés, dont 58 % de personnel soignant, et plus d'un millier de recrutements
  • 3.000 lits
  • 350.000 appels au Samu
  • 128.000 passages aux urgences
  • 600.000 consultations médicales
  • 53.000 opérations chirurgicales
  • 1 million de patients suivis
  • Près de 6.000 naissances
  • Plus de 150 métiers
  • 294 chercheurs et 4.700 publications scientifiques
  • 14 instituts de formation
  • Un budget de plus de 1,16 Md€, dont 58 % de dépenses de personnel

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