La Nouvelle-Aquitaine à la manoeuvre pour structurer une filière de fabrications de masques

 |  | 451 mots
Lecture 3 min.
(Crédits : DR)
Après le coup de chaud du printemps lié à la pénurie de masques de protection contre le Covid-19, le conseil régional de Nouvelle-Aquitaine veut fixer un cadre pour pérenniser une filière locale de fabrication de masques barrière. Cela n'a rien d'évident malgré une demande estimée, dans l'hypothèse la plus haute, entre 600 millions et 1,2 milliard d'unités par an pour la seule Nouvelle-Aquitaine.

Dès le 25 mars 2020, la Région Nouvelle-Aquitaine a lancé une plateforme d'échanges entre les industriels du territoire pour coordonner et accroître la production de masques barrière à grande échelle. Au 6 juin dernier, 1.100 entreprises régionales y étaient inscrites dont 650 fournisseurs (industrie, textile, cosmétique, etc.), 350 demandeurs (établissements médico-sociaux, établissements de santé, etc.) et une centaine d'experts. De quoi générer plus de 300 mises en relation et fournir aux services du conseil régional une première base de données pour élaborer une stratégie industrielle régionale à moyen terme de production de masques barrière et autres équipements médicaux.

Lire aussi : Nouvelle-Aquitaine : la formidable mobilisation pour fabriquer masques et visières

Le sujet a été abordé ce lundi 21 septembre lors d'une conférence dédiée à la filière masque organisée au conseil régional de Nouvelle-Aquitaine. L'enjeu étant la fourniture régulière, à terme, de toutes les entreprises régionales qui le souhaitent soit par le biais de la commande publique, soit par le structuration de réseaux de production-distribution-consommation locaux et régionaux.

Lire aussi : Alain Rousset ambitionne de rapatrier les industries de santé

Des besoins durablement considérables

A ce stade, une certitude : le marché des masques barrière est considérable et s'inscrira malheureusement dans la durée. Une étude de l'Agence pour la diffusion de l'information technologique (Adit) confirme ainsi la prégnance des besoins tant au niveau national que régional. Elle chiffre ainsi à 33 millions en France et 3 millions en Nouvelle-Aquitaine le nombre d'usagers quotidiens de masques barrière (salariés, collégiens, lycéens, étudiants, etc.) de quoi évaluer la demande totale annuelle entre 6,8 et 13,7 milliards d'unités en France et entre 600 millions et 1,2 milliard d'unités en Nouvelle-Aquitaine. La différence d'estimation étant lié à l'hypothèse de base d'utilisation d'un ou de deux masques par jour et par personne. Des chiffres divisés par dix en prenant l'hypothèse de masques lavables réutilisables. Ainsi, par exemple, pour un masque consommé tous les vingt jours, les estimations oscillent entre 340 et 690 millions d'unités en France et 31 et 62 millions en Nouvelle-Aquitaine.

Etude Adit masque barrière

Cliquez sur l'image pour l'agrandir (crédits : Adit).

 Au-delà de ce premier état des lieux, cette matinée a permis des partages d'expériences et la présentation d'un panel de soutiens régionaux aux fabricants : commande publique, accompagnement par ADI (Agence développement innovation Nouvelle-Aquitaine) et appuis financiers de la Région aux projets de R&D et/ou d'investissement, présentation du programme national du CETI (centre européen des textiles innovants) pour des masques 100 % recyclés et recyclables, etc.

Lire aussi : Plaxtil innove en fabriquant du plastique recyclable avec des masques

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 26/09/2020 à 17:15 :
Le problème du masque c'est son mésusage.
Le mettre en permanence sous le nez comme je l'ai encore vu ce matin par les employés d'un supermarché ce n'est pas mettre le masque, ce n'est pas le geste fraternel que l'on attend (Liberté-Egalité-Fraternité)
Il faut de la rigueur, se passer les mains à la solution hydroalcolique quand on le touche, accepter les remarque des autres a ce sujet car c'est machinal et parfois inconscient...
Les Italiens sont semble-t-il meilleur que nous !
Quelle a été la formation des français au bon usage du masque, des plaquettes lue par très peu de monde et aucun spot TV.
S'il faut sérer les boulons, commençons par quelques Spot sur le lavage des mains et le masque. et de demander aux journalistes/présentateurs de TV de faire les remarques à tous leurs interlocuteurs, marre de voir des masques qui glissent ou que l'on met sous le menton pour faire le malin.
a écrit le 21/09/2020 à 15:26 :
A voir ce qu'il y a sur les marchés, dans les boutiques et comment les prix baissent (15 à 25 centimes le masque) on va se trouver en surproduction en France et quand la pandémie sera terminée on verra des faillites car trop de sociétés opportunistes ont misé sur ce "créneau". Et les chinois reviendront avec leur masque à 3 centimes (comme avant la pandémie!) et tueront cette "conversion" idiote. Le seul combat qui vaille est un soutien aux solutions de recyclage : arrêtons de dire qu'il sont contaminés (on devrait pouvoir les mettre avec les plastiques, le temps entre la mise à la poubelle et le traitement, le virus n'a pas pu se développer). Les hôpitaux ont déjà une filière de traitement pour leurs déchets. Mais dans le cas du recyclage on nous dit que la pandémie une fois disparue le sujet n'a plus d'intérêt. Appliquons ce raisonnement au niveau de la production. Le vrai problème de la production, c'est un problème de logistique : quantités en stock, délai et seuil de réapprovisionnement et diversification des fournisseurs. On voit que le flux tendu est générateur de hausse de prix. Ou la mondialisation mal comprise et mal maîtrisée aboutit à des catastrophes.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :