Chez Cdiscount, le coronavirus fait exploser les ventes d’imprimantes

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Un des entrepôts du pôle logistique de Cdiscount à Cestas
Un des entrepôts du pôle logistique de Cdiscount à Cestas (Crédits : HL)
Les grands entrepôts que possède Cdiscount à Cestas, près de Bordeaux Métropole, tournent à plein régime, dopés par la crise sanitaire due au coronavirus. Tandis que les salariés de ce pôle logistique majeur s’inquiètent pour leur santé, les commandes pleuvent au point que le premier site français d’e-commerce a innové dans son offre pour mieux répondre aux nouvelles attentes d'une population confinée.

La gigantesque secousse économique et financière provoquée par la violente irruption pandémique de coronavirus (Covid-19), ne provoque pas que des chutes d'activité et des mises en rideau de commerce. Cdiscount (groupe Casino), premier site d'e-commerce français, né à Bordeaux et toujours installé dans le port de la Lune, qui a installé sa base logistique à Cestas, est ainsi en plein boom.

"Les Français s'équipent en informatique et particulièrement en imprimantes, dont les ventes ont été multipliées par sept. Sans doute parce qu'il y a beaucoup de télétravail, qu'il faut assurer la continuité pédagogique pour les enfants, sans oublier l'impression des attestations de déplacement dérogatoire...", précise la direction de Cdiscount à La Tribune.

Si Cdiscount vend presque de tout, le site marchand s'est depuis longtemps fait aussi un nom dans l'électro-ménager, les jeux vidéo ou encore les voyages. Déjà présent dans l'alimentaire, Cdiscount propose désormais une nouvelle offre pour coller à l'évolution de l'actualité.

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Ameublement, mode et décoration en recul

Sous l'accroche 'On doit rester chez soi, Cdiscount est là", le site d'e-commerce vient ainsi de mettre sur les rails une offre domestique qui intègre une base alimentaire. Si cette dernière, couplée avec des couches pour bébés, un modèle d'imprimante ou encore un type d'essuie-tout, peut paraître modeste, avec son ensemble composé d'un riz long étuvé, de lait en poudre, de conserves de haricots verts ou encore de petits pois, elle serait elle aussi en pleine explosion. Ce qui se comprend étant donné la longueur des files d'attentes générées devant les supers et hypermarchés par la limitation à 100 du nombre de personnes autorisées à circuler dans ces grandes voire très grandes surfaces.

Confinement Bordeaux

Un supermarché Carrefour à Bordeaux Métropole mardi 18 mars 2020 (crédits : Thibaud Moritz/Agence APPA)

Une situation qui dope aussi les ventes à distance de produits pour les animaux de compagnie. Mais le repli des consommateurs dans leurs appartements et maisons a aussi son côté négatif, qui plombe les ventes en ameublement, dans la mode ou encore la décoration, souligne-t-on à Cdiscount. L'enseigne de vente par correspondance ne connaît pas de problèmes d'approvisionnements, notamment parce qu'elle a eu le temps de muscler ses stocks avant la crise.

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L'inquiétude des salariés en hausse dans les entrepôts

Ce virus Covid-19, finalement bien plus contagieux que prévu, combiné à l'explosion des ventes, ne va pas sans générer son lot d'inquiétudes dans la salle des machines logistique de Cdiscount, que sont les entrepôts. En particulier à Cestas où l'enseigne déploie 110.000 m2  de capacité de stockage, sur un total national de 500.000 m2, dans trois entrepôts géants de plus de 30.000 m2 chacun. Ce sentiment d'un manque de sécurité est confirmé par un salarié syndiqué du pôle logistique girondin.

"C'est la panique dans les entrepôts, avec toutes ces commandes et l'arrivée de beaucoup d'intérimaires. Nous vivons dans l'inquiétude car sur le plan de la sécurité, la situation n'est pas claire, estime ainsi Rémi Dias-Veiga, pour la CGT. Les salariés, poursuit-il, se demandent pourquoi nous ne sommes pas confinés, alors qu'il y a beaucoup d'intérimaires à former, qui sont souvent à plusieurs sur un même poste, poursuit le cégétiste. Nous avons des gants et du gel hydroalcoolique, et les portes restent grandes ouvertes, ce qui évite de les toucher, reconnaît-il. Mais on ne se sent pas en sécurité. Beaucoup de salariés essaient de se faire arrêter. La direction dit qu'elle fait tout ce qu'elle peut mais dans les entrepôts nous sommes plus de 400 salariés et près de 300 intérimaires. Ce qui ne rassure pas"

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Une situation qui est recadrée du côté de la direction.

"Tous les salariés pour lesquels c'était possible sont passés en télétravail. Pour les autres, nous avons pris des mesures sur le plan de l'hygiène et de la distanciation physique. Nous faisons effectivement appel à quelques intérimaires pour remplacer les salariés partis chez eux. Mais nous avons décidé de ne pas recruter à hauteur des afflux de commandes et de ralentir les délais de livraison pour ne pas densifier le nombre de salariés dans les entrepôts. Nous avons diminué le nombre de formations à plusieurs. Nos collaborateurs nous importent et nous répondons à leurs besoins", déroule ainsi ce cadre de Cdiscount.

Le rôle déjà central de la logistique dans l'approvisionnement de la chaine de distribution est désormais vital, étant donné la confirmation par le gouvernement du déclenchement d'un état d'urgence sanitaire pour faire face au Covid-19. Ce n'est pas un hasard si le transporteur Stef vient de demander à l'Etat le classement de la chaîne logistique alimentaire comme "opérateur d'importance vitale". Un secteur logistique où l'inquiétude salariale dépasse très largement le cas des seuls entrepôts de Cdiscount.

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