Risques psychosociaux : mieux vaut prévenir que guérir

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La Matinale Managers, organisée par la Mutuelle Ociane-Matmut en partenariat avec La Tribune, le 16 octobre à Bordeaux.
La Matinale Managers, organisée par la Mutuelle Ociane-Matmut en partenariat avec La Tribune, le 16 octobre à Bordeaux. (Crédits : Agence APPA)
Dépression, stress, burn-out : un nombre grandissant de salariés déclarent souffrir de troubles liés à des risques psychosociaux (RPS). Comment les détecter ? Les prévenir ? Et surtout agir ? Lors de la Matinale Managers, organisée par la Mutuelle Ociane-Matmut en partenariat avec La Tribune, quatre experts ont partagé sans tabou, leurs réflexions et leurs visions. Tour de table.

Les chiffres parlent d'eux-mêmes : depuis 2014, les arrêts de travail progressent de 6,85 % par an (*). Derrière le spectre de cet absentéisme, les risques psychosociaux (RPS) reviennent souvent dans les débats. Mais qu'entend-on exactement par RPS ? La Matinale Managers, organisée par Ociane-Matmut le 15 octobre, faisait le point sur le sujet en apportant un éclairage multiple, à la fois juridique, RH, psychologique. « Les risques psychosociaux, regroupent quatre grandes familles : le stress, la violence, le harcèlement et le mobbing (terrorisme organisationnel) », souligne Nathalie Olivier, consultante et formatrice RH. Parmi les pathologies les plus fréquentes, le burn-out représente 19 % des arrêts maladie. Un phénomène grandissant à l'heure de l'hyperconnexion, des fusions et autres réorganisations,

Car loin d'être un épiphénomène, les RPS concernent toutes les organisations et tous les types d'environnements, du secteur public au privé, des grandes organisations aux petites entreprises. « Certes, il existe des métiers à risque comme le personnel soignant ou la fonction publique, mais il est plus pertinent de raisonner en termes de pilotage, explique Tony Lourenço fondateur de Territoires RH. D'un côté, les cadres sont soumis à des injonctions paradoxales et contradictoires. De l'autre, certains salariés sont mis à l'écart ou exercent des taches dénuées de substances. » Tout cela engendre sur le long-terme du stress (burn-out), de l'ennui (bore-out) ou un cruel manque de sens (brown-out).

Le Document Unique pour anticiper les RPS

Les profils les plus à risques ? Les perfectionnistes, les personnes tournées vers les autres, mais aussi les commerciaux en hyper-déplacements, jamais chez eux... « Certains signaux doivent alerter comme la modification soudaine d'un comportement, les problèmes de sommeil, une forte agressivité, confie Marc Levi, psychothérapeute et partenaire de ConvictionsRH. Il faut également surveiller certains postes, plus exposés que d'autres. »
C'est là tout l'enjeu du Document Unique d'Evaluation des Risques Professionnels. Un dispositif qui vise à évaluer tous les risques - physiques et psychosociaux - d'un poste de travail. « L'obligation de sécurité de l'employeur est une obligation de résultats, et elle commence par ce fameux document, précise Jean-Baptiste Robert-Despouy, avocat en droit social. Celui-ci engage la responsabilité pénale de l'employeur, et doit être révisé chaque année. »

Ociane Matmut

De gauche à droite : Tony Lourenco, Nathalie Olivier, Christina Gierse, Jean-Baptiste Robert-Despouy, Stéphane Hasselot et Marc Lévi (crédits : Agence Appa).

Méditation : vivre l'instant présent

Il reste à transformer cette obligation en opportunités, car pour nombre d'entreprises, le document unique est vécu comme une tâche à rajouter à un agenda surchargé. « Pour créer une vraie dynamique, la direction doit porter le projet et impliquer ses équipes dans sa mise en œuvre, insiste Tony Lourenço.  Au-delà de ce document, il est essentiel que chaque salarié s'accorde des moments de plaisir et trouve son équation vie privée/professionnelle ... « Chez Ociane Matmut, on essaie de donner des outils aux employeurs et aux salariés pour aller mieux ! Nous avons ainsi développé un service de coaching en ligne pour mieux gérer son stress ainsi qu'une appli qui permet aux salariés de se former aux gestes de premier secours", explique Stéphane Hasselot, directeur général de la Mutuelle Ociane-Matmut.

D'autres initiatives « bien-être » voient le jour en entreprise comme la sophrologie, le yoga ou la méditation qui permet de reprogrammer son cerveau et surtout de déconnecter...


(*) Baromètre Réhalto-WPO par BVA, septembre 2019.

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