Zoov et ses vélos électriques en libre-service s'implantent à Bordeaux

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Les vélos de Zoov vont être expérimentés par les salariés de quatre sociétés et organisations, avant d'être utilisables par tous
Les vélos de Zoov vont être expérimentés par les salariés de quatre sociétés et organisations, avant d'être utilisables par tous (Crédits : Zoov)
Atypique, Zoov s'adresse avant tout aux entreprises et à leurs salariés en ciblant les trajets domicile - travail. Avec ses vélos partagés à assistance électrique, la société française couvrira des zones non desservies par les opérateurs actuels de free floating : au-delà de Bordeaux, Bègles, Talence, Pessac et Mérignac sont concernées dans un premier temps. Le CHU Haut-Lévêque, le centre hospitalier Charles Perrens, Pichet et Enedis bénéficieront du service en exclusivité pendant un mois, avant que 500 vélos soient mis à la disposition du grand public.

A l'heure où les opérateurs de vélos, trottinettes et scooters partagés se bagarrent en hyper-centre pour gagner des parts sur le marché des objets de mobilité partagés, visant les zones les plus denses, Zoov creuse un autre sillon. La startup française s'est testée à Paris-Saclay, où elle est toujours présente. Son concept : s'adresser aux entreprises et collectivités et à leurs salariés dans le cadre de leurs trajets quotidiens domicile - travail. "De nombreuses entreprises situées en petite couronne de Bordeaux nous ont partagé l'agacement de leurs salariés quant aux embouteillages et à la distance qui sépare leur lieu de travail des transports en commun ou des vélos en libre-service les plus proches. Notre objectif est de leur proposer un service permettant une véritablement transition modale ", explique Amira Haberah. Directrice marketing et commerciale, elle est la cofondatrice de Zoov avec deux associés : Eric Carreel (fondateur du spécialiste des objets connectés Withings, de Sculpteo et d'Invoxia) et Arnaud Le Rodallec.

Le fonctionnement ne dépaysera pas les utilisateurs réguliers d'engins en libre-service : l'application Zoov permet de géolocaliser un vélo à assistance électrique à proximité (et de le réserver 15 minutes maximum, le temps d'aller le récupérer), de le débloquer en scannant le QR Code. Avantage non négligeable, elle propose également, après avoir entré l'adresse de destination, un guidage GPS pendant le trajet ainsi qu'une estimation du montant à régler. Le smartphone peut être accroché au guidon. L'application permet également de mettre fin à la course.

Des stations innovantes et ultra-compactes

Zoov met à disposition des vélos électriques robustes, d'une autonomie de 45 km, accompagnés de stations annoncées comme ultra-compactes. Ces dernières, installées dans les secteurs les plus urbanisés et devant les sites des entreprises partenaires, permettent d'accrocher les vélos "encastrés" les uns dans les autres comme des chariots de supermarché. Doublement brevetée, cette station ne nécessite que 45 minutes pour être installée et peut accueillir une vingtaine de vélos sur l'équivalent d'une place de parking. Selon les localisations, la société accepte également que l'utilisateur les stationne sur l'un des emplacements matérialisés au sol dans le cadre de la charte encadrant l'activité free floating bâtie par la Ville de Bordeaux. Après avoir entré sa destination, le cycliste est averti de l'endroit où il pourra stationner le vélo partagé à l'issue de la course.

Zoov a opté pour des engins costauds et... connectés, ce qui n'a rien de surprenant au regard de l'expérience d'Eric Carreel avec Withings. Les vélos sont munis de capteurs permettant de suivre en temps réel l'état des cycles, d'anticiper les opérations de maintenance nécessaires et de limiter les risques de vol.

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"L'absence d'infrastructures lourdes rend le modèle souple et les coûts bien moins importants, explique Amira Haberah. Par ailleurs, la taille très réduite des stations est un vrai avantage, quand on sait que les appareils de mobilité en libre-service peuvent poser problème et créer des tensions dans les endroits où le trafic est très important. Les opérateurs d'objets de mobilité partagée ont un modèle appuyé sur la densité de population, Zoov en revanche a vocation à travailler en étroite collaboration avec les entreprises des territoires et donc à ne pas se focaliser sur l'hyper-centre."

Dans un premier temps, Zoov déploiera en avant-première et gratuitement son service auprès d'une centaine de salariés de quatre structures : le site de Haut-Lévêque du CHU de Bordeaux, le centre hospitalier Charles Perrens, le groupe immobilier Pichet et Enedis. La plupart des utilisateurs concernés vivent à moins de 10 km de leur lieu de travail. "Le plan de mobilité du centre hospitalier Charles Perrens a pour but de développer les mobilités alternatives à l'utilisation du véhicule personnel. Zoov nous propose une solution complémentaire aux moyens actuels de déplacement des agents. Par ailleurs, notre situation géographique en centre-ville et les restrictions à venir pour les stationnements gratuits sur la voie publique nous imposent de trouver des alternatives à la voiture", précise dans un communiqué Yohan Dubedout, directeur adjoint de l'établissement.

Zoov

Les stations de Zoov sont facturées à l'unité 5.000 euros par an pour les entreprises, mais sont gratuites pour les collectivités locales dans les zones denses (crédit photo Zoov)

Le groupe Pichet est quant à lui installé à Pessac. Après une application de co-voiturage mise à la disposition de ses salariés, il intègre Zoov comme une brique supplémentaire dans ses propositions de mobilité : "Après le co-voiturage, nous souhaitons maintenant tester la mise à disposition d'une solution d'avenir - le vélo à assistance électrique - pour améliorer la mobilité de nos collaborateurs. Ils sont en effet désireux d'expérimenter et valider la valeur ajoutée de cette alternative pour leurs trajets domicile-travail, afin d'améliorer leur confort et leur bien-être et de diminuer leur empreinte carbone", indique Raphaël Cartron, directeur de l'environnement de travail et des achats du groupe. "Nous notons un réel intérêt des salariés pour se déplacer en vélo électrique. Ils souhaitent tester avant de franchir le cap de l'achat ou de l'abonnement à une offre en libre-service comme Zoov", ajoute Xavier Salon, directeur de la communication d'Enedis Aquitaine Nord.

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Les communes limitrophes de Bordeaux concernées

Dans un premier temps, "les utilisateurs pourront circuler librement dans une zone couvrant Bordeaux, Bègles, Talence, Pessac et Mérignac, avant que le service ne s'ouvre sur les autres communes limitrophes de Bordeaux et à la rive droite de la Garonne lors de l'ouverture au grand public dans le courant de l'automne", indique la startup. A partir de l'automne, probablement mi-octobre, Zoov compte déployer une flotte plus conséquente, ambitionnant d'atteindre les 500 vélos d'ici la fin de l'année. Au passage, elle devra réussir à convaincre de nouvelles entreprises car son modèle économique repose aussi sur ce paramètre : chaque station d'accueil de vélos est facturée 5.000 euros par an. Mais elle est gratuite pour les collectivités dans les zones denses. "A l'issue de notre période d'expérimentation à Paris-Saclay, toutes les entreprises concernées ont souscrit à l'installation d'une ou plusieurs stations de vélos, reprend Amira Haberah. Et toutes ont constaté un vrai report modal vers le vélo. Pour notre 2e implantation, nous avons choisi Bordeaux car la ville a une véritable ambition en matière de développement du vélo et beaucoup d'aménagements existent déjà." En attendant la mise en place d'une offre d'abonnement mensuel pour un usage illimité du service, prévue début 2020, les utilisateurs du service seront facturés après chaque trajet au tarif de 1€ + 0,15€ la minute d'utilisation. Pour les entreprises qui installent des stations devant leurs locaux, Zoov proposera le tarif préférentiel de 2€ les 20 minutes.

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Commentaires
a écrit le 16/09/2019 à 20:19 :
J'espère que c'est pas des vélos qui pèse 70kg 😥

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