Tati va basculer sous enseigne Gifi et fermer 13 magasins, 189 suppressions de postes

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Le réseau Tati, cédé en 2017 au Groupe Philippe Ginestet, est mal en point
Le réseau Tati, cédé en 2017 au Groupe Philippe Ginestet, est mal en point (Crédits : Christian Hartmann)
Il n'en restera qu'un, celui où tout a commencé à Paris, dans le quartier de Barbès. Tati annonce ce mardi la fermeture de 13 magasins dans les prochains mois. 189 postes seront supprimés, les salariés se verront proposer des reclassements. 49 autres points de vente vont basculer sous l'autre enseigne de son propriétaire, Gifi. Plusieurs fonds de commerce seront vendus. Le Groupe Philippe Ginestet (GPG), basé dans le Lot-et-Garonne, avait repris Tati en 2017. Deux ans plus tard, le constat est rude.

Deux ans après la reprise de Tati par le Groupe Philippe Ginestet, quel bilan tirer ? Le communiqué tombé ce mardi midi livre un éclairage cru sur la situation de l'enseigne à petits prix, avec des pertes de 28 M€ en 2018 qui s'annoncent supérieures en 2019. Philippe Ginestet indique avoir investi 150 millions d'euros, "deux fois plus que ce que nous avions initialement prévu et annoncé" pour relancer le réseau de magasins fondé par Jules Ouaki en 1948, placé en redressement judiciaire en 2017 et cédé par le groupe Eram. Le plan de relance avait été soigneusement ficelé par le propriétaire de Gifi, autre enseigne à petits prix mais spécialisée dans l'équipement de la maison. Philippe Ginestet n'avait jamais caché s'être inspiré de Tati pour créer le réseau Gifi. En 2017, 1.400 emplois avaient été sauvés lors de cette reprise, un chiffre qui est descendu à 1.200 aujourd'hui, répartis dans une centaine de magasins.

La réorganisation profonde annoncée ce mardi matin semble montrer que la greffe n'a pas pris comme escompté. Treize magasins, "qui affichent des pertes durables, seront fermés. Certaines fonctions administratives, achat et logistique, seront réduites. Un PSE [plan de sauvegarde de l'emploi] est en projet et concernerait, dans ce groupe de 9.500 personnes, 189 collaborateurs pour qui des mesures de reclassement seraient alors mises en place", précise GPG. Dans le même temps, "49 magasins et leurs équipes en régions seront intégrés sous l'enseigne Gifi à horizon 2020. Les premières expériences réalisées en 2019 montrent que cette approche autour d'une gamme produits plus complète répond aux attentes de la clientèle et permet une hausse immédiate des ventes. A l'instar du plus grand magasin Tati, situé à Créteil, qui va rouvrir ses portes en septembre avec les mêmes équipes sous enseigne Gifi, le personnel des magasins intégrés reste le même. Pas de changement pour les salariés, avec des perspectives positives. Pour les fans de la marque, le magasin Tati de Barbès, symbole historique de la toute première enseigne à petits prix fondée en 1948 par Jules Ouaki, sera maintenu."

"Les résultats escomptés ne sont pas au rendez-vous"

GPG livre ainsi son diagnostic : "L'intégration des magasins Tati sous enseigne Gifi répond à un constat : le textile à « petit-prix » reste un marché difficile en France avec une concurrence accrue, et l'impact de la crise des gilets jaunes sur le retail s'avère significatif comme le soulignent toutes les études (Xerfi, Rapport du Sénat...). Dans ce contexte, d'un côté le réseau Gifi performe avec une large gamme de produits qui répond à l'attente des consommateurs, de l'autre Tati, dans sa configuration actuelle en tant que réseau, souffre et continue d'afficher des pertes. Les résultats escomptés ne sont pas au rendez-vous, malgré tous les efforts entrepris, et les 150 M€ que le groupe GPG a investi en deux ans (soit 2 fois plus que ce que nous avions initialement prévu et annoncé) pour redynamiser l'enseigne, remettre les magasins en état, innover au niveau des concepts, relooker le merchandising, faire de la publicité, et ouvrir neuf nouveaux magasins... Les tests de changement d'enseigne sur plusieurs magasins ont vu les ventes repartir à la hausse. Dans le commerce, le trafic en magasin est la meilleure garantie de l'emploi."

Par ailleurs GPG prévoit la cession de "certains fonds de commerce", sans être plus précis. Le groupe lot-et-garonnais précise enfin qu'un "collectif de managers de Tati, tous membres du comité de direction, s'est constitué pour bâtir un projet de redéploiement de 30 magasins choisis au sein du réseau Tati et faire évoluer l'offre en y intégrant davantage de déstockage". GPG n'en dit pas beaucoup plus et laisse planer le mystère sur le nom de cette nouvelle enseigne mais ajoute qu'elle devrait s'appuyer sur un faible nombre de magasins et sur un site web selon le principe du "drop-shipping (système tripartite où le client passe commande sur le site internet du distributeur lequel transmet celle-ci au fournisseur pour que celui-ci assure la livraison et gère les stocks)".

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