La filière bois passe à l'offensive en Nouvelle-Aquitaine

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La Nouvelle-Aquitaine dispose de la première surface boisée de France avec 2,84 millions d'hectares de forêt
La Nouvelle-Aquitaine dispose de la première surface boisée de France avec 2,84 millions d'hectares de forêt (Crédits : Agence APPA)
10 Md€ de chiffre d'affaires et 56.000 entreprises : la filière forêt, bois, papier est un poids lourd de l'économie en Nouvelle-Aquitaine tout en restant loin de tourner à plein. Fibois, la nouvelle interprofession régionale, vise donc une croissance à deux chiffres en s'appuyant sur la construction bois, la lutte contre le plastique et le chantier symbolique de Notre-Dame-de-Paris.

C'est Christian Ribes, du groupe Bois & Dérivés (Corrèze et Dordogne), qui a été élu à la présidence de Fibois, la nouvelle interprofession de la filière forêt, bois, papier officiellement créée ce jeudi 26 juin 2019 lors de sa première assemblée générale à Bruges (Gironde). Issue des quatre structures locales existantes (*), qu'elle remplace, Fibois réunit 23 % des entreprises du secteur en Nouvelle-Aquitaine. Ce dernier revendique plus de 28.000 entreprises pour 56.000 salariés et 10 Md€ de chiffre d'affaires tandis qu'avec 2,84 millions d'hectares de forêt, la Nouvelle-Aquitaine dispose à la fois de la première surface boisée de France et d'espèces largement diversifiées et complémentaires.

Fibois

Le nouveau bureau de Fibois, élu le 26 juin 2019, autour de Christian Ribes (pantalon rouge). (crédits : PC / La Tribune).

"Nous serons les ambassadeurs de ce matériau noble qu'est le bois et qui doit occuper une place plus importante que celle qu'il a aujourd'hui. Quand on parle de transition écologique, de biodiversité, de matériaux bio-sourcés, de qualité de vie, d'ilots de fraîcheur de circuits courts, de construction plus écologique, on en revient toujours au bois qui répond à tous ces critères", défend Christian Ribes. "Cette nouvelle interprofession sera un lieu de dialogue entre tous les acteurs de la filière en amont comme en aval avec l'objectif commun, au-delà de nos divergences potentielles, de consommer plus de bois régional quels qu'en soient les usages finaux", complète Bernard Marès, vice-président de Fibois.

Développer la construction bois et remplacer le plastique

Fibois veut bien entendu accélérer le développement de la construction bois "qui n'est que balbutiante aujourd'hui", selon Christian Ribes. L'observatoire national de la construction bois évaluait ainsi à 17 % sa part de marché totale sur le neuf non résidentiel. "La France est très en retard par rapport à l'Amérique du Nord ou au Japon. Il y a une demande mais notre rôle c'est de provoquer cette demande et de convaincre les acteurs de la commande publique, bureaux d'études, architectes, fédérations du bâtiment de nos arguments qui sont techniques, thermiques, sanitaires et relatifs aux circuits courts", argumente Christian Ribes, qui assume aussi une mission d'accompagnement et de formations des entreprises adhérentes à Fibois.

L'interprofession veut également profiter des règlementations interdisant les ustensiles plastiques à usage unique pour se positionner sur ce marché des couverts, pailles, cotons tiges, ustensile alimentaires, sacs et emballages divers.

 Viser une croissance à deux chiffres

Et l'ambition est bien de viser un plan de croissance ambitieux pour l'ensemble de la filière. "Alors que la Nouvelle-Aquitaine et l'Autriche font peu ou prou la même taille, la filière forêt, bois, papier autrichienne dégage un chiffre d'affaires huit fois supérieur au nôtre", regrette Christian Ribes. "Je ne sais pas si on atteindra 80 Md€ de chiffre d'affaires en Nouvelle-Aquitaine mais notre objectif commun est de placer la filière régionale dans une trajectoire de croissance, si possible à deux chiffres", complète Alban Petiteaux, vice-président et trésorier de Fibois.

Quand au sujet très symbolique de la reconstruction de la charpente de Notre-Dame-de-Paris, Fibois est à l'unisson des déclarations très volontaristes d'Alain Rousset, le président du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, pour placer le territoire en pole position. "La Nouvelle-Aquitaine se doit d'être présente sur Notre-Dame si la reconstruction devait se faire en bois. Nous pouvons non seulement fournir la matière première, qui représente 1 % de la récolte annuelle, mais aussi la main d'œuvre qualifiée", assure Christian Ribes.

(*) Interbois Périgord et Interpro Forêt Bois 64 (ex-Aquitaine), BoisLim (ex-Limousin) et Futurobois (ex-Poitou-Charente).

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Commentaires
a écrit le 01/07/2019 à 11:18 :
Oui mais à quel prix ? Vous avez vu comment se gèrent les papèteries de Condat ? Les gros actionnaires milliardaires viennent tous les trois ans faire du chantage à l'emploi et l'etat, à savoir notre pognon, finance encore et toujours les marges bénéficiaires des actionnaires norvégiens, sous les applaudissements de la CGT !

Donc que veut on une économie de géants dont le seul but est de faire de la gonflette sous stéroïde improductive et destructrice à long terme ou bien une économie souple, pérenne, saine et sereine confiée à des indépendants et PME ,

Nos LREM, simples serviteurs des marchés financiers eux ont déjà tranché, depuis leur naissance même... -_-
a écrit le 30/06/2019 à 3:15 :
Fibois veut bien entendu accélérer le développement de la construction bois "qui n'est que balbutiante aujourd'hui", selon Christian Ribes. L'observatoire national de la construction bois évaluait ainsi à 17 % sa part de marché totale sur le neuf non résidentiel. "La France est très en retard par rapport à l'Amérique du Nord ou au Japon".

J'ai déjà fait une étude sur la filière bois en Aquitaine aux conclusions similaires dans les années 90. Ne retenez pas votre respiration: ce sera encore valable en 2050.

B

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