Vélos, scooters et trottinettes en libre service : Bordeaux débute une expérimentation jusqu'en septembre

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Indigo Weel va déployer 200 scooters électriques en complément des 600 vélos déjà présents à Bordeaux
Indigo Weel va déployer 200 scooters électriques en complément des 600 vélos déjà présents à Bordeaux (Crédits : Indigo Weel)
La mairie de Bordeaux et la Métropole ont présenté officiellement ce matin la charte qui encadrera les vélos, scooters et trottinettes mis à la disposition du public en libre service. Dans quelques jours, le maire de Bordeaux devrait annoncer quelques mesures complémentaires, comme le port du casque obligatoire. Les élus prévoient de faire un bilan de cette expérimentation fin septembre. En attendant, les opérateurs de services font plutôt grise mine.

Patrick Bobet, président de Bordeaux Métropole, Jean-Louis David, adjoint au maire de Bordeaux en charge de la vie urbaine et de la proximité et Stéphanie Givernaud, conseillère municipale de Bordeaux, ont présenté ce lundi matin à la presse la charte destinant à encadrer le free floating, autrement dit la mise en circulation d'objets de mobilité disposés en libre-service. Le client de ce type de service peut, grâce à son smartphone, géolocaliser la trottinette, le vélo ou le scooter le plus proche, s'y rendre, le déverrouiller en scannant un QR code, effectuer son trajet et laisser sur place l'engin, correctement stationné. La charte, présentée en détails par La Tribune dans notre article de vendredi matin, prévoit essentiellement trois points :

  • Le nombre d'objets de mobilité déployés par chaque opérateur est plafonné à 100 pour les trottinettes électriques, 200 pour les scooters électriques et 600 pour les vélos
  • Les opérateurs devront s'acquitter d'une redevance de 50 € par scooter et 30 € par vélo ou trottinette
  • Il ne sera plus possible de laisser n'importe où ces engins : ils devront être stationnés sur des espaces prévus à cet effet et délimités par un marquage au sol.

Cette charte n'a pas vocation à perdurer des années : elle sera remplacée par les décrets applicatifs de la future loi Orientation des mobilités.

"Mettre de l'ordre pour éviter l'anarchie"

Ce lundi matin Patrick Bobet a expliqué le pourquoi de ce document qui devra obligatoirement être signé par tous les opérateurs de free floating : "Nous voulons y mettre de l'ordre pour éviter l'anarchie." Rapidement, le président de Bordeaux Métropole et Jean-Louis David ont fait comprendre à l'assistance, qui comptait des représentants de ces sociétés privés, qu'ils n'hésiteraient pas à sévir si les règles édictées n'étaient pas respectées, ce qui passera par des amendes et par la mise en fourrière des objets de mobilité stationnés de manière anarchique le cas échéant. "Notre réseau de transports en commun est très utilisé, la baisse de la fréquentation automobile intra-boulevards est nette et le fait que des services tels que celui-ci émerge est une très bonne chose. Mais nous n'avons pas l'intention de nous laisser déborder", précise Jean-Louis David. L'élu "préfère le terme encadrer plutôt que celui de réglementer" mais affirme clairement : "Nous déploierons tous les moyens pour faire respecter cette charte et si on n'y arrive pas à une situation satisfaisante, on arrêtera l'expérience." Autrement dit, les opérateurs seront bannis du territoire bordelais.

Les collectivités disent donc vouloir soutenir le développement du free floating et se disent "convaincus" de son utilité mais dans le même temps, ont édicté des règles strictes. Jean-Louis David et Patrick Bobet évoquent aussi "la nécessité de faire de la pédagogie" tant une partie de la population craint les désagréments liés à ces engins rapides qui investissent l'espace public. Sur le sujet, le maire de Bordeaux Nicolas Florian devrait, le 3 juin en conseil municipal, annoncer plusieurs mesures dont très probablement le port du casque obligatoire y compris pour les trottinettes. Interrogé, Jean-Louis David confie n'avoir eu connaissance que de deux ou trois cas d'accidents impliquant des utilisateurs de ces services de mobilité.

 Comment atteindre une masse critique en étant capé ?

Du côté des opérateurs, au sortir de la présentation officielle, l'ambiance était mi-figue mi raisin. Deux sujets les inquiètent fortement : le risque d'amendes qui risquent de pleuvoir si les utilisateurs de leurs services ne jouent pas le jeu, et la limitation du nombre d'objets déployés. Le représentant de la société Flash par exemple ne cache pas son mécontentement et regrette que les collectivités aient fait le choix de plafonner les flottes tout en laissant tous les opérateurs signataires de la charte s'installer à Bordeaux. Il aurait été favorable à un appel à manifestations d'intérêt limitant le nombre de sociétés retenus, mais bénéficiant de flottes plus importantes. Sur ce marché naissant et hyper-concurrentiel, il est nécessaire d'atteindre très vite une masse critique pour espérer perdurer. Ce que ne permettra pas le système choisi par les Bordelais. "Apparemment, même Lime (un des opérateurs les plus puissants, NDLR) se pose la question de l'utilité de revenir à Bordeaux avec une flotte capée à 100 trottinettes », indique un opérateur. Lime qui avait investi Bordeaux avant d'en repartir un mois après, en 2018. Sur la quinzaine d'opérateurs étant venus aux renseignements, comme le précisait la conseillère municipale Stéphanie Givernaud sur notre site, il semble que neuf d'entre eux préparent réellement un déploiement. Rendez-vous fin septembre pour un premier bilan.

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Commentaires
a écrit le 27/05/2019 à 23:37 :
J'espère que dans la charte il y aura l'interdiction de circuler sur les trottoirs.

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