Angoulême : les studios d’animation, en forte croissance, ont besoin de place (4/4)

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Le studio Blue Spirit à Angoulême (Ma vie de Courgette) a récemment fabriqué Pachamama et prépare un autre long métrage Yaya.
Le studio Blue Spirit à Angoulême ("Ma vie de Courgette") a récemment fabriqué "Pachamama" et prépare un autre long métrage "Yaya". (Crédits : Blue Spirit)
Superprod qui crée un nouveau studio 2D, Blue Spirit qui cherche à doubler sa surface de travail... Les exemples ne manquent pas. Beaucoup de studios d’animation installés à Angoulême souhaitent s’agrandir quand d’autres veulent rejoindre le Pôle image. La question de l’immobilier est devenue centrale au sein de Magelis. Mais que les sociétés de production se rassurent : il reste de la place !

Le directeur général des services de Magelis ne s'en cache pas.

"Notre objectif est de faire en sorte que tous les ans le Pôle image grossisse. Que les entreprises présentes se développent, que d'autres rejoignent Angoulême", explique Frédéric Cros.

C'est justement ce qui est en train de se produire. Le crédit d'impôt a redonné de la compétitivité aux emplois locaux et rapatrié des pans entiers de la production depuis les pays asiatiques essentiellement. "On en tire tous les bénéfices", reconnait Frédéric Cros. "Beaucoup de feux sont au vert. Les entreprises se développent avec des projets plus forts, plus lourds. De nouveaux opérateurs arrivent. Netflix, par exemple", poursuit Frédéric Cros.

Des films à succès

Netflix a justement acquis les droits du film d'animation "Croc Blanc" pour de nombreux territoires. ""Croc Blanc" fabriqué dans plusieurs studios d'Angoulême dont le nôtre est désormais visible dans le monde entier. C'est un gros succès international", assure Jérémie Fajner, producteur de Superprod. Même annonce concernant "Pachamama", conçu en grande partie à Angoulême dans les locaux de Blue Spirit. La plateforme de streaming vidéo a récemment acquis les droits de ce film d'animation, notamment pour les Etats-Unis.

"Nous sommes en forte croissance depuis deux ans environ", reconnait Didier Henry, directeur du studio Blue Spirit à Angoulême. "Nous disposons d'ailleurs de deux studios." En plus d'un espace consacré à la 3D et qui fait travailler 150 personnes, la société de production a ouvert fin 2017 un studio 2D, Happy Factory, dans lequel travaillent une quarantaine d'autres personnes. Objectif désormais : trouver un nouveau local commun.

Magelis : 3,5 M€ en fonctionnement

La question de l'immobilier est devenue centrale au sein de Magelis, structure entièrement financée par l'argent public*. "Beaucoup de studios souhaitent s'agrandir" reconnait Frédéric Cros. Superprod confirme. "Nous avons un peu plus de 300 m2 et prévoyons au moins de doubler la surface, l'idée étant de nous installer dans un bâtiment de 800 à 1.000 m2", explique François Perreau de Superprod, qui a également produit "Lassie" et "Paf le chien".

Concrètement, Magelis qui dispose d'un budget en fonctionnement de 3,5 M€ essentiellement consacré à l'immobilier, travaille donc en permanence sur de nouveaux projets. "On veille", assure Frédéric Cros. "Actuellement, nous venons de terminer un bâtiment de 1300 m2. Un autre chantier va démarrer pour un espace d'une superficie équivalente. On est sur ce que l'on appelle de l'immobilier en blanc, sans savoir qui louera les espaces." La SEML Territoires Charente travaille quant à elle directement avec des entreprises et propose des projets adaptés à leurs besoins.

Mais Frédéric Cros insiste : "Il reste de la place. De nouveaux bâtiments sont créés et ceux qui se libèrent permettent d'accueillir de nouvelles entreprises." La société bordelaise Schmuby Productions va ainsi pouvoir en profiter. "C'est officiel, nous allons déménager à Angoulême dans les prochains mois", assure Nicolas Schmerkin. "Magelis nous a trouvé un endroit pour démarrer."

Changement d'échelle

"La problématique immobilière n'est pas nouvelle. On a simplement changé d'échelle, insiste toutefois Frédéric Cros. Avant, les sociétés voulaient passer de 400 à 800 m2. Aujourd'hui, c'est plutôt de 800 à 1.500 m2. De la même manière un gros studio était composé de 70 personnes. Maintenant, c'est plutôt 140."

Les recrutements sont donc fréquents. C'est la raison pour laquelle Objectif 3D, école créée à Montpelier en 1999, s'est récemment installée à Angoulême. Cet établissement qui forme des techniciens en infographie 3D, a été spécialement ouvert pour répondre aux besoins des studios d'animation locaux. "Venez vous implanter ici, nous n'avons pas assez de main d'œuvre et vu de Montpellier, Angoulême ne fait pas beaucoup rêver, avaient déclaré des directeurs de studios", rapporte Séverine Gilardeau, de l'école Objectif 3D à Angoulême.

Et pourtant... "Ce Pôle image est une très belle exception. Alors que le travail dans l'animation est très lent et laborieux, être ici dans de beaux bâtiments loin du stress parisien permet de faire sortir le meilleur de nous-mêmes", avoue Christophe Jankovic, cofondateur et directeur de Prima Linea qui a produit "La tortue rouge". Il s'est installé à Angoulême en 2003.

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*60% en provenance du Conseil départemental de Charente, 20 % de la Région Nouvelle-Aquitaine, 10 % de la ville d'Angoulême et 10 % de l'agglomération.

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A l'occasion de Cartoon Movie, La Tribune consacre un dossier de 4 articles à la filière animation. Lire ici :

La Nouvelle-Aquitaine en ordre de marche pour renforcer la filière animation (1/4)

Cartoon Movie 2019 : les professionnels de l'animation dans les starting-blocks (2/4)

"Il est temps d'utiliser les technologies du jeu vidéo et de les adapter au monde de l'animation" (3/4)

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