Aston (SQLI) va ouvrir une école informatique à Bordeaux

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Aston, filiale à 100 % du groupe SQLI, forme actuellement 1.400 étudiants chaque année sur ses campus de Paris et de Lille.
Aston, filiale à 100 % du groupe SQLI, forme actuellement 1.400 étudiants chaque année sur ses campus de Paris et de Lille. (Crédits : Aston / David Elalouf)
Filiale du groupe SLQI, Aston s'apprête à ouvrir à Bordeaux une école dédiée aux métiers de l'informatique. La scolarité sera gratuite pour les étudiants en alternance, au nombre d'une quarantaine pour débuter. Aston entend se positionner en complémentarité des acteurs existants. La nouvelle devrait être bien accueilli par les acteurs du numérique tant la pénurie de profils techniques est déjà bien installée.

"Beaucoup d'offres d'emploi et trop peu de profils en regard." Le diagnostic posé par Corinne Combes, directrice de l'école Aston, est assez largement partagé : startups, PME, grands groupes, acteurs bancaires, tous s'arrachent les profils nécessaires à leur offre de service ou à leur transformation digitale. Mais la pénurie est telle que certains choisissent de refuser des clients, d'autres de surpayer, sans compter qu'un développeur part rarement seul et amène avec lui souvent une partie de son équipe... ce qui tend encore plus le marché. SQLI (212 M€ de CA en 2017, présence dans 13 pays, 2.400 employés) note "les gros volumes de recrutements annoncés" et observe lui-même cette tendance en tant que spécialiste de l'expérience digitale et des plateformes de commerce omnicanales. Il a donc créé sa propre école de formation aux métiers de l'informatique, filiale à 100 %, Aston. Deux campus existent déjà à Paris et à Lille, et forment actuellement 1.400 étudiants.

En complémentarité avec les formations existantes

"Aston n'est pas l'université, ni une école d'ingénieurs à 10.000 € l'année, ni une formation qui propose de devenir codeur en quelques mois, énumère Corinne Combes. Nous nous positionnons en complément de ce qui existe déjà avec des formations gratuites pour les étudiants, qui sont tous en alternance, sans frais administratifs, sans frais de gestion." Le modèle économique repose justement sur l'alternance, les aides des collectivités, les appels d'offres des branches... "L'objectif n'est pas de profiter de la tension du marché, parce qu'on veut être encore là demain, quand ce marché sera détendu", précise Corinne Combe.

"Aston propose d'apprendre un métier et s'adresse à ceux qui veulent du concret mais aussi une formation aux méthodes de réflexion, à « apprendre à apprendre », ajoute Greg Ribaloff, formateur et initiateur du campus bordelais d'Aston. "La technologie évolue tellement vite qu'il faut donner envie aux jeunes de découvrir quelle est leur passion, le truc qui les branche, mais aussi ensuite de leur donner des outils et l'envie de continuer à se former eux-mêmes par la suite." L'autre facette de cette même pièce est qu'Aston ne fait appel qu'à des formateurs impliqués dans le monde de l'entreprise. L'école délivre des titres Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP, autrement dit des formations certifiées par l'Etat qui confirme qu'elles sont adaptées au marché de l'emploi pour une employabilité immédiate).

Deux promotions d'une vingtaine d'étudiants

Créée il y a dix ans, l'école s'apprête donc à créer à Bordeaux un campus à la rentrée prochaine, pour une quarantaine d'étudiants dans un premier temps. Elle devrait ouvrir deux formations (titre Bac+4 dans les deux cas), une orientée développement et l'autre vers les infrastructures informatiques. Le cursus centré sur la sécurité informatique devra attendre au moins un an : Aston a repéré que le sujet était encore trop peu mature dans la région bordelaise - malheureusement, serait-on tenté de dire - pour garantir des débouchés immédiats aux étudiants. "Nous ne serons qu'une brique parmi les autres formations au plan local, insiste Corinne Combe. Et il n'est pas impossible que l'on puisse bâtir des passerelles entre nous."

Aston n'exclut pas d'office non plus les personnes qui souhaiteraient se reconvertir dans les métiers du numérique. "A Paris, les entreprises ont compris l'intérêt que peuvent présenter ces profils, c'est peut-être un peu moins vrai ailleurs", observe Sophie Langlais, directrice de clientèle de l'école. Il y a peut-être un petit temps de retard sur le sujet. En revanche, tous commence à comprendre que les compétences priment sur le diplôme. C'est d'ailleurs ce que l'on explique à nos étudiants lorsqu'on les prépare aux entretiens : démarrez par « je suis untel, j'ai telles compétences aujourd'hui, je sais faire ça et ça. Voilà pourquoi. » Le titre obtenu vient dans un 2e temps."

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