Crowdfunding : Solylend lève 1,4 M€ pour accélérer dans les projets à impact positif

 |   |  653  mots
Solylend compte recruter entre 5 et 10 personnes en 2019
Solylend compte recruter entre 5 et 10 personnes en 2019 (Crédits : Solylend)
La plateforme girondine de financement participatif Solylend, dédiée aux projets entrepreneuriaux générant un impact social ou environnemental positif, annonce avoir bouclé un tour de table de 1,4 million d'euros. Son fondateur Nicolas Pereira précise à La Tribune sa stratégie et analyse la concentration du marché du crowdfunding.

Cette levée de fonds de 1,4 million d'euros a été exclusivement réalisée avec des acteurs locaux. Est-ce un choix délibéré ?

Nicolas Pereira : "De nombreux investisseurs business angels de la région, Bpifrance, la Nouvelle-Aquitaine ainsi que le fonds Technostart opéré par Bordeaux Technowest ont effectivement participé à ce tour de table un an et 8 mois après le lancement de notre activité. Pour notre première levée, compter sur des partenaires locaux avait du sens. Intégrer des fonds parisiens en equity trop tôt dans l'histoire d'une entreprise peut avoir un effet structurant mais aussi donner trop de rigidité. Technostart est un fonds de capital-risque mais il n'a rien de traditionnel puisqu'il a été fondé par la technopole Technowest qui a incubé Solylend, et ses partenaires."

Que retenez-vous des 20 premiers mois d'activité de Solylend ?

"Que la France propose de vraies possibilités de créer des entreprises et de les amener sur les marchés. C'est probablement un des pays européens où l'écosystème d'accompagnateurs et la variété des aides sont le plus développé et solide. Je retiens aussi que le temps effectivement passé à faire déboucher les projets est toujours plus long que ce qu'on imagine au préalable. Depuis nos débuts, nous avons permis à des particuliers de financer à hauteur de près d'un million d'euros une dizaine de projets."

Lire aussi : Financement participatif : Happy Capital rachète Prexem


Le secteur du financement participatif est en pleine mutation, avec quelques défaillances et une concentration nette de ses acteurs. Quel regard portez-vous sur ces tendances et comment se distingue Solylend ?

"La grande majorité des plateformes de crowdfunding sont généralistes, sans réels éléments de différenciation. L'émergence de méga-acteurs comme Lendix a mis en difficulté les acteurs qui avaient levé des fonds mais qui ont été confrontés au problème suivant : il n'y a pas de place pour dix leaders. Le marché du financement participatif est encore trop étroit pour cela, même s'il s'ancre dans la société avec notamment des entreprises voulant se connecter à cette offre et qui ont besoin de ce type de services. Dans ce contexte, notre positionnement est de proposer aux entreprises de s'adresser à une communauté sensible au sujet de l'impact social et écologique fédérée par Solylend. Nous allons de plus en plus travailler avec des acteurs des énergies renouvelables par exemple, pour le financement de parcs photovoltaïques, de centrales biomasse ou de parcs éoliens comme nous l'avons déjà fait avec Valorem. Notre chance est qu'aujourd'hui, certains projets sont dans l'obligation de cocher une case financement participatif dans leur montage financier. La situation juridique et les appels d'offres ramènent à nous toute une typologie d'acteurs, alors que nous sommes peu de plateformes spécialisées sur cette thématique."

Lire aussi : Nicolas Pereira (Solylend) sélectionné pour le Young European Talent


Quels sont vos objectifs ?

"D'abord, contribuer à financer 4 millions d'euros de projets en 2019. Une partie des projets seront axés sur le développement dans les pays du Sud, tel que l'accès à l'énergie ou à l'eau. D'autres seront eux déployés en France et en Europe et concerneront par exemple les énergies renouvelables, les transports propres ou encore l'agriculture biologique. L'équipe de Solylend compte aujourd'hui huit personnes, je prévois entre cinq et dix recrutements cette année, des profils autour du commerce, du fundrising et de la communication. Nous espérons aussi dans les prochains mois être agréés CIP (conseiller en investissements participatifs). Aujourd'hui, chaque investisseur est capé à 2.000 euros maximum sur notre plateforme, devenir CIP lèvera cette barrière et nous permettra aussi de bâtir des offres spécifiques pour les entreprises, les fonds, les fondations, les associations... Nous nous donnons trois ans pour participer à la structuration de l'écosystème, nouer des partenariats et atteindre la rentabilité."

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :