Portée par des résultats inédits, Invest in Bordeaux renoue avec un budget en hausse

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Lionel Lepouder, président de l'agence de développement économique Invest in Bordeaux depuis le mois de janvier 2017.
Lionel Lepouder, président de l'agence de développement économique Invest in Bordeaux depuis le mois de janvier 2017. (Crédits : Arthur Pequin)
Malgré un budget amputé d'un tiers en trois ans, Invest in Bordeaux affiche des résultats records sur l'exercice 2018. De quoi convaincre les collectivités locales de doter à nouveau l'agence de développement économique de moyens en hausse. Une première depuis 2015. En plus de son action de séduction auprès des entreprises, l'agence met l'accent sur l'accompagnement de l'emploi du conjoint avec son réseau dédié : Job in Bordeaux.

Nouvelle année, nouveaux locaux, nouveau budget. Les 11 salariés de l'agence de développement économique Invest in Bordeaux (ex Bordeaux Gironde Investissement) ont quitté leurs vastes locaux du quai Louis XVIII, face à la Garonne - laissant la place au studio de jeux vidéo Shiro Games - pour s'installer le 4 janvier dernier sur une surface plus petite et moins clinquante, rue Latour aux Chartrons. Une conséquence directe de la baisse continue du budget alloué à la structure par ses financeurs publics depuis 2015. L'agence comptait alors 18 salariés et pouvait s'appuyer sur un budget de 2,26 M€. Un montant qui a fondu à 1,54 M€ trois ans plus tard, soit une baisse de -32 %.

"Le budget ne fait pas tout et, depuis deux ans, on a retravaillé l'organisation interne et repositionné l'agence pour optimiser notre fonctionnement. Et cela a payé puisqu'en 2019 notre budget repartira sur une dynamique de croissance", réagit Lionel Lepouder, président d'Invest in Bordeaux depuis le mois de janvier 2017 à la suite du départ fracassant de son prédécesseur Alain Cougrand. Le montant exact du budget 2019 n'est pas encore connu mais le fait qu'il soit orienté à la hausse pour la première fois en quatre ans marque un indéniable virage. "Cela prouve que ce qui a été mis en place collectivement avec la Métropole, la Région et la CCI pour optimiser notre budget a bien fonctionné. Nous avons retrouvé des marges de développement et noué de nouveaux partenariats avec l'Université, French Tech et les grandes écoles par exemple", souligne Lionel Lepouder.

90 implantations en 2018

Et les chiffres sont en effet au rendez-vous pour l'année 2018 puisque l'agence affiche un bilan flatteur avec environ 90 projets implantés (versus 80 projets en 2017) totalisant près de 2.900 emplois potentiels à trois ans (versus 2.100 en 2017) alors même que l'année 2017 établissait déjà un record. "Il y a aussi un aspect qualitatif avec une taille moyenne des projets en hausse, au-delà de 30 emplois potentiels par entreprise", ajoute le patron de l'agence qui tiendra son assemblée générale fin mars.

Dans les mois qui viennent, Invest in Bordeaux veut s'intéresser de plus près aux problématiques de géographie économique dans et autour de la métropole. "Il faut davantage réfléchir aux choix d'implantations des entreprises pour éviter de tout concentrer au même endroit. Cela suppose un travail collectif sur l'aménagement du territoire en prenant notamment en compte les questions de mobilités, de très haut débit et de filières", explique Lionel Lepouder.

L'emploi du conjoint, obstacle de taille

L'autre priorité pour 2019, c'est de faire sauter des freins supplémentaires à l'installation de nouvelles entreprises. "Contrairement à quinze ans en arrière, l'attractivité de Bordeaux n'est aujourd'hui plus à démontrer. Néanmoins, il reste une poignée d'obstacles à surmonter et la problématique de l'emploi du conjoint est l'un des principaux", considère Caroline Pedezert, cheffe de projet RH/mobilité chez Invest in Bordeaux. La métropole girondine vient ainsi d'être classée 2e ville où il fait bon entreprendre, derrière Lyon et devant Nantes, dans le dernier palmarès de l'Express sur 50 agglomérations françaises.

A la demande de Bordeaux Métropole, l'agence a donc initié en 2017 une réflexion sur ce sujet qui vise à rassurer une entreprise qui s'installe à Bordeaux en proposant un accompagnement pour les conjoints des salariés en mobilité, en l'occurrence il s'agit de conjointes dans 74 % des cas. Baptisé "Job in Bordeaux" et lancé début 2018, ce programme mobilise 80  entreprises parmi les plus de 260 membres du réseau de l'agence et combine des entretiens exploratoires, des offres d'emplois, des rencontres trimestrielles et des groupes de discussion sur les réseaux sociaux. De quoi améliorer la connaissance du marché du travail bordelais et initier les connexions d'un réseau profesionnel.

53 conjoints accompagnés en 2018

"On est là pour rassurer les directions d'entreprises et leurs salariés, pour leur dire qu'on va les accompagner à leur arrivée et c'est un élément qui peut les convaincre", note Céline Durand, l'animatrice du réseau Job in Bordeaux au sein de Pôle emploi. En 2018, 53 conjoints ont été accompagnés, dont un tiers en amont de leur arrivée en Gironde. Le profil type est un femme, majoritairement diplômée d'un BAC +4/+5. "Une issue positive a été trouvée dans 60 % des cas, c'est à dire un emploi, une formation ou une création d'entreprises dans les douze mois suivant l'arrivée à Bordeaux", ajoute Céline Durand.

Un chiffre qui peut paraître limité mais qui s'explique par le faible nombre de personnes qui sollicitent un accompagnement. "Quand on fait une comparaison avec les dispositifs similaires qui peuvent exister ailleurs, il y a environ 10 % des conjoints qui souhaitent et qui acceptent d'être accompagnés dans leur recherche d'emploi ou leur reconversion professionnelle. Pour cette 1ere année, nous sommes au-delà de ces 10 %, ce qui est satisfaisant même si c'est un peu en deçà de nos prévisions", éclaire Anne Laffuite, d'Invest in Bordeaux.

Enfin, autre point saillant du dispositif : la "traduction" de CV. "Certains conjoints arrivent avec un CV rédigé pour le marché francilien et il y a souvent un travail à mener pour adapter le CV à la réalité locale bordelaise", illustre Céline Durand. "Il s'agit de reformuler les intitulés de poste et les grades et de décortiquer les missions effectuées pour qu'elles soient adaptées aux besoins des entreprises locales, notamment les PME et ETI."

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