Le jeu vidéo testé comme outil pédagogique auprès de 225 élèves en Lot-et-Garonne

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Les représentants de l'association Fusion jeunesse, d'Ubisoft Bordeaux, du rectorat de l'Académie de Bordeaux et de la Région Nouvelle-Aquitaine entourés de collégiens lot-et-garonnais.
Les représentants de l'association Fusion jeunesse, d'Ubisoft Bordeaux, du rectorat de l'Académie de Bordeaux et de la Région Nouvelle-Aquitaine entourés de collégiens lot-et-garonnais. (Crédits : Agence APPA)
Lutter contre le décrochage scolaire grâce au jeu vidéo : c'est le pari d'un projet pilote porté par la Région Nouvelle-Aquitaine, le département de Lot-et-Garonne et l'association Fusion Jeunesse en partenariat avec Ubisoft Bordeaux. 225 collégiens et lycéens et 40 enseignants ont désormais six mois pour développer un titre jouable de A à Z. Cette expérience pédagogique originale est importée du Québec où elle connaît un large succès.

C'est une première en France. Des classes de neuf collèges et lycées du Lot-et-Garonne vont expérimenter au cours des six prochains mois un projet pédagogique inédit visant à lutter contre le décrochage scolaire. Au total 40 enseignants et 225 élèves participent à ce défi ambitieux : concevoir puis créer un jeu vidéo d'ici au mois de juin. Ils seront encadrés par des étudiants volontaires de l'association Fusion Jeunesse et huit mentors mis à disposition par le studio Ubisoft Bordeaux.

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Travailler en équipe et mobiliser des talents divers

Ce programme est doté d'un budget de 133.000 € dont 90 % provenant d'une subvention du conseil régional de Nouvelle-Aquitaine. Les 10 % restant étant apportés par les établissements participants... et le gouvernement du Québec ! Car c'est en effet du Canada que vient cette initiative. De Montréal, plus précisément, où l'association Fusion Jeunesse déploie des projets pédagogiques de ce type (arts, sciences et génie, design, leadership et entrepreneuriat) depuis dix ans sous la houlette de Gabriel Bran Lopez, son fondateur. Environ 15.000 élèves canadiens participent ainsi chaque semaine à l'un des programmes de Fusion Jeunesse. Et son fondateur est convaincu des bienfaits du jeu vidéo :

"La conception du jeu vidéo est un projet à la fois complexe et motivant. Il faut travailler en équipe et solliciter des compétences multiples. Ainsi, les professeurs de technologies ne sont pas les seuls à participer au projet, il y a aussi des enseignants en histoire, en arts plastiques, en musique, en français ou en mathématiques."

Conception, production, commercialisation

Chaque classe devra en effet créer de toutes pièces un jeu vidéo 2D jouable en passant par toutes les phases de développement : découverte de l'industrie et des métiers du jeu vidéo, conception des idées et de la démarche artistique, programmation et codage, prototypage, pré-production avec tests d'erreurs, production et test final puis, enfin, finition et commercialisation. Le tout dans une démarche entrepreneuriale.

"C'est toujours intéressant d'utiliser le jeu vidéo comme vecteur pédagogique. Quand le support est fun et multidisciplinaire, c'est toujours plus facile d'accrocher l'attention et la motivation des élèves", souligne Julien Mayeux, le directeur d'Ubisoft Bordeaux. Le studio qui compte plus de 150 salariés a reçu l'an dernier 300 demandes de stages de 3e, signe de l'attractivité du secteur vidéoludique auprès des jeunes. "Calculer des probabilités mathématiques pour mettre au point le pouvoir d'un personnage de jeu de rôle, c'est probablement plus accrocheur pour les élèves qu'un problème de maths classique", illustre Julien Mayeux. Et l'entreprise Ubisoft est familière de la démarche puisque son studio de Montréal travaille sur des projets semblables avec Fusion Jeunesse depuis maintenant six ans. En 2017, Ubisoft avait aussi marqué les esprits avec son titre Assassin's Creed Origins, doté d'un mode découverte à vocation ludo-éducative.

Offrir des perspectives nouvelles

De son côté, Jean-Louis Nembrini, vice-président de la Région Nouvelle-Aquitaine en charge de l'éducation et des lycées, met en avant "l'approche positive de la lutte contre le décrochage scolaire et un moyen innovant de détecter des talents très divers et d'offrir des perspectives nouvelles, en particulier dans un département rural comme le Lot-et-Garonne." Le choix de ce territoire est en effet lié à sa nature rurale mais aussi et surtout au volontarisme des enseignants et chefs d'établissements candidats, soutenus tant par le conseil départemental que par le rectorat de l'Académie de Bordeaux. Les réalisations seront présentées lors d'un évènement commun en juin 2019. D'ici là, élèves et enseignants vont devoir travailler d'arrache-pied au rythme d'au moins une réunion par semaine pour mener à bien leur projet.

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