Sophia Genetics choisit Bordeaux pour ouvrir un nouveau centre de R&D

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La biotech suisse mise sur la France pour renforcer sa plateforme d’intelligence artificielle qui s'appuie sur des informations génomiques afin d'améliorer le diagnostic et les traitements des patients.
La biotech suisse mise sur la France pour renforcer sa plateforme d’intelligence artificielle qui s'appuie sur des informations génomiques afin d'améliorer le diagnostic et les traitements des patients. (Crédits : Sophia Genetics)
Deuxième implantation de Sophia Genetics en Nouvelle-Aquitaine en moins d’un an. Apres Bidart au Pays basque en avril dernier, la startup suisse, leader mondial de la médecine basée sur les données, implante un nouveau centre de R&D à Bordeaux. Objectif : atteindre une trentaine d'emplois d'ici 3 ans.

Le PDG de la biotech suisse Sophia Genetics avait annoncé, en avril dernier, l'embauche d'une trentaine de personnes en Nouvelle-Aquitaine en 2019, sans évoquer de nouvelle implantation sur le territoire. C'est désormais chose faite. Après l'ouverture d'un premier centre de R&D à Bidart au Pays basque il y a 7 mois, la jeune pousse fondée à Lausanne en 2011 s'installe à Bordeaux, précisément à la Cité de la Photonique de Pessac. Sa stratégie n'a pas changé. Elle mise sur la France pour renforcer sa plateforme d'intelligence artificielle.

Concrètement, grâce à des algorithmes performants, la startup permet aux hôpitaux et laboratoires pharmaceutiques d'affiner des diagnostics et d'analyser rapidement les données médicales pour mieux traiter les patients atteints de cancers ou de maladies génétiques. Sophia Genetics, qui figure parmi les 10 biotechs les plus innovantes du monde selon le magazine Fast Company, travaille actuellement pour plus de 1.000 établissements de santé répartis dans 77 pays du monde.

Acquisition d'un logiciel bordelais

Le choix de Bordeaux n'est pas une surprise. Le professeur bordelais Thierry Colin, de l'Inria-Bordeaux, collabore avec Sophia Genetics dans le cadre d'un détachement effectif depuis mars dernier. C'est son équipe qui a permis, grâce à un transfert de technologie effectué par la SATT Aquitaine Science Transfert, de donner naissance à un logiciel baptisé Nénuphar, acquis par Sophia Genetics début 2018. Logiciel qui s'appelle désormais Sophia Radiomics.

"La plateforme de Sophia Genetics est une plateforme d'analyse génomique qui permet de caractériser la nature génétique de la tumeur. Le logiciel que nous avons développé analyse, quant à lui, les images médicales, scanners, IRM. Il vient compléter l'information délivrée au clinicien qui va désormais pouvoir disposer d'analyses combinées génomique et imagerie. Il faut savoir qu'en oncologie, ce sont deux choses essentielles pour évaluer la maladie", explique Thierry Colin.

Le logiciel d'imagerie commence tout juste à être installé dans des établissements de santé. C'est le cas notamment à Bordeaux au CHU Pellegrin ainsi qu'à l'Institut Bergonié. "Une dizaine devraient être équipés d'ici la fin de l'année. Ce logiciel sera couplé à la plateforme de Sophia Genetics avant la mise en place d'une plateforme globale, plus tard", précise Thierry Colin.

"Un boulot gigantesque" à Bordeaux

"A Bidart, l'équipe travaille sur la partie utilisateur de la plateforme. A Bordeaux, nous développons les algorithmes d'analyse de l'image et on travaille pathologie par pathologie. C'est un boulot gigantesque mais les résultats sont très attendus dans le monde médical. Je suis un ancien chercheur heureux", confie Thierry Colin.

Aujourd'hui, le centre de R&D bordelais, dont l'implantation a été accompagnée par l'agence Invest in Bordeaux, compte une dizaine d'emplois à la Cité de la Photonique. Les recrutements d'ingénieurs, doctorants et commerciaux se poursuivent pour atteindre une trentaine d'emplois d'ici 3 ans. De quoi intéresser des diplômés de l'ENSEIRB, l'école d'ingénieurs qui forme les futurs techniciens de l'intelligence artificielle à Bordeaux.

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