Marchés : Champeil se prépare au pire sans perdre son sang froid

 |   |  655  mots
Les marchés risquent de secouer fortement les investisseurs à court terme, estime Axel Champeil, PDG de Champeil, à Bordeaux.
Les marchés risquent de secouer fortement les investisseurs à court terme, estime Axel Champeil, PDG de Champeil, à Bordeaux. (Crédits : Regis Duvignau)
Le patron de la société financière Champeil, à Bordeaux, ne déborde pas d'optimisme dans son analyse des marchés datée du mois de juillet. L'incertitude générée par Donald Trump et sa guerre sur les tarifs douaniers rendent les marchés financiers nerveux.

Le timide résultat positif du CAC 40 à l'issue du 1er semestre 2018, avec une hausse dans l'épaisseur du trait de +0,21 %, est très loin de rassurer Axel Champeil, PDG de la société financière bordelaise Champeil, quant à l'orientation des marchés financiers. "Nous rappelons que par sa construction le CAC 40 n'est pas nécessairement représentatif de l'évolution générale des marchés, trois valeurs seulement, LVMH, L'Oréal et Kering représentent 20 % des variations du CAC 40" prévient ainsi sans frais Axel Champeil dans son billet titré "Regain de tensions sur les marchés", publié dans la livraison de La Lettre des Gérants datée de juillet 2018.

En relativisant un résultat du CAC 40 positif à +0,21 %, Axel Champeil donne la mesure de son inquiétude concernant l'évolution des marchés financiers dans un futur proche. Donald Trump tient toujours une place éminente dans ce scénario de la turbulence à cause de l'incertitude que crée sa politique économique au protectionnisme très agressif. D'autant que, selon le patron de Champeil, cette option protectionniste pourrait favoriser  à court terme les Américains.

Les Etats-Unis sont-ils un grand méchant loup ?

Pour autant Axel Champeil veut croire que Donald Trump essaie d'abord de s'adresser à sa base électorale via ces effets d'annonce, aux retombées encore limitées, plutôt que de déclencher une véritable guerre commerciale mondiale. Axel Champeil ne pousse pas plus loin son analyse dans ce domaine. Il est toutefois patent que la politique des Etats-Unis constitue depuis 2008 un nouveau facteur de risque, avec l'application des mesures d'extraterritorialité, qui font par exemple que le droit américain s'applique à la totalité d'un groupe étranger s'il possède une filiale aux Etats-Unis. Ou alors s'il s'avise de commercer en dollars...

Comme l'a confirmé le rapport Berger-Lellouche les entreprises européennes et en particulier françaises ont payé un lourd tribut à cette stratégie de domination, qui n'a plus grand-chose à voir avec le libre-échange et tout avec un impérialisme archaïque, pour ne pas dire ubuesque. Et c'est bien à partir de cette trame juridique américaine internationalement surpuissante qu'opère Donald Trump.

Risque de grosses secousses sur les marchés

De son côté Champeil s'inquiète aussi des difficultés politiques européennes en Allemagne, Espagne et Italie, qui constituent à son sens de véritables risques sous-jacents "pour une Europe ayant besoin de se réformer et alors que les élections européennes se rapprochent". Pour rester optimiste, le patron de la société Champeil parie sur la croissance économique, à court terme, et les bons bilans des entreprises. Le salut ne viendra pas du marché des obligations étant donné "l'absence de rendement obligataire". La Lettre des gérants diagnostique l'émergence d'un "nouveau cycle d'absence de gain obligataire, voire de risque de retournement plus violent en cas de hausse des taux".

Un scénario de remontée des taux qu'Axel Champeil ne saurait exclure parce que "l'inflation semble repartir, notamment aux Etats-Unis et en Allemagne, tirée par la hausse des prix des matières premières". La tension est telle que si Champeil annonce aux investisseurs qu'il faut, presque comme à chaque fois, mettre le cap sur les marchés actions, ce conseil s'accompagne d'un luxe de précautions inhabituel. Le marché actions étant "à appréhender avec agilité dans un univers volatile". Gare aux petits baigneurs : ça risque de secouer !

Au point qu'Axel Champeil va jusqu'à tresser quelques lauriers à l'or ! Egalement qualifié de relique barbare, l'or, c'est un peu ce qui reste quand il n'y a plus rien, le métal qu'on échange entre survivants. En d'autres termes un mauvais signe avant-coureur pour l'économie. "Nous confirmons pour notre part notre taux de détention d'or qu'il ne faudrait pas enterrer trop vite. Il a connu par le passé d'autres périodes d'atonie prolongée n'ayant pas impacté son potentiel d'appréciation (cf 2010/2011)" tranche la Lettre des gérants.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :