Véhicules électriques : Greenspot lève 1 M€ pour déployer ses bornes de recharge en France

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Greenspot ambitionne d'installer 200 bornes de recharge de véhicules électriques dès cette année.
Greenspot ambitionne d'installer 200 bornes de recharge de véhicules électriques dès cette année. (Crédits : DR)
Greenspot, filiale de Enersoft SAS, née en 2016 à Eysines, près de Bordeaux, a rapidement trouvé sa place sur le marché de l'écomobilité. La startup vient de lever 1 M€ pour recruter cinq personnes et développer son offre "Greenspot easy" dont l'objectif est de louer des bornes de recharge pour véhicules électriques aux grandes enseignes, partout en France.

Enersoft SAS s'est positionnée sur le marché de l'écomobilité avec sa marque Greenspot, dont l'objectif premier est de faciliter la recharge des véhicules électriques. Créée en 2016 et basée à Eysines (Bordeaux Métropole), la startup propose une offre globale et ambitionne de construire un réseau national en partenariat avec des zones d'activités commerciales et des enseignes de distribution.

« Greenspot easy est notre cheval de bataille »

Avec du recul, Greenspot a organisé son offre en trois segments distincts:

« Il y a Greenspot station, avec des services : nettoyage écologique, un 'pompiste' moderne qui se charge de brancher la voiture et qui loue des vélos électriques. La première station complète, installée à Bordeaux Caudéran en 2016, nous a servi pour la R&D. Ensuite, il y a la nouvelle offre, Greenspot easy : c'est la location de bornes, qu'on va implanter sur les parkings de musées, cinémas, restaurants. Enfin, il y a Greenspot immobilier, pour équiper de systèmes de charge des immeubles résidentiels ou de bureaux. Greenspot Easy est notre vrai cheval de bataille », explique Olivier Pelisse, fondateur et associé de Greenspot.

La startup concentre donc ses efforts sur sa nouvelle offre spécialement conçue pour la grande distribution, les enseignes de restauration, les chaînes hôtelières, musées, cinémas, casinos, complexes sportifs etc. Le service comprend la location de bornes, la maintenance, la supervision ou encore le référencement via une application géolocalisant les points de charge. Ce service "all inclusive" répond à une demande en hausse. "Il y a un engouement pour ce type de produit. C'est un sujet qui revient souvent. Il faut équiper tout le territoire français", argumente Olivier Pelisse.

Une levée de fonds de 1 M€

Et pour porter ce déploiement au niveau national, la jeune entreprise a sollicité des fonds auprès d'investisseurs de la région. "En quelques semaines nous avons levé 1 M€, c'était l'objectif et nous avons même refusé des investissements. Les investisseurs sont des entrepreneurs aquitains, dans le vin, la distribution, la construction, mais qui souhaitent rester anonymes. L'argent va servir à recruter cinq personnes", détaille Olivier Pelisse :

"Nous sommes trois associés. On a recruté une chargée d'affaires en région parisienne pour s'occuper des grands groupes basés à Paris, et un chargé d'affaires en Nouvelle-Aquitaine. On cherche à recruter pour un poste d'ingénieur et pour deux postes dans le développement du numérique, pour créer l'application qui mettra en lien toutes les bornes."

Maintenant que la levée de fonds est terminée, les installations devraient véritablement se mettre en route. Le centre Leclerc de Saint-Maur, à côté de Châteauroux (Indre), devrait accueillir des bornes de charge rapide. Pour atteindre ses objectifs, l'entreprise doit en installer 200 cette année. "Nous ne sommes pas des industriels, nous proposons différents types de bornes. Lentes pour les hôtels où la voiture reste la nuit, ou certaines beaucoup plus puissantes qui peuvent charger la voiture en 20-30 minutes, pour la restauration rapide par exemple. Mais ce serait un investissement injustifié pour les cinémas par exemple, auxquels on propose donc des bornes qui chargent en 2 heures", détaille Olivier Pelisse

Des projets à l'international

"Nous travaillons avec beaucoup de fabricants français. On a de la chance d'avoir un partenaire local, basé à Léognan, EVtronic, sinon d'autres sont dans la région lyonnaise, il y a DBT vers Lille, ABB basée en Suisse. On travaille avec les pays du Nord qui sont en avance, la Norvège par exemple, et on va bientôt travailler avec le Portugal", annonce également Olivier Pelisse.

On demande de plus en plus aux entreprises comme Greenspot de produire l'énergie nécessaire au chargement des voitures, au moins en partie. Mais assurer la production d'électricité est un métier bien différent. "Il est très difficile d'alimenter totalement une borne seulement grâce à un équipement photovoltaïque. Il fait plus beau à Marseille qu'à Lille, la nuit ça ne produit pas, il faut donc stocker l'énergie, ce qui est très compliqué... Un client, dans la restauration rapide, nous a mis le challenge en main : couvrir l'ensemble de ses parkings. On doit donc se rapprocher de nouveaux partenaires, c'est tout un autre chantier."

Le développement d'offres comme celle de Greenspot ne fait donc que commencer : le marché est en constante évolution, soumis aux exigences du législateur qui veut réduire l'empreinte carbone, du consommateur qui souhaite une conduite responsable, mais aussi dépendant des avancées technologiques dans le domaine.

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Le véhicule électrique en chiffres

  • 750.000 unités ont été vendues dans le monde en 2016, dont plus de la moitié en Chine ;
  • D'ici à 2020, entre 9 et 20 millions de véhicules électriques sont attendus sur les routes mondiales ;
  • Le nombre d'infrastructures de recharge a augmenté de 72 % en 2016 au niveau mondial ;
  • En France, 31.000 véhicules électriques ont été immatriculés en 2017 (contre 15.000 en 2014) soit environ 1,2 % de parts de marché contre 0,9 % au niveau européen. La France est le 2e marché d'Europe derrière la Norvège.
  • Plus de 500.000 véhicules 100 % électriques circulent actuellement sur les routes européennes (dont 150.000 nouvelles immatriculations en 2017).

Sources : Association nationale pour le développement de la mobilité électrique et International energy agency

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