Nouvelle-Aquitaine : l'artisanat transformé après sa sortie de la crise

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De plus en plus d'indépendants choisissent le régime de la micro-entreprise
De plus en plus d'indépendants choisissent le régime de la micro-entreprise (Crédits : Licence CC0 Creative Commons)
L'artisanat montre des signes de sortie de crise. Les offres d'emploi augmentent, mais les difficultés de recrutement aussi. Les métiers évoluent avec l'arrivée du régime de micro-entrepreneur, tandis que le statut indépendant classique semble perdre son attractivité, malgré des revenus beaucoup plus élevés.

Les chiffres 2017-2018 du baromètre l'artisanat signent la sortie de crise - modérée - du secteur artisanal en Nouvelle-Aquitaine. Le baromètre, réalisé par l'Institut supérieur des métiers (ISM) et la MAAF, tire principalement sa source de données du RSI, de l'ACOSS-URSSAF et de Pôle emploi.

L'emploi salarié se stabilise

Un total de 220.000 offres ont été déposées en 2016 auprès des services de Pôle emploi en Nouvelle-Aquitaine. Ce regain observé dans les TPE artisanales témoigne d'un turn-over croissant du personnel et de besoins d'emplois nouveaux. Parmi les secteurs les plus recruteurs et créateurs d'emplois en 2016 : les activités de réparation d'équipements (+184 %), les taxis/VTC (+103 %), ou encore l'entretien et la réparation de véhicules automobiles (+81 %) ; la boulangerie-pâtisserie esten tête de la création d'emplois salariés.

En 2017, l'emploi salarié total se stabilise à 150.000 en Nouvelle-Aquitaine : +0 %, alors que l'évolution est de +2 % dans l'ensemble du secteur privé régional. Environ 400 emplois salariés ont été créés, essentiellement dans le BTP et les services.

Des difficultés de recrutement de plus en plus importantes

Les projets de recrutement sont restés à la hausse en 2017 selon l'enquête Besoins en main d'œuvre de Pôle emploi. Mais cette progression des intentions d'embauche est nuancée par une hausse des difficultés de recrutement. En Nouvelle Aquitaine, 55 % des dirigeants des TPE artisanales anticipent des difficultés pour les recrutements contre 37 % pour l'ensemble des entreprises. Les métiers pour lesquels les difficultés sont les plus élevées sont ceux de charpentiers (82 %), les carrossiers automobiles (82 %) ou encore les bouchers (65 %).

40 % des indépendants sont des micro-entrepreneurs

Une évolution de la structure d'emploi des entreprises artisanales a été observée sur les dix dernières années. Elle se caractérise par une forte progression du nombre d'artisans travaillant seuls et sans salarié. Leur part dans le tissu artisanal de la région est passée de 49 % en 2008 à 58 % en 2012, et 67 % en 2016. Leur nombre a presque doublé et atteint 88.000 entreprises en 2016 : ce phénomène s'explique notamment par la mise en place du régime micro-entrepreneur. Les emplois indépendants du régime classique, eux, perdent en attractivité et reculent.

En Nouvelle-Aquitaine, les micro-entrepreneurs progressent de 5 % par rapport à 2015 (42.000 en 2016). Dans le même temps, le nombre des chefs d'entreprises indépendants baisse de 4%. Aujourd'hui dans la région, 40% des indépendants sont des micro-entrepreneurs.

Disparités de revenus

Les revenus annuels des micro-entrepreneurs sont très en deçà de ceux des indépendants classiques, qui sont parfois jusqu'à 4 fois plus élevés. Les disparités sont aussi fortes entre les différents secteurs artisanaux. Dans le secteur de la fabrication par exemple, les écarts de revenus sont de 20.000 € : les revenus annuels varient entre 18.600 € pour les fabricants de meubles et les artisans du textile et 39.300 € pour les artisans qui travaillent les métaux. Enfin encore, dans l'artisanat des services, les VTC et taxis touchent en moyenne 26.100 € par an, alors que les dirigeants d'entreprises de coiffure et d'esthétique déclarent un revenu moyen annuel beaucoup moins élevé (15.800 euros par an).

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