Quel bilan pour le système d'autopartage Yea ! à Bordeaux ?

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L'offre Yea! a été lancée il y a un an dans la capitale girondine par Citiz Bordeaux. Le réseau national Citiz prévoit d'ailleurs de l'ouvrir à Grenoble en juin prochain.
L'offre Yea! a été lancée il y a un an dans la capitale girondine par Citiz Bordeaux. Le réseau national Citiz prévoit d'ailleurs de l'ouvrir à Grenoble en juin prochain. (Crédits : AutoCool)
La société coopérative Citiz Bordeaux, qui exploite plus de 75 véhicules en autopartage, souffle la première bougie de son offre en libre-service baptisée Yea!. Cette dernière semble avoir trouvé son public. Citiz prévoit d'élargir sa flotte dès cet été.

Difficile de manquer les citadines rouges et noires ornées du logo Yea! qui sillonnent la ville et ses alentours depuis un an. Le service a été lancé en mai 2017 par Citiz Bordeaux, société coopérative membre du réseau national Citiz qui exploitait déjà une offre du même nom permettant aux particuliers comme aux professionnels de réserver et d'emprunter des véhicules en autopartage (citadines, routières, fourgons...). Yea! a été lancée comme une brique supplémentaire apportant plus de souplesse et de flexibilité : il suffit de repérer sur l'application mobile ou directement dans la rue la voiture Yea! la plus proche, de l'emprunter sans avoir à la réserver au préalable et sans devoir fixer une heure de retour. L'utilisateur, une fois son trajet terminé, peut la ramener à n'importe quelle place de stationnement dans la zone délimitée par les boulevards bordelais, sans avoir à se préoccuper de régler le parcmètre ou à faire le plein d'essence. Yea! fonctionne donc sur le principe du free floating, en plein développement en France. Rien qu'à Bordeaux, deux nouvelles offres sont apparues ces dernières semaines avec les vélos d'Indiggo Wheel et les scooters électriques de Yugo.

Le bilan effectué par Citiz Bordeaux ce mercredi matin a permis d'avoir un premier retour. La société coopérative emploie désormais six personnes et affiche un chiffre d'affaires de 750.000 € et une légère perte de 17.000 € en 2017, liée aux frais de lancement de Yea!, après un exercice 2016 à l'équilibre. Citiz Bordeaux compte 38 stations pour y garer les véhicules et dénombre 3.000 clients au total. Son offre Yea! en free floating a permis 5.771 locations de voiture en un an pour un total de 151.944 km parcourus. "25 % des locations durent moins de 30 minutes. La moyenne des emprunts est de 4h15 pour 26 km", précisent Nicolas Guenro et Constance de Peyrelongue, respectivement directeur général et présidente du conseil d'administration de Citiz Bordeaux. Ce qui tend à prouver que Yea! complète les deux autres services d'autopartage préexistants, selon les dirigeants : un trajet moyen via l'offre Citiz tourne autour de 9 heures pour 70 km et en Bluecub (groupe Bolloré) de 30 minutes pour 7 km. Le tarif, lui, ne bouge pas en fonction de la période, il est donc le même que l'on soit la semaine du 15 août ou la dernière de janvier. Nicolas Guenro évoque ainsi du 3,25 € pour 15 minutes et 5 km, du 18,75 € pour 4h et 25 km ou du 52,70 € la journée et 110 km.

De 75 à 100 véhicules

Quelques nouveautés sont à prévoir dans les prochaines semaines. L'offre Yea! vient d'être intégrée à la plateforme Zaléo dédiée à l'intermodalité. La flotte combinant les offres Citiz et Yea! va aussi être portée à 100 véhicules dans les prochaines semaines, l'été étant une période de forte activité, avant probablement de redescendre autour de 75 à l'automne. Une réflexion est également menée autour de la nature même des voitures. Citiz et son réseau national a pour vocation de pousser les possesseurs de voitures qui ne l'utilisent qu'occasionnellement à s'en séparer. Les différentes études sur le sujet, réalisées par l'Ademe notamment, indiquent qu'une voiture en autopartage contribue largement à "démotoriser" la population en remplaçant 9 véhicules personnels (lire ici l'étude 206 de l'Ademe).

La suite logique serait donc de tendre vers une flotte 100 % électrique, ce que les collectivités locales ne manquent pas de pousser. La perspective est séduisante mais Nicolas Guenro rappelle que ce modèle n'ira pas sans des contraintes, demandant par exemple de bloquer les véhicules dès qu'ils passeront sous la barre des 100 km d'autonomie le temps de les recharger. Les effectifs de la coopérative devraient aussi s'étoffer pour faire face. Le dossier est sur la table en attendant le prochain renouvellement du parc de Yea! en 2020. D'ici là, Citiz Bordeaux ne devrait pas bouleverser ses équilibres avec deux-tiers des voitures dévolus à l'offre Citiz, la plus rémunératrice car les trajets sont en moyenne plus longs, et un tiers pour Yea!

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