"Quand on est une femme, si on veut s'imposer il faut viser la place la plus haute" (6/7)

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Sophie Orien est la directrice générale de la Cobarec et de ses 23 salariés depuis 2014.
Sophie Orien est la directrice générale de la Cobarec et de ses 23 salariés depuis 2014. (Crédits : Agence APPA)
Sophie Orien, 43 ans, a réussi à s'imposer dans le monde professionnel très masculin du bâtiment et des travaux publics. Depuis 2014, elle dirige avec succès la Cobarec, filiale du Groupe Cassous spécialisée dans la couverture, l'étanchéité et le bardage. Portrait.

"Quand on est une femme dans un milieu d'hommes on doit faire ses preuves deux fois plus que les autres. Si on veut s'imposer, il faut viser la place la plus haute : celle de directrice." A 43 ans, Sophie Orien sait de quoi elle parle et sa carrière professionnelle combinant ambition, détermination et compétence est là pour en témoigner. Depuis 2014, elle pilote la Cobarec, filiale du groupe Cassous spécialisée dans la couverture, l'étanchéité et le bardage. Cette PME emploie 23 salariés, dont 6 femmes responsables de travaux, soit plus de 25 % des effectifs ! "C'est une exception dans le milieu du bâtiment et c'est une fierté en tant que directrice générale, comme en tant que femme", poursuit Sophie Orien. Depuis son arrivée, la Cobarec a gagné un surnom - "Barbies étanchéités" - et étoffé son carnet de commandes de 80 % pour un objectif de chiffre d'affaires de 9 M€ fin 2018.

"60 hommes sous mes ordres"

Des bons résultats qui n'ont pas empêché la directrice générale d'élever ses deux enfants, de 10 et 12 ans. "Mon père était cuisinier, ma mère esthéticienne. Aucun des deux n'était dans le bâtiment. Mais j'ai trouvé ma voie et suivi mes passions", confie Sophie Orien, diplômée de l'Ecole supérieure des travaux publics de Metz où il n'y avait à l'époque que trois femmes. Le ton était donné mais pas de nature à effrayer cette passionnée de moto : "Il faut être honnête, mes dix premières années de carrière ont été dix années de combat", reconnaît Sophie Orien, qui pointe "le machisme très fort des clients" et la solitude, notamment dans les PME. Elle fera face en gravissant les échelons jusqu'à diriger il y a quelques années, pour le compte de la SMAC, la réalisation de l'usine de Turbomecca à Pau : "Un chantier à 8 M€ avec 60 hommes sous mes ordres !", sourit-elle avant d'insister sur le changement des mentalités en cours. "La maîtrise d'œuvre s'est féminisée en premier, via les architectes, puis la maîtrise d'ouvrage et maintenant le secteur des travaux avec de plus en plus de femmes conductrices de travaux et opératrices", observe la dirigeante notamment impliquée sur le chantier de la Maison de l'économie créative et de la culture à Bordeaux.

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