Néo-Bordelaises : attention aux désillusions sur le marché de l'emploi ! (3/7)

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L'attractivité bordelaise ne se dément pas sur le marché de l'emploi, entraînant parfois une surchauffe et des désillusions.
L'attractivité bordelaise ne se dément pas sur le marché de l'emploi, entraînant parfois une surchauffe et des désillusions. (Crédits : LTB / Mikaël Lozano)
L'afflux de profils tertiaires sur le marché de l'emploi bordelais peut entraîner certaines désillusions chez les nouvelles arrivantes en termes de postes et de salaires. Pour les éviter, l'anticipation est le maître mot.

Qu'elles soient étrangères, franciliennes ou bordelaises sur le retour, de nouveaux visages arrivent chaque mois sur le marché bordelais de l'emploi. Beaucoup d'entre elles suivent leur conjoint cadre ou ingénieur : entre 70 et 80 % de la problématique du conjoint concerne en effet des femmes. De quoi provoquer une affluence de profils tertiaires sur des compétences supports (RH, juridique, administratif, etc.) qui collent bien au marché francilien de sièges sociaux mais moins au bassin d'emploi bordelais et son tissu de PME et d'entreprises intermédiaires. Résultat : des postes et/ou des salaires qui ne sont pas toujours au rendez-vous laissant la place à de potentielles désillusions, sans même parler des prix de l'immobilier et des temps de trajet sur la rocade !

« Certains nouveaux arrivants ont un projet professionnel très abouti, d'autres beaucoup moins. Encore trop de ménages démissionnent et vendent leur bien immobilier sans se renseigner, ni se préparer au marché du travail local qui est à la fois attractif et sous tension », s'étonne ainsi Loïc Vétier, développeur commercial chez BPI Bordeaux. Celui qui est aussi président de la commission entreprises d'Invest In Bordeaux met ainsi en garde les néo-bordelaises à la recherche d'un emploi : « Elles doivent être proactives et ne pas perdre de temps en arrivant à Bordeaux au risque de se faire doubler sur un marché déjà embouteillé ! »

Métro, boulot, apéro

Pour les orienter, un « Apéro néo-bordelais » est organisé chaque trimestre au Bac à Sable par la Maison de l'emploi et Invest in Bordeaux. Une cinquantaine de nouveaux arrivants y trouvent les clefs de lecture du tissu économique local et les principaux contacts pour appréhender la métropole. Une porte d'entrée déclinée au féminin par Nelly Moffet, participante régulière aux apéros et pilote de la page « lesnouvellesbordelaises.com » du réseau bordelais féminin L'Connect. « Tous les deux mois nous accueillons une quinzaine de nouvelles arrivantes dans les locaux d'Invest in Bordeaux pour répondre à leurs questions et leur permettre de constituer un premier réseau », détaille cette Lyonnaise d'origine mexicaine arrivée à Bordeaux en 2016. « L'idée est de souhaiter la bienvenue à toutes ces nouvelles venues », glisse Nelly Moffet, prenant le contrepied de la petite musique anti-parisienne que l'on entend parfois dans les rues de Bordeaux.

Enfin, Danielle Sancier, la directrice régionale de l'Apec, rappelle « qu'avant le grand saut, les futurs Bordelais peuvent consulter le service gratuit 'Votre potentiel marché' pour avoir un aperçu du niveau de concurrence et de la rémunération potentielle par rapport à leur profil. ». En fonction de ces informations, l'arrivée à Bordeaux peut aussi devenir synonyme de reconversion professionnelle ou de création d'entreprise. « La métropole bordelaise figure ces dernières années dans le top 3 du nombre de créations d'entreprises », se félicite ainsi Lionel Lepouder, le président d'Invest in Bordeaux, qui l'assure en guise de bienvenue : « Contrairement à ce que l'on croit, Bordeaux est une ville féminine ! »

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Cet article est le 3e d'une série de 7 déjà parus dans le dossier dédié à l'emploi des femmes dans la métropole bordelaise, en kiosque le 23 mars dernier. Le site de La Tribune les publiera au fil des prochains jours.

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Commentaires
a écrit le 25/04/2018 à 17:59 :
Les créations d'emploi sont inférieures aux flux migratoires donc le chômage va augmenter dans la Métropole Bordeaux. Et je n'évoque pas le décrochage de qualification de poste : c'est le prix à payer pour une qualité de vie illusoire. Les premières touchées sont bien sur les femmes.

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