Smart City : l’heure de l’expérimentation a sonné pour les acteurs urbains

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Pierre Aoun (LP Promotion), Frédérik Dain (Hobo Architecture), Stéphan de Faÿ (Bordeaux Euratlantique), Catherine Gall (Steeelcase) et Jean-François Leu (Action Logement Services)
Pierre Aoun (LP Promotion), Frédérik Dain (Hobo Architecture), Stéphan de Faÿ (Bordeaux Euratlantique), Catherine Gall (Steeelcase) et Jean-François Leu (Action Logement Services) (Crédits : Agence Appa)
Comment imaginer de nouvelles manières de vivre, de travailler, de partager ? Cette question était au coeur d’une table ronde organisée mercredi 4 avril dans le cadre du Forum Smart City à Bordeaux. Les idées ne manquent pas.

"La question stricte du quartier d'affaire est réglée" reconnaît aujourd'hui Frédérik Dain, architecte associé chez Hobo Architecture.

"Si le modèle a eu sa pertinence, il est aujourd'hui derrière nous. La jeune génération alterne en permanence entre le plaisir et le travail. Il faut donc intégrer les loisirs, la nature mais aussi la culture aux espaces de travail de demain. Nos logements seront nos bureaux, voilà l'idée, même si je conçois que les montages immobiliers seront complexes."

Frédérik Dain en est persuadé : "On s'est beaucoup interrogé sur le logement. Il reste un gros travail à faire sur les lieux de travail." Pourquoi pas donc lier les deux.

Un projet d'habitat participatif pionnier

C'est en effet le concept du projet immobilier participatif en autopromotion réelle auquel participe le cabinet bordelais Hobo en tant que maître d'ouvrage. Il s'agira d'un immeuble mixte tertiaire et d'habitat conçu par Winy Maas (MVRDV) et livré à la fin de l'année 2018 au sein du quartier Bastide-Niel à Bordaux. "Nous avons imaginé un espace central qui servira d'accueil pendant la journée et qui s'inversera la nuit en devenant un lieu de vie de l'immeuble. Ce bâtiment composé de 600 m2 de bureaux sera surmonté de 6 appartements." Alors est-ce que l'on peut vivre et travailler ensemble sur un même lieu ? La question a le mérite d'être posée et l'idée testée.

"On peut se tromper. Il est possible que notre projet d'habitat participatif ne fonctionne pas mais on aura essayé de faire une démonstration" déclare Frédérik Dain.

L'exemple de Bordeaux Euratlantique

Cette table ronde organisée dans le cadre de Smart City aura en tout cas été l'occasion de mettre en avant les projets expérimentaux, voire pionniers. "Il faut expérimenter pour casser les rigidités" insiste à son tour Stephan de Faÿ, directeur général de l'établissement public d'aménagement Bordeaux Euratlantique, du nom de cette grande opération qui a vocation à créer en une quinzaine d'années l'équivalent d'une ville de 50.000 habitants dont 30.000 salariés au coeur de Bordeaux. Un territoire où la mixité aura toute sa place. Sorte de pari sur l'avenir également.

Sanofi a d'ailleurs décidé de se frotter à cet environnement. Le groupe pharmaceutique a choisi de déménager les équipes informatiques de son site de Floirac vers la Cité numérique dans le périmètre de Bordeaux Euratlantique, et ainsi de rejoindre un écosystème composé de startups. Une démarche qui fait sens au yeux de Catherine Gall, vice-présidente alliances stratégiques Europe, Moyen-Orient et Afrique de Steelcase. "C'est le collectif dans une entreprise qui est créateur de valeur. Cela vaut pour les startups mais aussi pour les grands groupes."

Urbanisme temporaire

De son côté, Pierre Aoun directeur général du groupe LP Promotion, ouvre la voie à un urbanisme temporaire.

"Alors que le temps de gestation des projets est de plus en plus long, ne pourrions pas investir les fonciers pour des usages à durée déterminée au plus près des besoins des usagers et de leurs évolutions ?"

Petit bémol toutefois de la part de Stephan de Faÿ :

"La plupart des initiatives d'urbanisme temporaire couronnées de succès répondent à un besoin sociétal et quand on les stoppe, ça se passe mal. Il faut se laisser la possibilité de les pérenniser si elles fonctionnent bien."

Faire des expériences, tous y sont donc prêts, mais un coup de pouce serait le bienvenu. "Il faut autoriser les expériences, je crois beaucoup au permis d'innover et à l'action publique. Les acteurs publics doivent donner l'impulsion. Les promoteurs et les architectes seuls sont incapables de gérer cette question" précise Frédérik Dain. Et pourquoi ne pas faire intervenir les sociologues et designers comme le suggère Catherine Gall, vice-présidente alliances stratégiques Europe, Moyen-Orient et Afrique de Steelcase.

"Pour nous, la smart city doit permettre de lier logement, emploi et mobilité et d'introduire des flux de mobilité dans le logement qui est par nature immobile" explique de son côté Jean-François Leu, directeur régional Nouvelle-Aquitaine d'Action logement services. Beaucoup reste à faire : "L'immobilier n'a pas encore été disrupté" estime Catherine Gall. L'heure semble être venue.

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