Ynov se renforce sur les formations jeux vidéo et effets spéciaux

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Lionel Desage, président du groupe Ynov
Lionel Desage, président du groupe Ynov (Crédits : DR)
Le campus bordelais d'Ynov forme ses étudiants aux métiers du numérique. L'école refond sa filière animation à la rentrée prochaine avec deux nouveaux mastères, l'un dédié aux jeux vidéo et l'autre aux effets spéciaux.

Créé en 2011, Ynov grandit petit à petit et revendique aujourd'hui la place de leader français des formations aux métiers du numérique. Le groupe d'enseignement supérieur, dont le siège social est installé à Mérignac près de Bordeaux, forme chaque année plus de 3.700 jeunes au sein de cinq grands pôles : informatique Ingésup ; Digital business school ; web, communication et graphic design ; animation 3D et jeux vidéo ; audiovisuel. Soit un total de cinq bachelors et douze mastères dispensés dans six campus au total, dont celui de Bordeaux, installé dans le quartier des Chartrons dans les anciens Chais de Luze. Ce lieu historique du négoce du vin accueille 900 étudiants.

"Nous cherchons à décloisonner au maximum les formations et à pousser les étudiants de différentes filières à travailler ensemble sur des projets qui sont issus de leurs propres initiatives ou qui sont présentés par les entreprises partenaires", explique le président d'Ynov, Lionel Desage, qui défend "la formation de profils hybrides" alliant par exemple technique et ingénierie d'affaire. "Nos formations sont composées de briques majeures sur 5/8e, les 3/8e restant permettent à l'étudiant de choisir entre des spécialités qui sont adaptables chaque année", poursuit Lionel Desage.

Deux nouveaux campus à Montpellier et Lille

Présent à Bordeaux, Paris, Toulouse, Aix-en-Provence, Lyon et Nantes, Ynov s'est construit à coûts de rachats de structures existantes, à l'exception de Lyon et de Nantes. Deux nouveaux campus vont voir le jour : Montpellier ouvrira à la rentrée prochaine de septembre. Lille suivra plus tard. Parallèlement, le groupe a décidé de refondre totalement sa filière animation et d'ouvrir deux nouveaux mastères en septembre prochain : un consacré aux effets spéciaux et l'autre aux jeux vidéo. Deux disciplines en plein essor et pour lesquelles les débouchés sont de plus en plus nombreux, à l'international, à Paris mais aussi en régions. Le développement des acteurs réunis par le pôle image Magelis à Angoulême, celui d'entreprises telles qu'Asobo Studio à Bordeaux, des adhérents de Bordeaux Games ou encore l'arrivée récente d'Ubisoft dans la capitale girondine le prouvent. Ces deux mastères seront dispensés sur les campus de Bordeaux, Paris et Lyon.

Ynov ne devrait pas en rester là. Lionel Desage ne manque pas d'idées pour développer le groupe. "Les jeunes des générations Y et Z ont tendance à rouler pour des projets avant tout. L'entreprise de demain devra être apprenante voire diplômante, analyse-t-il. Nous pouvons imaginer y prendre part avec des écoles en marque blanche ou des modèles différents." La concurrence a beau être forte sur le marché de l'enseignement supérieur et de la formation continue, cela n'effraie pas Lionel Desage. Le dirigeant voit par exemple l'université "plus comme une pourvoyeuse d'étudiants qu'une concurrence. Beaucoup y font trois ans avant de se tourner vers autre chose. Notre salut passe par la capacité à pourvoir des postes dans les entreprises."

Ynov vise 40 M€ de chiffres d'affaires en 2020

Pas de langue de bois, le président d'Ynov, ancien judoka de haut niveau, livre un regard ferme sur le monde de l'enseignement, n'hésitant pas à parler "de distorsion de concurrence" en évoquant "les écoles de management financées par les chambres de commerce et d'industrie" et une université française au sein de laquelle "60 % des étudiants sont en échec. Sans compter qu'elle n'est pas forcément moins chère puisque payée par nos impôts." On le sent plus proche de la fameuse Ecole 42 fondée par Xavier Niel, patron de Free : "On les connaît bien. 42, c'est un formidable paradoxe de l'éducation française. Il n'y a pas de diplôme, pas de professeurs mais elle est formidablement visitée et tous ces visiteurs la trouvent fantastique. Alors que le marché de l'enseignement supérieur ne fonctionne que sur les diplômes !"

Le dirigeant espère faire passer son groupe de 27 M€ de chiffre d'affaires actuellement à 40 M€ à l'horizon 2020. Dans le même temps, il vise à installer tous ses campus dans "des infrastructures immobilières durables". C'est notamment le cas de Bordeaux où les étudiants, 900 actuellement et bientôt 1.000, commencent à être à l'étroit aux Chartrons. Ynov s'est positionnée avec Icade dans le cadre d'un appel d'offres dans le quartier Ravezies et pourrait s'y délocaliser s'il est fructueux.

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