"La concurrence entre les parcs d’attractions n'a jamais été aussi forte"

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Après quinze années passées à la tête du parc, Dominique Hummel s’apprête à quitter le Futuroscope mais il reste directeur de l'innovation au sein de la Compagnie des Alpes (actionnaire à 45 %).
Après quinze années passées à la tête du parc, Dominique Hummel s’apprête à quitter le Futuroscope mais il reste directeur de l'innovation au sein de la Compagnie des Alpes (actionnaire à 45 %). (Crédits : DR)
2 millions de visiteurs en 2017. Un chiffre d’affaires de près de 108 M€. Le Futuroscope de Poitiers, créé en 1987, connait une belle expansion et développe de nouvelles attractions en 2018. L’occasion de faire le point sur les défis auxquels les parcs sont confrontés aujourd’hui. Parmi eux : accélérer les capacités à innover en travaillant autrement. La technologie n’est qu’un moyen selon Dominique Hummel, président du directoire du Futuroscope.

Il quitte le Futuroscope après 15 années passées à la tête du parc. Dominique Hummel, président du directoire du Futuroscope et directeur de l'innovation à la Compagnie des Alpes (actionnaire à 45 %) était hier à Bordeaux pour présenter les chiffres 2017 et annoncer les nouvelles attractions de 2018, notamment une aventure spatiale dans les yeux de Thomas Pesquet, une expérience avec Sébastien Loeb ou encore un spectacle de drones "Drone Academy" développé avec l'entreprise Dronisos basée à Bordeaux. Il a répondu à nos questions sur le défi des parcs d'attractions.

Qu'est ce qui fait qu'un parc d'attraction marche aujourd'hui ?

"Il doit répondre aux fondamentaux et surprendre. Ce que les gens attendent, c'est essentiellement de vivre un moment de partage. Si on n'est pas dans cette capacité à être inter-générationnel, on passe à coté de ce qui est l'attente numéro 1. Ensuite, chaque parc a sa marque de fabrique. Au Futuroscope, on vient pour être surpris autour de ce que l'avenir nous réserve. Donc à nous de bien travailler ce thème. La clé est de trouver l'histoire qui fait sens."

Quelle est la place de la technologie ?

"La technologie, c'est un peu comme en cuisine : peu importe la casserole, du moment que ce soit bon dans l'assiette. Ce ne sont que des moyens à déployer astucieusement pour proposer une belle expérience de visite. Cela passe évidemment par les robots, l'intelligence artificielle, les hologrammes, ou encore l'expérience en 5D. Reste à trouver la manière dont on s'empare d'une technologie pour faire vivre une expérience à 100 personnes en même temps."

Vous restez directeur de l'innovation au sein de la Compagnie des Alpes, premier actionnaire du Futuroscope. Quels sont vos défis ?

"Le défi pour nous aujourd'hui, c'est d'accélérer les capacités à innover en travaillant autrement. Cela veut dire par exemple renforcer le lien avec des startups. Cela peut être aussi, grâce à des technologies comme la réalité augmentée, de faire vivre des expériences nouvelles. L'autre manière d'innover, c'est de mieux comprendre les attentes de nos visiteurs même s'ils ne sont pas capables de les exprimer. Cette méthode, je la déploie au sein de la Compagnie des Alpes. Il s'agit de la pensée design et c'est vraiment très nouveau."

Quelles sont vos sources d'inspiration ? Est ce que d'autres parcs dans le monde vous servent de modèle ?

"Non, il y a des choses intéressantes partout. Chez les historiques bien sûr mais aussi dans les nouveaux pays émergents. Il faut donc être à l'affût. Par ailleurs, je pense que l'on peut trouver des choses très intéressantes loin du métier et se les approprier. L'une des plus belles innovations du Futuroscope, c'est un parcours dans le noir où un non-voyant nous guide pendant 20 minutes. Nous nous sommes inspirés d'une formation proposée dans un hôpital pour sensibiliser le personnel soignant et on en a fait une attraction. Nous n'avons pas trouvé cette idée dans un salon professionnel !"

Comment voyez-vous l'avenir des parcs d'attraction ?

"On est dans une concurrence qui n'a jamais été aussi forte. Il faut donc être capable de dégager des ressources pour investir. Au Futuroscope, nous prenons des risques. La nouvelle attraction avec Sébastien Loeb n'est pas gagnée d'avance mais c'est là qu'intervient notre savoir-faire. En ce qui nous concerne, l'ouverture d'un deuxième parc à proximité du parc historique est envisagée dans les 15 ans à venir pour y intégrer quelque chose de complémentaire, autour de l'eau par exemple. C'est en tout cas une piste."

Le Futuroscope va bien aujourd'hui ?

"La crise du début des années 2000 est en effet derrière nous. Nous avons atteint les 2 millions de visiteurs en 2017 tandis que le chiffre d'affaires s'élève à près de 108 M€. En Nouvelle-Aquitaine, le parc soutient 1.700 équivalent temps plein et génère plus de 88 M€ de PIB. Le Futuroscope est aujourd'hui le deuxième parc français."

Futuroscope

Le Futuroscope © Futuroscope

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