Elise Martimort lance sa 1re collection de robes de mariée

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Elise Martimort fabrique intégralement ses robes de mariée dans son atelier bordelais.
Elise Martimort fabrique intégralement ses robes de mariée dans son atelier bordelais. (Crédits : HL)
La créatrice de mode Elise Martimort, arrivée à Bordeaux en 2010, lance sa première collection de robes de mariée. Elle propose 17 pièces intégralement réalisées dans son atelier situé dans l’hyper-centre de Bordeaux. C'est une nouvelle étape pour cette jeune femme qui crée également des robes de cérémonie sur-mesure et rêve d’ouvrir une maison de la mode régionale pour fédérer tous les acteurs.

"Mon grand-père travaillait dans le vin, moi dans la création de robes de mariée. Ce n'est finalement pas si différent. On parle de robe pour le vin et d'un vin soyeux. Dans les deux cas, le travail est artisanal et la passion est la même." Elise Martimort, 35 ans, est bel et bien une passionnée mais aussi une travailleuse multi casquettes acharnée.

Styliste, modéliste et "petite main"

C'est à Paris qu'elle se lance dans la couture. Une fois son diplôme de l'Esmod en poche, en 2005, elle travaille en tant que styliste dans le prêt-à-porter, modéliste à son compte et "petite main" pour les grandes maisons de couture de la place Vendôme. "Quand on est petite main, il n'est pas rare de travailler des centaines d'heures d'affilée sans dormir. En 2009, au moment de la crise, j'ai dit stop."

Elle arrive sur Bordeaux un an plus tard où elle enseigne en école de mode et à l'université Bordeaux 2. "Cela m'a permis de m'imprégner du monde de la mode bordelais, puis de tester le marché et la clientèle locale avec mes premières créations." Elle ouvre finalement sa boutique en mars 2014 où elle réalise des robes sur-mesure et désormais des robes de sa 1re collection Bohème Chic. "J'ai eu l'idée de la collection en octobre 2016. J'ai sorti 17 robes en un mois, le shooting a eu lieu fin novembre." Une acharnée du travail, le terme est approprié. Elise Martimort le reconnait et en rit.

Elise Martimort

Une des robes de la collection Bohème Chic.

Le développement national en ligne de mire

Cette première collection constitue une première étape vers un développement national.

"A moyen terme je prévois d'ouvrir un show-room à Paris. Par ailleurs, je m'apprête à aller à la rencontre de revendeurs, mais je ne travaillerai qu'avec ceux qui me ressemblent. Ensuite, j'envisagerai le développement à l'international, en Angleterre, en Italie, aux Etats-Unis, en Russie, au Moyen-Orient, en Asie. Partout en fait", sourit-elle.

Mais Bordeaux est et restera sa principale adresse. Elise Martimort compte d'ailleurs ouvrir un deuxième local dans la cité girondine, un atelier-appart dans le même secteur pour former les jeunes à la sortie de l'école. "Le diplôme est une chose mais j'insiste, une bonne couturière, c'est 10 ans de pratique."

Des projets plein la tête

Elise Martimort, qui a des projets plein la tête, rêve également de monter une maison de la mode régionale pour fédérer tous les acteurs locaux : les créateurs, les stylistes, les photographes, les photographes ou encore les fabricants de bijoux.

"Je crois davantage au tissu de réseaux qu'aux événements. Il y a ici beaucoup de monde dans le milieu de la mode, mais les acteurs sont mal répertoriés. Mon idée est de faire rayonner Bordeaux qui sera bientôt à 2 heures de Paris et même de faire venir des entreprises en Nouvelle-Aquitaine. Il faut arrêter d'envoyer tous les jeunes à Paris."

La mise en valeur de l'artisanat

L'artisanat lui tient particulièrement à cœur. Pour ses cartes de visites, les cintres qu'elle utilise ou encore le mobilier, elle a fait intervenir des entreprises locales. Pour ses robes, elle n'a recours qu'au savoir-faire français.

"Les dentelles viennent de Calais. Tout est en coton, pas en synthétique. Je fais venir les soies de Lyon. Pour les doublures en coton, je garderai le secret mais je peux vous dire que c'est ma trouvaille la plus précieuse."

Elise Martimort a également fait parler d'elle lors de la conception d'une robe en chocolat avec Hasnaâ Ferreira, fondatrice de la Maison Hasnaâ Chocolats Grands Crus à Bordeaux. La première réalisée en 2016 tourne encore dans le monde. Une nouvelle robe sera présentée à l'occasion d'un salon à Londres en octobre prochain. Pour la confection, il faut compter environ 200 heures de travail.

Un potentiel de 140 robes par an

Celle qui ne compte pas ses heures au travail ne sous-traite rien. Elise Martimort fait tout : le croquis, la construction de la robe, le prototype, le patronage, la coupe, le montage et les finitions.

"Une robe de mariée sur mesure demande 6 à 8 mois de travail. C'est moitié moins pour une robe de la collection. Il faut compter 4 mois. Les trois premières étapes sautent ce qui nous permet de tirer les prix vers le bas. On propose des robes courtes à partir de 1.200 €, des robes longues à 1.900 €. En moyenne, une robe de la collection coûte 3.000 €. Pour une pièce unique, on tourne autour de 3.500 €", explique Elise Martimort.

Depuis le 1er février, elles sont deux à travailler dans l'atelier. "Avec Alice, nous sommes capables de faire 120 pièces de la collection et une vingtaine de robes uniques par an."

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