Relocalisation : le Basque BMS Circuits souffle le smartphone Kapsys à la Chine

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Seule usine qui produit encore des téléphones mobiles en France, le site BMS Circuits de Bayonne, unité de production du groupe All Circuits, a eu la préférence d'Apsys pour la fabrication du smartphone dédié aux déficients visuels et seniors.
Seule usine qui produit encore des téléphones mobiles en France, le site BMS Circuits de Bayonne, unité de production du groupe All Circuits, a eu la préférence d'Apsys pour la fabrication du smartphone dédié aux déficients visuels et seniors. (Crédits : D.R)
BMS Circuits (Bayonne), société du groupe français All Circuits spécialisé dans l'électronique, vient de décrocher un contrat qui illustre sa compétitivité. La société Kapsys, spécialiste des solutions de mobilités et de communication pour déficients visuels, va faire fabriquer ses smartphones au Pays basque… aux dépens de la Chine.

La décision de Kapsys, leader mondial des solutions de mobilité et de communication pour déficients visuels, créée en 2007 à Mougins, dans la technopole de Sophia Antipolis, de relocaliser la production de ses smartphones en France et à Bayonne chez BMS Circuits en particulier illustre la pertinence de la stratégie mise en place, depuis 2009, par sa maison mère, le groupe français de l'industrie électronique All Circuits (Meung/Loire - Loiret).
Une stratégie de type "usine du futur" d'amélioration de la compétitivité dont la recette de base repose sur l'automatisation et la robotisation de sa production. Une automatisation qui s'accompagne d'une montée en compétence des salariés (à 50 % ingénieurs) et qui se révèle payante assez régulièrement depuis cinq ans. Le nouveau contrat gagné auprès de Kapsys ne faisant qu'illustrer de nouveau la pertinence du modèle de développement de All Circuits (1.500 à 2.000 salariés au total, 320 M€ de chiffre d'affaires en 2016) construit à partir d'une usine d'électronique, MSL Circuits, ex-site Valeo puis Jabil, qui a été renforcée en 2012 par l'apport des sites TIS Circuits à Tunis et BMS Circuits à Bayonne repris à Sagemcom.

BMS Circuits, succès d'une usine du futur ?

Cette fois-ci, via la décision de Kapsys, c'est son site bayonnais, qui emploie 250 personnes et qui est économiquement profitable depuis 2015 à l'issue de cinq années de réorganisation, qui récolte le fruit de cette stratégie.
Récemment doté d'une unité autonome de production, le site bayonnais est désormais capable de répondre dans de très bonnes conditions économiques, mais aussi et surtout de qualité et de rapidité à des demandes de production de grandes séries.
Autant d'atouts qui ont été déterminants aux yeux de Kapsys et de son PDG, Aram Hekimian. La société française a en effet investi, via son smartphone Smartconnect, un "marché de niche", celui des déficients visuels et des seniors qui pèse quand même... 1 milliard d'individus.
Des clients potentiels qu'elle entend donc adresser dans quelques mois avec son smartphone 100 % made in France.

"L'unité de production qui nous accompagne possède toutes les compétences pour répondre à nos besoins spécifiques liés aux smartphones et nous sommes ravis de pouvoir apposer le label Made in France sur nos produits", explique Aram Hakiman.

BMS Circuits

Atelier automatisé de BMS Circuits

Bayonne plus compétitive que la Chinoise Shenzhen

Une belle victoire sur la Chine et ses coûts de production pour BMS Circuits et Bayonne puisque depuis 2010 Kapsys basait la production de son premier accessoire, un navigateur portable vocal pour les déficients visuels, en Chine, à Shenzhen.
Il faut dire que BMS Circuits n'en est pas à son coup d'essai en matière d'électronique de mobilité. L'ancien site qui produisait les téléphones portables de Sagemcom est aussi la seule unité française produisant des téléphones mobiles. C'est elle qui, notamment, fabrique les téléphones fabriqués pour les réseaux spécifiques des compagnies de chemin de fer du monde entier. C'est aussi elle qui fabrique, et ce depuis plusieurs années, les appareils d'aide à la conduite de la célèbre marque Coyotte.
Le groupe All Circuits qui surfe sur une croissance annuelle de 20 %, et vient tout juste d'acquérir, à Angers, un bureau d'étude d'une vingtaine de personnes (Actech) entend continuer de montrer que la filière électronique française a de l'avenir et que ce secteur peut être reconstruit. Ce sera sans doute un des principaux messages que le groupe va envoyer à la délégation des startups innovantes qui participeront au prochain CES (Consumer electronics show) Las Vegas et qu'il accompagnera tout le long de ce salon mondial professionnel de l'électronique grand public.
Il y a quelques mois, Bruno Racault, le PDG du groupe All Circuits, qui finalise actuellement une implantation au Mexique, expliquait dans les colonnes de La Tribune :

"Nous avons parié sur l'automatisation et la qualité afin de nous différencier au maximum de la concurrence, notamment asiatique. Grâce à l'automatisation, la robotisation, nous avons réussi à concilier qualité et réduction de la part de la main d'œuvre dans la production. Elle atteint désormais 5 %, c'est près de 4 % d'écart encore avec la Chine, mais le time-to-market, notre capacité à répondre aux demandes rapidement et à être au plus près des marchés font désormais la différence en notre faveur sur certains contrats", précisait-il.

Une compétitivité qui permet même à All Circuits de réaliser 10 % de son chiffre d'affaires... en Chine et qui classe la société, en termes de rentabilité, nettement au-dessus de son actuel classement de 43e mondial établi en fonction de son seul chiffre d'affaires.

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Commentaires
a écrit le 25/10/2016 à 15:39 :
Merci pour cette bonne nouvelle.

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