Emploi : Juppé autorise Québec à recruter à Bordeaux

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Régis Labeaume, au centre, entouré de André Roy, directeur de l'office de tourisme de Québec, et de Carl Viel, président directeur général de Québec International
Régis Labeaume, au centre, entouré de André Roy, directeur de l'office de tourisme de Québec, et de Carl Viel, président directeur général de Québec International (Crédits : Pascal Rabiller)
Invité d’honneur de Bordeaux Fête le vin, le maire de Québec, Régis Labeaume, profite de son séjour pour jouer les recruteurs de talents français. La ville du plein emploi manque de bras et de cerveaux.

Accompagné d'une délégation de six entreprises des secteurs du numérique et de l'alimentation, le maire de Québec, Régis Labeaume, n'est pas venu en touriste en France même s'il répond à l'invitation de la Ville de Bordeaux qui a fait de sa ville un des invités d'honneurs de Bordeaux Fête le vin.
Pendant les six jours de sa présence, Régis Labeaume entend faire la promotion de Québec et tenter de convaincre les touristes potentiels de la visiter, mais il souhaite surtout persuader les entreprises de la métropole bordelaise qu'il n'existe pas de meilleure porte d'entrée au marché nord américain qu'une installation dans sa ville. C'est d'ailleurs dans ce but qu'il signera, lundi 27 juin, un accord liant Le Camp, son accélérateur-incubateur d'entreprises technologiques, avec Héméra, l'accélérateur de startups numériques bordelais.

"A Québec, pas moins de 25 entreprises utilisent, gratuitement, nos infrastructures, comme l'éclairage public, ou encore les transports publics pour tester leurs solutions, leurs innovations... mieux, nous les payons pour cela, et c'est ouvert à toutes les entreprises françaises", glisse Régis Labeaume au passage.

Attirer des entreprises, mais surtout la main d'œuvre française

L'élu canadien et sa délégation entendent, en jouant les go-between avec les acteurs bordelais, favoriser également l'accès à de nouveaux marchés pour les entreprises québécoises.

Mais le principal sujet de préoccupation de la ville de Québec c'est... son dynamisme économique.
Le moteur économique de Québec, qui tourne à plein régime et semble avoir au moins une décennie de perspectives positives, manque de bras.

"Nos entreprises sont actuellement freinées par le manque de ressources humaines", assure le maire. "Nous sommes, avec 5,2 % de taux de chômage, en situation de plein emploi. Nous avons besoin de main d'œuvre qualifiée, francophone, culturellement proche de nous... et je ne vois pas mieux que les Français pour cela !", ajoute Régis Labeaume.

Plein emploi aussi pour les immigrés

Québec, qui ne veut pas s'attirer les foudres de Montréal ou plus généralement du Québec en draguant des salariés locaux alors que ces territoires manquent eux aussi de bras, profite de son passage bordelais pour convaincre les candidats potentiels à l'immigration.

"Je viens convaincre les Bordelais avec l'accord d'Alain Juppé. Je vous assure que s'il m'avait dit de ne rien en faire, je me serais abstenu, mais Alain estime que Québec peut aussi être le théâtre parfait d'une première expérience professionnelle pour les jeunes diplômés bordelais", assure Régis Labeaume.

Il faut bien reconnaître que les chiffres ont de quoi impressionner les candidats à l'immigration. Le taux de chômage des immigrés n'y atteint pas les 5 % et entre 2013 et 2017, 71.000 emplois ont été ou seront pris par des travailleurs venus de France.

Alors Québec, vrai Eldorado pour l'emploi ?

"Oui si l'on considère que nous avons un pyramide des âges qui entraîne déjà de très nombreux départs à la retraite qu'il faut absolument remplacer car nous sommes dans une longue période de croissance économique. Les besoins des entreprises, mais aussi de ces baby-boomers aisés avides de services sont importants. Nous avons besoin de tous les profils, du soudeur à l'ingénieur informatique. Nous recrutons massivement dans le secteur des assurances, de la banque, du jeu vidéo, des services... Les innovations technologiques sont à l'origine de la création d'un emploi sur deux chez nous."

Et pour celles et ceux qui hésiteraient encore, Régis Labeaume sort le dernier argument de poids :

"Chez nous à Québec les salaires sont très nettement supérieurs, le logement est beaucoup moins cher, du coup le reste à vivre est très correct."

Bref, le rêve américain, version Québec, ressemble à s'y méprendre à un ascenseur social pour les Français.

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Commentaires
a écrit le 07/10/2016 à 14:54 :
Que faut il faire pour postuler un emploi à Québec et dans quels secteur ?

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