"Le financement de la santé arrive à un carrefour"

En matière d'investissement, le secteur de la santé doit réinterroger ses priorités et tout particulièrement l'hôpital. Le point de vue du docteur Philippe Chandernagor, conseiller du Directeur Général de l'Agence régionale de santé Aquitaine Limousin Poitou-Charentes, qui interviendra à l'occasion du Forum Santé innovation du 3 mars à Bordeaux.
Le développement de la e-santé nécessite une réorientation de moyens financiers
Le développement de la e-santé nécessite une réorientation de moyens financiers (Crédits : Décideurs en région)

Philippe Chandernagor participera au Forum Santé innovation organisé par notre média le 3 mars au Centre de congrès de la Cité mondiale, de 8h30 à 13 h. Découvrez le programme, les noms des intervenants et inscrivez-vous gratuitement en cliquant ici.

Vous expliquez que le monde de la santé, et plus particulièrement les structures que sont les hôpitaux et cliniques, arrive à un tournant. Quel est-il ?
"Nous arrivons effectivement à un stade où il va falloir imaginer soigner autrement. Ce changement de modes de faire est dicté par le poids des pathologies chroniques, du vieillissement de la population, l'évolution des techniques mais il est aussi attendu par les patients qui veulent vivre normalement et acceptent de moins en moins un séjour à l'hôpital...
Les établissements doivent donc suivre cette évolution et adapter leurs organisations. Ce nouveau positionnement de l'hôpital dans les processus de soins n'est pas sans provoquer quelques interrogations chez certains qui peuvent ne pas avoir conscience de ce qui est en train de se jouer...
Se pose ainsi la question du pilotage de ces transformations par l'Agence régionale de Santé qui doit elle-même s'adapter et accompagner les établissements - et les mentalités - vers ces nouvelles façons de soigner..."

>> Lire aussi : L'Agence régionale de santé entame son big bang territorial

Quelles sont les conséquences pour les établissements de santé ?
"Le développement des prises en charge en ambulatoire (le "virage ambulatoire" du plan triennal de l'Assurance Maladie) au dépend de la classique "hospitalisation complète" impose de réduire ces capacités d'accueil conventionnelles tout en mobilisant ses ressources techniques et les compétences de son personnel sur la performance des prises en charge : délai courts, qualité des opérateurs, optimisation des dispositifs techniques... Autant dire que l'engagement des établissements dans les constructions immobilières doit être plus que modéré et que les choix d'investissement doivent se rediriger vers tous les outils qui permettront de soutenir ces nouvelles modalités de prises en charge en ambulatoire à l'hôpital et surtout au domicile du patient. Lequel domicile qui devient de plus en plus - et en toute sécurité - un lieu technique de soins et de suivis au long terme.
Ce qui est en question pour un établissement, c'est bien de trouver un juste équilibre financier entre investissement immobilier, qualité des ressources humaines et richesse des équipements en particulier informatiques, système d'information et e-santé."

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Forum Santé innovation, le 3 mars à Bordeaux. Découvrez le programme, les intervenants et inscrivez-vous gratuitement pour y assister

Forum Santé innovation Bordeaux

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Commentaires 2
à écrit le 18/02/2016 à 9:52
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Comme d'habitude les conseillers ne sont pas les payeurs. Le jour ou sieur Chandernagor se coltinera une ALD, il sera bien content de bénéficier des services de l'hôpital !!

à écrit le 18/02/2016 à 9:44
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La santé française sans cesse dégradée à cause des purges d'austérité imposée par l'union européenne et donc par les actionnaires milliardaires doit en effet sérieusement commencer à penser à des alternatives financières. On ne peut pas se passer...

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