Aéroport : Bergerac évite le crash, ses ambitions décollent

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L'aéroport doit annoncer le 9 octobre l'ouverture de nouvelles lignes et de l'arrivée d'une nouvelle compagnie aérienne très connue.
L'aéroport doit annoncer le 9 octobre l'ouverture de nouvelles lignes et de l'arrivée d'une nouvelle compagnie aérienne très connue. (Crédits : D.R)
Il était en bout de piste financière, l’aéroport de Bergerac. Mais le Conseil régional d’Aquitaine a répondu à l’appel au secours du président de la CCI de Dordogne. Non seulement l’aéroport de Bergerac est sauvé, mais il renoue aussi avec l’ambition et avec son projet de faire entrer un acteur privé dans son capital.

Il s'en est fallu de peu. A quelques semaines près, et c'est le président de la CCI de la Dordogne, Christophe Fauvel, qui le dit lui-même, "dès le mois de décembre prochain, l'aéroport de Bergerac se retrouvait en cessation de paiement des salaires et des compagnies aériennes".
Il s'en est fallu de peu, donc, mais in extremis ou presque, la  dernière "fusée de détresse" tirée par Christophe Fauvel a été vue par le Conseil régional.
Pour comprendre ce qui a failli arriver à l'aéroport il faut faire un peu d'histoire.
En 2013, le préfet de région Michel Delpuech demande à la CCI de Dordogne de céder les 20 % de parts qu'elle possède dans le syndicat mixte (Smad) qui porte l'infrastructure aux côtés de la mairie, la communauté d'agglomération de Bergerac (30 %), la communauté d'agglomération du Grand Périgueux (1 %) et le Conseil départemental (49 %).
Le motif est simple : la CCI, parce que le Smad lui a attribué, en 2013, la délégation de service public, est aussi le gestionnaire de l'aéroport. "Nous ne pouvions conserver les deux casquettes, mais le problème c'est que personne, parmi les actionnaires déjà présents, n'était en capacité d'assumer nos 20 % de parts."
Sommée de quitter le Smad, la CCI n'inscrit donc pas les 20 % de participation à son budget annuel en 2015. "C'était d'autant plus difficile que le budget de la CCI avait été amputé de 37 % de dotation de l'Etat et que nous avions été ponctionnés de 6,2 M€ par ce même Etat", concède Christophe Fauvel.
Alors, au sein du Smad, en l'absence de plan B, tout le monde se retourne vers le Conseil régional.

150 à 180 M€ de retombées, 1 M€ de déficit

"Le moteur économique que représente l'aéroport est indéniable. Certes, il accuse 1 M€ de déficit, mais les retombées économiques sur le territoire et qui sont liées aux 300.000 voyageurs passant par l'infrastructure bergeracoise sont évaluées entre 150 et 180 M€/an", explique Christophe Fauvel.
"A la lumière de ces chiffres il semble normal que la Région, qui dispose de la compétence économique prenne le relais...", glisse le président de la CCI.
Normal, mais pas automatique car il aura fallu plusieurs mois pour qu'Alain Rousset, sensibilisé sur le dossier par un énième coup de gueule du président de la CCI de Dordogne sur ce thème, ne prenne la décision de prendre 10 des 20 % disponibles. Une décision qui sera entérinée lors de la commission permanente du 14 octobre.
"In fine, Alain Rousset a choisi l'option la plus intéressante pour l'aéroport", explique Christophe Fauvel. "Il prend 10 % et le Grand Périgueux passe de 1 à 6 % du capital, la communauté d'agglo de Bergerac prenant la différence. Non seulement l'aéroport est sauvé, mais cette décision de l'exécutif régional envoie des signaux très positifs en direction des compagnies aériennes et booste les ambitions de développement de l'aéroport !"

Un privé dans le capital, une zone d'activité en bord de piste

Des ambitions relancées qui vont se traduire, notamment, le 9 octobre avec l'annonce, par l'aéroport de l'ouverture de nouvelles lignes et de l'arrivée d'une nouvelle compagnie aérienne, très connue.
"Par ailleurs, les démarches pour faire entrer des privés dans le capital de l'aéroport, que nous avions mises en sommeil depuis quelques mois en raison des incertitudes qui pesaient sur l'infrastructure, vont pouvoir reprendre", assure ce dernier.
Des contacts avec un "chef d'entreprise qui a des attaches solides en Bergeracois" sont très avancés selon nos informations. Il faudra avant cela que les statuts du Smad évoluent. Le syndicat mixte va sans doute devenir société d'économie mixte, Alain Rousset ne serait pas opposé à cette évolution.
Il ne sera sans doute pas opposé, non plus, au lancement d'un projet de développement d'une zone d'activité autour de l'aéroport de Bergerac. "Il y a là un potentiel économique qui n'a pas été exploité jusqu'à ce jour. Nous allons corriger cela très vite", assure Christophe Fauvel.

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Commentaires
a écrit le 12/10/2015 à 8:07 :
On nous apprend que les salaires ne pourront pas être payés en décembre et on veut nous faire croire encore que cet aéroport d'opérette DEFICITAIRE DEPUIS DIX ANS sera rentable demain ?
a écrit le 04/10/2015 à 11:22 :
On découvre ici que cet aéroport va "être en cessation de paiement". S'il y avait eu effectivement "un potentiel économique" il aurait déjà été exploité dans les dix ans de son existence. Mais comment peut-on prétendre qu'avec une gestion impossible et en répétant les mêmes erreurs on aura, demain, des résultats différents ?
a écrit le 03/10/2015 à 15:34 :
Vous l'avez lue M. Rabiller cette fameuse étude qui prouverait les 150 à 180 M d'euros/an de "retombées" de l'aéroport de Bergerac ? Je suis prêt à parier gros que c'est du flan !
a écrit le 03/10/2015 à 10:45 :
Que les RYANAIR et autres paient au juste prix leurs droits d'utilisation de l'aéroport et arrêtent de faire du chantage. Le contribuable de Dordogne et Aquitain n'a pas à payer pour que nos amis anglais aient leurs billets meilleur marché pour venir dans leurs résidences secondaires et que les low cost exploitent leurs salariés et les collectivités pour faire le maximum de profit. Libéralisme sauvage. Il y a un aéroport à Bordeaux. Si Bergerac veut le sien qu'il assume. C'est facile de faire de la concurrence avec de l'argent public.
a écrit le 02/10/2015 à 16:26 :
On apprend ici que cet aéroport est lourdement déficitaire et on veut nous faire croire que demain son avenir est assuré ? A coups de renflouements financiers d'argent public ?
a écrit le 02/10/2015 à 12:37 :
Les chiffres montrent d'ailleurs la remarquable progression de l'aéroport de Bergerac :
http://www.insee.fr/fr/regions/aquitaine/default.asp?page=conjoncture/specifique/aero_berg.htm
a écrit le 02/10/2015 à 12:24 :
C'est cette nouvelle injection de subvention régionale qui va "sauver" un aéroport qui coûte depuis dix ans un million d'euros annuels au contribuable ?
Bergerac n'est qu'une sous-préfecture... à seulement deux heures de l'aéroport de Bordeaux.

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