Comment le Lacanau Pro surfe la vague grand public

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En surfant sur le succès populaire d'une épreuve organisée en pleine saison estivale, l'organisation du Sooruz Lacanau Pro réussit à boucler son budget en séduisant des sponsors et partenaires parfois éloignés du monde du surf.
En surfant sur le succès populaire d'une épreuve organisée en pleine saison estivale, l'organisation du Sooruz Lacanau Pro réussit à boucler son budget en séduisant des sponsors et partenaires parfois éloignés du monde du surf. (Crédits : Sooruz Lacanau Pro)
Si elle a perdu un tout petit peu de son prestige, le Lacanau Pro reste un rendez-vous capital du surf mondial. Un évènement qui a su s’adapter aux difficultés économiques de la filière en jouant, notamment, la carte du grand public sans négliger celle des initiés.

On peut être la plus vieille compétition professionnelle de surf en France et conserver la souplesse et le sens de l'équilibre qui permettent d'appréhender les plus scélérates des vagues créées par les soubresauts de l'économie.
Créée en 1979, le Lacanau Pro, dite French Pro sur le circuit mondial a très vite été un rendez-vous incontournable pour l'élite mondiale, à l'image des Tom Curren, Martin Potter, Gabriel Medina ou encore Kelly Slater, qui est venue chaque été en Gironde pour se construire un palmarès ou confirmer sa suprématie.
Certes, depuis quelques années, le French Pro, désormais Lacanau Pro, a perdu sa sixième étoile (les épreuves de surf sont classées de une à six étoiles) et quitté l'élite des épreuves mondiales qui mobilise les 34 meilleurs surfeurs du monde (le Top 34). Pour autant, l'épreuve reste qualificative pour ce Top 34 et reste donc le tremplin idéal des surfeurs cherchant à intégrer le circuit des plus importantes épreuves du circuit mondial.
Si elle reste donc extrêmement relevée, l'épreuve a dû adapter son budget aux conséquences économiques immédiates du léger déclassement, mais surtout à la conjoncture économique devenue plus difficile pour un petit monde du surfwear qui constitue l'essentiel des sponsors et partenaires des épreuves professionnelles.

Des partenariats qui se font de plus en plus attendre

Elle a d'abord limité au maximum ses frais, repris en main une bonne partie des prestations qu'elle confiait à des entreprises sous-traitantes, à l'image des relations presse par exemple.
Des relations qui sont assurées par un bénévole, Pierre-Olivier Mazoyer, qui, quand il n'est pas à Lacanau, occupe un poste de responsable des achats à Albi...
Elle s'est aussi adaptée à une tendance anxiogène, voire usante : les prises de décisions d'accompagnement, ou non, de plus en plus tardives de la part de sponsors et partenaires qui, eux aussi, manquent de visibilité sur leurs budgets de communication.

Enfin, l'équipe organisatrice a su adapter son approche du sponsoring à la spécificité du Sooruz Lacanau Pro : l'épreuve est la seule de France à se dérouler au cœur de la saison touristique : du coup son public (350.000 personnes environ sur le sable) dépasse largement les seuls pratiquants ou puristes du surf comme c'est le cas lors d'épreuves organisées hors saison, comme la Quiksilver et Roxy Pro d'Hossegor (du 6 au 17 octobre) qui, elle, fait partie du circuit mondial des 11 plus grandes épreuves de surf professionnel.

800.000 € de budget d'organisation, 100.000 $ de prix

"Le positionnement dans le calendrier des épreuves du Sooruz Lacanau Pro nous a permis de ratisser plus large au moment de chercher des sponsors et partenaires", explique Pierre-Olivier Mazoyer.
"Ces derniers ont l'occasion, en nous accompagnant, de toucher une public large, beaucoup plus large que celui des seuls amoureux et/ou pratiquants du surf. Du coup, nous pouvons séduire des marques, des sociétés qui ne sont pas directement liées au monde de la glisse, mais qui veulent toucher les vacanciers." Une stratégie grand public qui déplaît sans doute aux "puristes" qui ne se reconnaissent pas forcément dans le village partenaires actuel...
Peut-être, mais cette stratégie, qui consiste à tenter de concilier réalisme économique et "surf attitude" n'a pas rebuté les partenaires historiques du monde du surf, comme la marque Sooruz par exemple, et surtout elle a permis, cette année encore, à l'organisation de la compétition (10 bénévoles hors épreuve, 80 pendant la compétition) de réussir à boucler un budget de 800.000 euros (dont 50 % environ en échanges marchandises et prestations) et de distribuer 100.000 dollars de prix aux compétiteurs (16.000 $ pour le vainqueur 2015 : le Français Maxime Huscenot).

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