Tamashare ringardise la réunion physique et la visioconférence

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A partir d'une plateforme de jeu, Tamaplace a mis au point une application de salle de réunion virtuelle qui a beaucoup d'atouts pour séduire les marchés émergeants du travail collaboratif et du télétravail.
A partir d'une plateforme de jeu, Tamaplace a mis au point une application de "salle de réunion virtuelle" qui a beaucoup d'atouts pour séduire les marchés émergeants du travail collaboratif et du télétravail. (Crédits : Tamaplace)
C’est à partir d’une technologie élaborée par des ingénieurs cherchant à dématérialiser des jeux de société qu’est née la société bordelaise Tamaplace. Elle propose Tamashare, un logiciel de virtualisation et de sécurisation de réunion. Tamaplace propose, ni plus ni moins, un outil unique et bon marché qui pourrait bien ringardiser le principe même des réunions physiques. Tamashare révolutionne les activités collaboratives à distance en y ajoutant une couche “sécurité” totalement inédite.

Il cherchait et il a trouvé, à l'issue de huit années de développement, le moyen de dématérialiser n'importe quel jeu de société tout en conservant, même si chacun des participants fait face à son ordinateur, tout ce qui fait la convivialité d'une partie "physique".

Pierre Salinas, ingénieur informaticien (ex-Kalisto, Thales, Steek et FSecure), et l'équipe de la startup Tamaplace (4 salariés) ont mis au point une technologie et une interface ultra intuitive qui permet à chacun des participants d'avoir l'illusion d'être placé autour de la même table de jeu. Si l'univers du jeu semble mettre un peu de temps à intégrer les opportunités économiques de Tamaplace, l'univers du business semble avoir compris l'usage qu'il pouvait en faire.

"Avec Pierre Salinas, qui est notre directeur de l'innovation, et après avoir senti les besoins des entreprises en salle de réunion virtuelle permettant des échanges visuels, de paroles et de documents, les plus naturels possible entre participants, nous avons décidé d'adresser cette technologie à des produits B to B", explique Yannick Brudieux, directeur général de Tamaplace. "Nous avons lancé Tamashare, une application qui réunit tout ce que proposent Skype, Hangouts, Dropbox, les logiciels de bureautique... et qui, une fois installée sur l'ordinateur ou la tablette, permet de participer à une réunion"...

Tamashare réunit le meilleur des technologies permettant les visioconférences, les activités collaboratives à distance... et les optimise.

Réunions virtuelles, sécurité réelle

"Nous avons créé une application dont l'utilisation ne nécessite qu'un minimum de formation. L'interface de Tamashare reprend tous les codes de la réunion physique. Une table commune, centrale, visible par tous les participants via leur ordinateur ou tablette. Cette ergonomie est encore plus frappante si les participants disposent d'un écran tactile qu'on peut mettre en position horizontale", explique Pierre Salinas. "Chaque intervenant entend et voit les autres participants. Chacun visualise les documents "posés" sur la table. Chacun peut travailler sur les documents présentés, apporter des modifications en temps réel si besoin est."

Un travail qui n'est rendu possible que si l'entreprise organisant la réunion dématérialisée souscrit un abonnement mensuel. Une "location de salle virtuelle" en quelque sorte, commercialisée 19 € pour une réunion de 6 personnes maximum, et 39 € par mois pour des réunions de 20 personnes... même si Tamashare propose à tout nouveau client de tester gratuitement la solution pendant 30 jours.

Aujourd'hui, par le simple bouche-à-oreille, 1.000 personnes ont choisi d'utiliser l'application qui vient d'obtenir la médaille d'or de l'IT Night, dans la catégorie "transformation collaborative et numérique".

Tamashare est une solution de travail collaboratif qui bannit les distances, s'émancipe de beaucoup de contraintes techniques puisque le débit requis pour accéder à la salle de réunion virtuelle est modeste. "Notre algorithme permet de travailler malgré de faibles débits", assure Pierre Salinas.

Tamashare s'avère, selon ses créateurs, totalement sécurisée. Fini la peur des micros cachés, des papiers qui trainent en fin de réunion...

"Nous avons pensé le modèle de manière à lever tous les freins techniques, pratiques et surtout ceux qui sont liés à la sécurité, donnée capitale pour les entreprises", précisé Yannick Brudieux.

Dans les faits, la techno Tamashare, brevetée en France, en Europe du Nord et en Amérique du Nord, ne stocke aucune donnée de la réunion dans un serveur distant. Les images sont cryptées en permanence, elles passent par un serveur en temps réel, français (un serveur de la société parisienne OVH, NDLR), sur lequel elles ne font que passer.

"Quand les participants quittent la salle de réunion, ils partent avec toutes leurs informations, leurs documents. Aucune sauvegarde ne se fait ailleurs que sur leur disque dur."

Cap sur une levée de fonds en 2016

La sécurité de son système permet à la société Tamaplace de proposer son application et ses services dans les secteurs sensibles à cette notion comme la médecine, la télémédecine, le secteur des banques et des assurances...

"Partout où le travail à distance, le travail collaboratif est possible, notre solution est  utilisable. Pour le moment, ce marché du travail collaboratif est embryonnaire en France, mais il est beaucoup plus développé à l'étranger. C'est d'ailleurs à une société suisse, spécialisée dans le design, que nous avons vendu nos premières salles de réunion virtuelle. Ceci dit, plus près de nous, c'est une société bien française, le Château de Malleret, qui organise ses réunions d'actionnaires via Tamashare. Notre société, qui a réalisé 55.000 euros de chiffre d'affaires en 2014 et vise 250.000 euros cette année, souhaite surtout vendre de la licence aux éditeurs de solutions collaboratives. Nous avons vocation à être embarqués dans les futures tables et écrans d'ordinateurs tactiles dont le développement est exponentiel."

Commercialement, Tamaplace va devoir se muscler pour prendre place sur le marché potentiel qui semble lui tendre les bras.

"Nous sommes soutenus actuellement par Bpifrance, la région Aquitaine et nous autofinançons l'essentiel de nos investissements, mais pour passer un nouveau cap, nous réfléchissons à une première levée de fonds d'environ 2 M€ d'euros au début de l'année 2016", annonce Yannick Brudieux.

En attendant, l'interface qui a permis la création de l'application de réunions virtuelles Tamashare, issue du monde du jeu de société (Tamagame), va connaître des déclinaisons. C'est déjà le cas, avec Interschool, application dédiée à l'éducation et testée par Bordeaux International School, qui devrait être commercialisée début 2016. Sur le site Aerocampus de Latresne (33), dédié à la formation aux métiers de la maintenance aéronautique, les tables tactiles "embarquent" la technologie Tamaplace. Une techno qui est associée au programme MAEVA, portant sur la "maintenance aéronautique du futur" cher au pôle de compétitivité mondiale Aerospace Valley.

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Commentaires
a écrit le 20/05/2015 à 1:04 :
La géolocalisation de l'info commence à me fatiguer. Je ne lis pas la Tribune pour qu'elle fasse le tri de mes news.

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