UGCB, la "machine de guerre" promotionnelle des bordeaux

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Outil promotionnel unique dans le monde du vin, l'Union des grands crus de Bordeaux véhicule le vin et l'art de vivre à la française dans le monde entier
Outil promotionnel unique dans le monde du vin, l'Union des grands crus de Bordeaux véhicule le vin et l'art de vivre à la française dans le monde entier (Crédits : A. Benoît (Deepix))
Créée en 1973, l'Union des grands crus de Bordeaux est une association qui regroupe 133 crus, classés ou non, des différentes grandes appellations de Bordeaux. Ce regroupement est devenu, au fil du temps, un outil de communication incontournable pour la filière bordelaise, voire, régulièrement, un "défricheur" de futurs marchés. Bref, au final, et même si ce n’est pas sa vocation : un outil commercial majeur pour les grands bordeaux.

Inutile d'essayer de joindre Jean-Marc Guiraud et son équipe avant la fin de la semaine des primeurs qui débute le 31 mars et s'achève le 5 avril. Le directeur de l'Union des grands crus de Bordeaux (UGCB), qui tenait son AG hier à Malartic-Lagravière (Léognan), est "overbooké". Il dirige la principale structure organisatrice d'une semaine commercialement et donc financièrement cruciale pour ses membres. Ces derniers vont jouer très gros, la semaine prochaine, en présentant leur production millésimée "2014" aux principaux acheteurs et journalistes spécialisés du monde entier (5.000 inscriptions enregistrées cette année par l'UGCB).

Cette semaine des primeurs repose sur un principe vieux de deux siècles : en proposant aux négociants, des vins non finis, dits "primeurs", qui ont encore besoin de 18 mois d'élevage en barriques, les châteaux engrangent de la trésorerie immédiate. Le négoce, lui, accepte le risque potentiel, concernant la qualité du futur vin livrable en bénéficiant d'un prix (fixé dans quelques semaines) décoté sur des bouteilles qui seront mises sur le marché deux ans après la transaction.

Primeurs 2014 : opération (re)séduction ?

Après trois millésimes rendus "compliqués" par les conditions météo... et le climat des affaires, l'UGCB attend beaucoup de ce 2014 prometteur et pour lequel les prescripteurs et acheteurs semblent marquer un véritable intérêt.

"Les consommateurs n'avaient pas envie des 2011, 2012, 2013, mais ce 2014, un bon millésime produit en quantité honorable, va relancer l'intérêt et permettre des sorties à des prix... normaux", lâchait hier son président, Olivier Bernard, propriétaire du Domaine de Chevalier (Pessac-Léognan).

Mais la semaine des Primeurs, si elle bénéficie chaque année, d'un coup de projecteur médiatique à la hauteur des économiques, n'est pas, loin s'en faut, la seule action de mise en lumière des grands crus bordelais de la part de l'UGCB.
Le regroupement de 134 crus classés, ou pas d'ailleurs, provenant uniquement des appellations les plus "nobles" de la Gironde, du Médoc, des Graves et Pessac-Léognan, de Sauternes et Barsac, de Saint-Emilion et de Pomerol (5.000 hectares de vignobles, 2.500 salariés permanents - 7.000 temporaires - 236.000 hectolitres de production annuelle et 300 M€ de chiffre d'affaires au total) est devenu, depuis sa création en 1973, un outil de promotion unique au monde.

365 jours de promotion = 100 tours du monde

Un outil qui a su fédérer des grands crus qui mettent près de 4 M€ en commun pour "voyager groupé" pour entretenir l'image de leurs vins de Bordeaux sur des marchés historiques, mais aussi sur des marchés potentiellement en devenir.

"Avec l'UGCB, nous voyageons beaucoup, nous sommes en permanence en train de présenter nos produits à des clients ou des prospects", souligne Ronan Laborde, dirigeant du Château Clinet (Pomerol). "En un an, j'ai comptabilisé 60 actions de promotion. C'est énorme... et indispensable, car il faut occuper le terrain du marché mondial quand le marché se tend. Nous n'avons jamais autant voyagé que ces 10 dernières années !"

Une stratégie d'occupation du terrain, de missions qui ont permis en 2014 aux membres de l'UGCB de faire déguster 50.000 clients quasi essentiellement à l'export puisque plus de 80 % de la production des grands crus bordelais sont vendus hors de France. De fait, les membres de l'UGCB ont totalisé l'an dernier 3,8 millions de kilomètres parcourus... soit 100 tours du monde.

"Défricheur de marchés, ouvreur de pistes commerciales"

On parle bien de dégustations et de missions de communications, de rencontres, pas de rencontres d'affaires, car le caractère collectif de ces actions implique une règle stricte : tous les crus sont présentés de manière équivalente et aucune donnée commerciale n'est transmise aux visiteurs.

"La commercialisation relève de la place bordelaise. Les missions de l'Union sont l'occasion pour les propriétaires, qui doivent assister aux évènements et accompagner leurs vins, de rencontrer les grands acheteurs de leurs crus. Elles leur permettent aussi de savoir comment, dans quelles conditions, leurs vins sont commercialisés", a analysé, hier, un membre de l'UGCB.

"Nos actions promotionnelles entretiennent l'image des grands crus de Bordeaux à travers le monde, mais, parfois, elles permettent aussi d'explorer de nouveaux marchés potentiels, comme récemment au Vietnam, à Hanoï par exemple", explique Ronan Laborde. "Nous sommes, en quelque sorte, des défricheurs de terrain, nous ouvrons des pistes pour les équipes commerciales du négoce international de nos vins !"

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Commentaires
a écrit le 26/03/2015 à 20:29 :
...pour une structure de comm peut largement mieux faire ! ...mais sûrement à l'image de la vieille France à l'étranger, se repose sur ses lauriers.
a écrit le 26/03/2015 à 18:52 :
Sauf que depuis 40 ans où je perçois une uniformisation désagréable des Bordeaux, je me tourne de plus en plus vers les Vignerons Indépendants... Le commercial est une chose. Certainement bonne à l'export. La connaissance en est une autre...

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