Depuis Bordeaux, SFRI investit au Cameroun et à Milan

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Gilles Mougin, PDG de SFRI, Pierre de Gaétan Njikam-Mouliom, adjoint au maire de Bordeaux, et le professeur Jean-Louis Essamé Oyono
Gilles Mougin, PDG de SFRI, Pierre de Gaétan Njikam-Mouliom, adjoint au maire de Bordeaux, et le professeur Jean-Louis Essamé Oyono (Crédits : DR)
Spécialiste dans le développement d’instruments d’analyse et de réactifs en hématologie et biochimie, SFRI, qui vend 95 % de sa production à l’étranger, s’attaque au marché de l’immunologie et vient de conclure un accord clé avec le Cameroun.

"Schématiquement, notre business modèle c'est Nespresso avec ses machines à café et ses capsules. SFRI vend des automates et des réactifs, qui comme les capsules de café peuvent être utilisées dans toutes nos machines. Pour les analyses en hématologie, les automates c'est très pratique, avec les réactifs ça permet par exemple de savoir presque instantanément combien vous avez de globules rouges et de globules blancs dans le sang, au lieu de les compter un par un au microscope" illustre Gilles Mougin, PDG de SFRI, une PME fondée en 1977 qu'il a reprise en 2004.

Installée à Saint-Jean-d'Illac (agglomération de Bordeaux) SFRI, qui emploie 25 salariés pour un chiffre d'affaires de l'ordre de 5 M€, fabrique des automates d'analyse en hématologie et biochimie et les réactifs qui vont avec. L'an dernier SFRI a ainsi mis sur le marché un nouveau compteur de cellules à faible cadence, le Hemix 3-30, adapté aux besoins des très petits laboratoires d'analyse biologique, avec une consommation réduite en réactifs.

Dans plus de 80 pays

Si ses clients sont essentiellement des petits laboratoires d'analyse, SFRI compte désormais Médecins sans frontières (MSF) parmi ces derniers. Malgré sa taille modeste, SFRI vend ses automates et ses réactifs dans plus de 80 pays émergents, avec une présence marquée en Inde et de grandes ambitions au Cameroun. SFRI intervient partout sauf en Amérique du nord, en Europe et au Japon... L'analyse comparative faite par Gilles Mougin des deux plus grands pays émergents de la planète est très tranchée.

"En Inde, où j'ai 15 commerciaux, SFRI fait du volume, ce qui permet de réduire les coûts de production. C'est un marché immense et facile d'accès, mais le client y est très exigeant. Au contraire l'accès en Chine, où j'ai un commercial, est difficile. Il faut compter un an ou plus pour l'homologation, et c'est souvent un marché de bakchichs" juge-t-il.

Les automates, "des produits fabriqués en propre pour la plupart", sont développés en partenariat avec d'autres entreprises et assemblés en France, Europe et Asie, tandis que la fonction recherche et développement - centrée sur les réactifs -, est à Saint-Jean-d'Illac, où travaillent en particulier trois chimistes.

Croissance externe en Italie

Centrée jusque-là sur les marchés de l'hématologie et de la biochimie, SFRI est en train de prendre un virage historique vers l'immunologie avec la prise de contrôle, en janvier dernier, d'une petite entreprise de Bologne (Italie) spécialisée dans le développement d'automates pour les analyses en immunologie. Ce qui a conduit Gilles Mougin à créer une filiale à Milan.

"L'achat n'a pas été très important, ce qui va nous coûter c'est la mise en route de la R&D. Cette société travaillera également pour d'autres clients que SFRI. A l'origine, rappelle le PDG, SFRI intervenait en immunologie, un secteur noble et très très règlementé. Avec cette acquisition, poursuit-il, nous allons développer une gamme de réactifs adaptés aux automates dans cette spécialité. Il s'agit, par exemple, d'identifier les infections par le virus du Sida ou de nombreuses autres pathologies. Jusque-là, rajoute Gilles Mougin, nos clients étaient essentiellement de petits laboratoires, les plus importants traitant avec de grandes firmes japonaises ou américaines. Mais avec notre montée en gamme, il n'est pas impossible que nous commencions à vendre à de gros opérateurs sur le marché".

Pour chapeauter cette acquisition, le PDG annonce la création d'un groupe baptisé Neovitea.

Transfert de technologie au Cameroun

Par ailleurs, l'implication de SFRI en Afrique se traduit notamment par la mise en place d'un important partenariat avec les autorités sanitaires du Cameroun. La PME a accueilli début mars une délégation de ce pays menée par le professeur Jean-Louis Essamé Oyono, directeur général de l'Institut de recherche médicale et d'études de plantes médicinales (IMPM) CamDiagnostic, qui dépend du ministère de la Recherche scientifique et de l'innovation du Cameroun. Objectif : construire dans ce pays une usine de réactifs en hématologie et biochimie.

"Les automates consomment des réactifs et au Cameroun il y a une rupture de stock. Le projet mené avec le professeur Essamé Oyono consiste à réaliser un transfert de technologie avec la construction de cette usine pour que le Cameroun puisse disposer d'une unité où préparer les poudres afin de garantir un approvisionnement de qualité en réactifs des laboratoires d'analyse" observe le PDG.

SFRI est présent au Cameroun depuis sept ans et a déjà installé sur place tout un parc d'automates. Ce projet s'accompagne d'un programme de formation des laborantins. "Une partie de l'opération sera financée par SFRI dans le cadre d'un partenariat public privé. Le montant des investissements n'est pas encore arrêté", relève le dirigeant. Avec ces nouveaux développements, Gilles Mougin veut porter son chiffre d'affaires à 10 M€ d'ici quatre ans.

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Commentaires
a écrit le 02/05/2016 à 12:30 :
Informations et renseignements sur les automates de SFRI biochimie, hématologie, ..

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