Jaidemaville veut mettre le citoyen au cœur des préoccupations

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Baptiste Yvenat et Julien Boyé, fondateurs de Jaidemaville
Baptiste Yvenat et Julien Boyé, fondateurs de Jaidemaville (Crédits : Agence Appa)
La 1re édition du Forum Smart City Bordeaux aura lieu le 3 avril. L'événement, organisé par La Tribune - Objectif Aquitaine et La Tribune en partenariat avec Bordeaux Métropole, s'intéressera à la question de la ville intelligente. D'ici là, notre journal mettra en lumière plusieurs initiatives locales liées au thème de la smart city. Premier focus de cette série avec Jaidemaville.

Deux anciens de Sup de Pub Bordeaux, Julien Boyé et Baptiste Yvenat, sont à l'origine de Jaidemaville, une plateforme numérique participative déclinée sous la forme d'une application web et mobile via laquelle les citoyens peuvent signaler à leur mairie un événement, un dysfonctionnement,... rencontré sur la voie publique.

Tout part d'un sentiment d'agacement. Julien Boyé, alors étudiant, en a assez des nids de poule sur les routes, des poubelles éventrées sur les trottoirs... et surtout d'entendre les gens se plaindre et de voir que si une bonne âme fait l'effort de signaler le problème, le retour de la collectivité se fait souvent attendre. L'idée lui vient en tête il y a cinq ans mais à cette époque, le numérique n'est pas ce qu'il est aujourd'hui. Depuis janvier 2015, elle a donné naissance à Jaidemaville. Associé à Baptiste Yvenat, Julien Boyé démarche les collectivités territoriales pour proposer leur service de démocratie participative. Le principe : via une application ou un site Internet, Monsieur X peut faire remonter une information sur un problème rencontré en ville, sur la route... D'autres citoyens peuvent soutenir l'information s'ils ont eux aussi rencontré ce problème. Ce dernier remonte à la collectivité qui fera son nécessaire pour régler le souci en envoyant un des ses agents directement via le back office du service, vendu aux institutions. Ce back office permet également aux collectivités de récolter de la data et d'avoir accès à des statistiques sur les zones où il y a le plus de signalements, la nature de ceux-ci... et ainsi de gagner en efficacité et en rapidité sur les interventions.

Un même service de Tours à Bordeaux

Fini les services "Allo mairie" en service depuis dix ans ou les applications propres à chaque ville, Jaidemaville est utilisable que l'on habite à Bordeaux ou qu'on soit en week-end à Toulouse, Tours...

"De nombreuses communes ont une application en marque propre mais ça vieillit très vite et le numérique n'est pas leur métier. Ces applications sont très peu utilisées. Nous proposons un même système pour tout le monde afin de mettre le citoyen au cœur des préoccupations et de créer un réflexe citoyen. Personne n'avait encore pensé à rassembler les collectivités territoriales sur une même plateforme alors que dans l'hôtellerie, ça se fait depuis longtemps avec Booking", explique Julien Boyé.

A ce jour, Jaidemaville compte 1.000 utilisateurs et est en contact avec 150 collectivités pour des signatures de contrat. Ce qui ne les empêche pas de leur faire remonter les informations afin de prouver qu'il y a une réelle demande des citoyens. "Le plus dur est de convaincre les collectivités territoriales. Le plus souvent, elles demandent : "Qui vous avez ?" C'est notre carte de visite", ajoute Baptiste Yvenat. La startup de quatre personnes est en discussion avec Bordeaux Métropole. S'ils venaient à signer, la carte de visite devrait considérablement s'alourdir.

Pour acheter le service, une licence annuelle (990 €) doit être souscrite, le prix de l'abonnement dépend ensuite de la taille de la ville (450 € HT par mois pour une commune de la taille de Mérignac et ses 65.000 habitants, 250 € HT pour une ville de moins de 10.000 habitants...). Des abonnements volontairement accessibles afin d'attirer les communes. Les deux garçons, qui entendent faire de Jaidemaville le Waze (startup israélienne qui a développé une application GPS dite "communautaire" revendue depuis à Google pour plus d'un milliard de dollars) du domaine public, ont de grandes ambitions et n'ont pour l'instant dévoilé qu'une partie de l'iceberg. Via Keyclic, la société qui développe Jaidemaville, ils ont pour objectif de décliner leur modèle aux syndics de copropriétés, hôtels, hôpitaux, grosses entreprises... et ce dès la rentrée 2015. Une manière selon eux de développer une société innovante, d'optimiser les coûts et de faire remonter l'information à sa source.

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