Avec Gablys, l’objet se rappelle à votre souvenir

La France serait-elle un pays d’étourdis ? Difficile à dire mais en tout cas, c’est en France que les initiatives qui vont à leur secours, via les objets connectés, sont sans doute les plus nombreuses. La société Netwyse Labs, basée à Bordeaux, filiale de la société parisienne Netwyse, fait partie de celles-là. Son Gablys, porte-clés connecté au smartphone, semble être une des solutions les plus complètes du marché pour éviter les pertes, les oublis, voire les vols.

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C'est la filiale bordelaise de Netwyse (Paris), Netwyse Labs, qui développe Gablys, l'objet connecté anti-étourdi... ou voleur
C'est la filiale bordelaise de Netwyse (Paris), Netwyse Labs, qui développe Gablys, l'objet connecté anti-étourdi... ou voleur (Crédits : Netwyse Labs)

Créée en 2002 à Paris par Albert Proust, ingénieur électronique passé sur les bancs d'HEC, la société Netwyse est spécialisée dans le conseil et le développement d'applications web, les problématiques de R&D informatiques pour des entreprises, généralement des grands comptes comme Renault ou encore Lisi Aerospace (groupe industriel qui compte notamment l'ex-usine Creuzet de Marmande dans son périmètre). Il y a trois ans, à partir de travaux de recherche réalisés pour mettre au point un outil d'autodiagnostic automobile qui n'a finalement jamais été commercialisé, est né Gablys.

"Le projet s'est avéré trop lourd financièrement pour notre petite structure, explique Albert Proust, mais nous avons mis à profit toute la R&D déployée pour ce module, notre maîtrise de la techno Bluetooth 4.0, les capteurs de température, l'accéléromètre embarqué, les leds... au service d'un outil totalement différent."

Cet outil, c'est Gablys, un objet connecté associé à une application IOS ou Android embarqué sur un smartphone.

"L'idée est née à l'initiative d'un ingénieur de la boîte, qui a tenté de trouver une solution à mes oublis chroniques de téléphone portable et de clefs", ajoute Albert Proust.

25.000 exemplaires vendus entre septembre 2014 et janvier 2015

L'ingénieur bricole un boîtier capable de sonner, de signaler sa présence en clignotant via trois leds multicolores. Après avoir benchmarké et "remarqué qu'aux USA, une société, TILE, cherchait à lever des fonds pour un produit similaire", Netwyse décide de proposer une solution capable de prévenir avant que l'on perde ses affaires via la mise en place d'une sorte de barrière virtuelle qui fait que dès que son Gablys s'éloigne à plus de 15 mètres, le smartphone auquel il est connecté émet immédiatement une alerte. Mieux, le capteur de mouvement intégré peut prévenir si quelqu'un touche ou déplace l'objet qui lui est associé.

Albert Proust recrute un designer et décide de créer un prototype de ce qui allait devenir, trois ans plus tard, le Gablys qu'on connaît et qui, entre sa mise sur le marché en octobre 2014 et fin décembre 2014 s'est écoulé à 11.000 exemplaires, puis à 25.000 exemplaires à la fin janvier 2015, à 39 € l'unité en magasin et sur le site Internet de la société Netwyse Labs, filiale de Netwyse dédiée à la R&D et aux objets connectés qui, elle, est installée à Bordeaux.

A Bordeaux, Netwyse Labs a un fablab privé... ouvert aux projets tiers

"Netwyse Labs a été créée à Bordeaux, d'abord parce que j'adore la ville et sa région, le bassin d'Arcachon notamment. C'est aussi parce que nous n'avons eu aucun mal à recruter les 6 ingénieurs et designers qui compose son équipe... alors que nous avons échoué à attirer des talents à Paris !"

C'est donc depuis Bordeaux que l'équipe de Netwyse Labs développe Gablys et les objets connectés de la société. Pour la R&D de Gablys, la structuration de la société, son équipement en outils qui en font un véritable fablab (machines permettant de réaliser des pré-séries, imprimante 3D...) privé "mais ouvert à toutes les sociétés qui veulent tester leurs projets ou produits", précise Albert Proust. Netwyse Labs a investi 500.000 € au total. "Uniquement via une levée de fonds en financement participatifs et des fonds privés" ajoute l'ingénieur.

Dans les prochaines semaines, des fonctionnalités supplémentaires seront ajoutées par Netwyle Labs aux prochaines versions de Gablys.

"L'accéléromètre offre des possibilités de services très nombreuses. D'autres capteurs que nous avions développé pour l'outil d'autodiagnostic vont enrichir Gablys... mais aussi d'autres produits connectés."

Technologie connectée... bientôt embarquée ?

Le cœur de "l'intelligence" de Gablys, le module électronique qui fait toute sa valeur ajoutée, va vraisemblablement être prochainement embarqué dans d'autres objets.

"Nous sommes en discussion avec différentes sociétés internationales. Je ne peux rien dire, mais nous sommes en pourparlers avec des licences qui nous ont comparé à la concurrence, et qui semblent vouloir, pour faire de leurs produits des objets connectés, opter pour nos solutions 100 % made in France..."

S'il l'assume, Albert Proust reconnaît que ce choix de fabriquer la totalité du produit, notice et emballages compris en France, ne s'est pas avéré simple.

"Entre le prototype de février 2014 et la signature pour l'industrialisation, il s'est passé sept mois, le temps d'identifier clairement nos différents fournisseurs qui sont à Clermont-Ferrand pour une partie, à Bordeaux, Lyon et Chollet pour les autres. L'électronique est assemblée dans les Yvelines. Sept mois, c'est très long dans notre business... mais la qualité de notre produit est au rendez-vous."

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Commentaire 1
à écrit le 11/08/2015 à 14:48
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