Les Bordelais, ces "bons élèves de la classe" French Tech

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Julien Parrou, Virginie Calmels, Agnès Grangé, Emmanuelle Ajon et Christophe Charle ont donné quelques indications sur le plan d'actions de French Tech Bordeaux
Julien Parrou, Virginie Calmels, Agnès Grangé, Emmanuelle Ajon et Christophe Charle ont donné quelques indications sur le plan d'actions de French Tech Bordeaux (Crédits : Appa)
Quelques heures avant le 4e grand rendez-vous du comité French Tech Bordeaux, les principaux acteurs de la labellisation ont dévoilé les grandes lignes du plan d’actions bordelais. L’occasion également de présenter le Collège des entrepreneurs du conseil stratégique de la French Tech Bordeaux, présidé par Christophe Charle, fondateur de Cdiscount, et Thomas Baudin, directeur délégué du comité bordelais.

Après le temps de la labellisation, est venu celui de l'action. Ce matin, étaient réunis Virginie Calmels, adjointe au maire de Bordeaux, élue en charge du projet French Tech à Bordeaux Métropole, Emmanuelle Ajon, conseillère régionale d'Aquitaine, Agnès Grangé, pilote de la coordination avec les acteurs économiques, Christophe Charle, président du Collège des entrepreneurs du conseil stratégique de la French Tech Bordeaux (fondateur de Cdiscount et PDG fondateur de MyDesign) et Julien Parrou, PDG fondateur du Groupe ConcoursMania, membre du Collège des entrepreneurs, pour distiller les éléments qui feront l'après labellisation French Tech.

Désireux de donner seulement quelques pistes et de laisser la primeur à la soirée de ce soir (Apéritic à 19 h à la CCI de Bordeaux), les représentants ont tout de même présenté une nouvelle figure au sein de French Tech Bordeaux : Thomas Baudin. Cet entrepreneur est depuis quelques semaines l'homme de terrain chargé de piloter le dossier, engagé par Bordeaux Métropole et la CCI de Bordeaux. Thomas Baudin était justement à Bercy la semaine dernière, accompagné de Virginie Calmels, Emmanuelle Ripert-Cholet, directrice du développement économique, de l'emploi et de l'enseignement supérieur de la Mairie de Bordeaux, et Aurélien Turc, directeur adjoint du développement économique de Bordeaux Métropole, pour y présenter le plan d'actions à David Monteau, directeur de la Mission French Tech.

"David Monteau a été satisfait par le plan d'actions et la gouvernance bordelaise. Nous avons souhaité que le comité stratégique soit gouverné par un entrepreneur (en la personne de Christophe Charle, fondateur de Cdiscount - NDLR) avec à ses côtés un collège d'entrepreneurs" a expliqué Virginie Calmels.

Capitaliser sur les expériences des entrepreneurs

Christophe Charle, aujourd'hui PDG fondateur de MyDesign, a rappelé qu'il n'avait pas participé à la candidature mais qu'il comptait s'impliquer aux côtés des quatre autres entrepreneurs qui composeront le Collège des entrepreneurs du conseil stratégique de la French Tech Bordeaux. Parmi eux : Mathieu Llorens, DG d'AT Internet, Julien Parrou, PDG fondateur de Groupe ConcoursMania, François Goube, cofondateur de Jobijoba (entreprise qu'il a quittée il y a 3 ans) et aujourd'hui PDG fondateur de Cogniteev, et Jérôme Le Feuvre, DG de News Republic. Leur objectif : rassembler le réseau d'entrepreneurs du numérique qui vont faire le dynamisme de l'écosystème bordelais.

Julien Parrou a complété en décrivant les trois cibles du plan d'actions :

"Les entreprises existantes, celles qui ont seulement 1 ou 2 salariés mais aussi celles qui en ont des dizaines voire des centaines, les créateurs d'entreprise car nous devons travailler pour toutes les personnes qui veulent créer leur entreprise, et enfin l'environnement extérieur afin de prouver qu'à Bordeaux, on peut créer une entreprise et que la région est attractive."

Les cinq hommes décideront du plan d'actions, valideront les différents travaux dans le but de transformer cette "aventure humaine vers une ambition concrète et réaliste", comme l'a précisé Agnès Grangé. Rappelant que les chefs d'entreprise ont aussi leur boîte à faire tourner, Virginie Calmels a mieux situé le rôle de Thomas Baudin qui, en homme de terrain, sera au service des entrepreneurs et animera des "task forces" avec les représentants de l'écosystème.

"Thomas Baudin est le permanent à la Métropole sur le sujet. Les forces vives seront partagées entre la CCI de Bordeaux et Bordeaux Métropole et des recrutements sont en cours pour qu'une ou deux personnes épaulent Thomas sur le dossier" a ajouté Virginie Calmels.

La force : faire avec les moyens du bord

La représentante de Bordeaux Métropole a affirmé que le petit budget French Tech ne sera attribué qu'aux moyens humains et que le label French Tech était l'exemple parfait de ce qu'on pouvait accomplir avec de petits moyens et sans aides publiques.

Et quid du fonds de 200 M€ créé pour l'occasion afin d'aider au développement des accélérateurs d'entreprises partout en France ? Pas d'informations pour le moment sur la manière dont cette enveloppe sera redistribuée, ni quand, selon Virginie Calmels. D'après David Monteau, cette aide doit être un plus et non un moyen. Tout projet d'accélérateur (structure qui a pour objet d'aider les startups à fort potentiel, de les accompagner, de les mentorer et de les faire croître), qui ne serait viable que par l'argent public, ne sera pas concerné par l'aide de la French Tech. Ce qu'ont très bien compris les Bordelais qui portent divers projets tels que Terres neuves La Tribu à Bègles ou encore l'accélérateur Héméra, dans lequel Julien Parrou est impliqué via Bordeaux Entrepreneurs, l'association qu'il préside avec Bruce Thébaud d'Alienor Partners et Benoît Droulin d'Azendoo. Une dizaine de startups seront accompagnées dès juin 2015. Une levée de fonds de 5 millions d'euros est prévue pour lancer l'accélérateur.

Bordeaux : de la Tech, du bon vin et des jolies filles

Thomas Baudin a fini par lâcher les quelques bribes qui feront le plan d'actions de French Tech Bordeaux, construit autour des cinq axes de travail voulus par la Mission nationale French Tech : lisibilité (moyens simples et compréhensibles), accélération, marché (que mettre en place pour que les startups attirent fonds public et privé), talents et rayonnement international.

Au programme de cette première année : la création d'une base de données rassemblant le maximum d'entreprises de l'écosystème bordelais pour donner du liant et gagner en efficacité et rapidité, la publication d'un annuaire des startups, des entreprises, un Top 10 des entreprises de croissance... Des informations qui intéressent les financiers locaux et nationaux. Agnès Grangé a d'ailleurs tenu à souligner la confiance apportée par les entreprises qui ont accepté de communiquer des données confidentielles pour la constitution du dossier de candidature. Il leur sera demandé de renouveler leur confiance pour figurer dans la base dont les données ne seront communiquées qu'à la Mission nationale. A noter que pour bénéficier du label French Tech, pas question de cotiser. Il suffit seulement d'accepter de figurer dans la base.

Trois mois jour pour jour après l'attribution du label, Bordeaux aura donc avancé et affiné sa vision des actions à mener. Tout en gardant en tête que loin d'être acquis, le label French Tech est remis en question tous les ans après vérification de la bonne marche et tenue du plan d'actions, jugé très dense par les équipes de David Monteau et Axelle Lemaire. Et ainsi prouver qu'on peut faire de la Tech "au pays du vin et des jolies filles", selon les mots de Thomas Baudin, ce qui a déclenché les rires de l'assemblée.

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Commentaires
a écrit le 12/02/2015 à 22:04 :
Y a pas à dire. C'est le festival des bonnes nouvelles pour l'Aquitaine depuis quelques temps. Au point de se demander si cela n'aurait pas un vague rapport avec un projet électif...
a écrit le 12/02/2015 à 21:13 :
Un bon entrepreneur est un entrepreneur qui quitte ce pays. Ne resteront que ceux qui comptent sur les contribuables. En France, il n'y a plus rien à dire. Il faut partir.
a écrit le 12/02/2015 à 19:51 :
C'est quand même à mourir de ces labels "régionaux" à l'heure de la mondialisation ! Et moi qui croyait que Bordeaux était réputé pour "son" droit (en plus de son vin, parce que pour les jolies filles, il vaut mieux Aix-en-Provence) ! Comment peuvent-ils être labélisé alors que "notre" Silicon Valley depuis 30 ans, Sophia Antipolis ne l'est pas? Quel est l'éco-système high tech de Bordeaux? Parce que j'ai pas l'impression qu'il y ai des facultés/écoles scientifiques, des labos, des entreprises high-tech de classe mondiale... ok, peut être 2-3 start-up dans le coup, mais est-ce suffisant ?
Réponse de le 13/02/2015 à 9:19 :
Toto,
à Bordeaux tu as un élan donné par l'entreprise #1 du web en France avec Cdiscount. Qu'on aime ou pas, Cocorico, la France est le seul pays à avoir tenu tête avec un acteur local devant l'implantation d'Amazon. Et ce succès, on le doit à une dynamique d'un ecosysteme du numérique fort autour des entreprises de la data (at internet, ezakus, etc.) Donc peut etre moins d'université/recherche de référence (et encore) mais la traction vient des entreprises (comme dans la silicon valley - qui bénéficie aussi il est vrai d'universités d'un tout autre niveau !)

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