Retour sur la première journée du Google Launchpad à Bordeaux

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Séances de travail pour les 12 startups participantes et les mentors présents durant la 1re journée du Launchpad bordelais
Séances de travail pour les 12 startups participantes et les mentors présents durant la 1re journée du Launchpad bordelais (Crédits : Eric Bouloumié)
Le 5e Launchpad européen a été lancé hier à Bordeaux. Jusqu’au 6 février, 12 startups et une quarantaine de mentors travailleront en synergie afin non pas d’élire la meilleure startup mais d’affiner leurs projets, de grandir et ainsi déterminer leur plan d’actions à six mois. Retour sur la première journée de travail de ce Launchpad, organisé par Google et Aquinum.

En cette première journée, le Node, qui aurait très bien pu être renommé la Ruche, grouillait de monde. Une effervescence qui se voyait jusque sur les vitres, recouvertes de buée. Ce lundi, douze startups de la région, sélectionnées parmi les 37 candidatures reçues, ont pu travailler durant deux tête-à-tête avec deux mentors sur leur proposition de valeur centrale du produit. La journée de mardi sera consacrée au marketing, mercredi à l'UX (expérience utilisateur), jeudi et vendredi matin au développement informatique et le vendredi après-midi sera l'occasion pour les startups de rencontrer l'écosystème local. Parmi les acteurs présents : Bordeaux Métropole, Aquitaine Développement innovation, le Conseil régional d'Aquitaine, le Conseil général de la Gironde, la CCI de Bordeaux, le CIC Sud-Ouest, Cdiscount, Digital Aquitaine, EnterNext, Aquitaine Europe Communication...

>> Découvrez les 12 startups que Google va accompagner à Bordeaux

Tenter de reproduire ce qu'il s'est passé pour Google

Après avoir organisé des Launchpad à Berlin, Londres, Paris et Barcelone, Google s'est associé à Aquinum, association des professionnels du numérique en Aquitaine, pour mettre au point cette 5e édition européenne à Bordeaux. Martin Görner travaille pour Google et est en charge des relations entre startups et développeurs. Présent à Bordeaux durant cette semaine, il est revenu sur les raisons qui ont poussé Google à prendre part à ces Launchpad, dont le 1er a été créé par 4 consultants à Tel-Aviv (Israël), ces mêmes quatre personnes qui ont validé le choix de chaque mentor présent à Bordeaux.

"Google a choisi d'accompagner les startups pour deux raisons. La première est qu'il n'y pas si longtemps, 15 ans, Google était elle-même une startup et que ses créateurs ont bénéficié d'un milieu vivant, la Silicon Valley, et de conseils d'autres entrepreneurs. Les créateurs de Google ont toujours en mémoire l'apport de l'écosystème et se donnent pour mission de recréer ces conditions pour de jeunes startups. La deuxième raison est qu'aujourd'hui, ils ne sont plus une startup mais qu'ils sont fiers de soutenir des startups via des Launchpad dans différents pays" explique Martin Görner, venu de Paris pour la semaine.

A l'image de Google, des acteurs locaux et nationaux, 40 au total sur une semaine, se sont mobilisés pour ce 5e Launchpad européen en mettant à profit une ou deux journées de leur semaine pour conseiller, challenger, guider les startups sélectionnées. Une façon de montrer que l'écosystème s'engage pour l'écosystème mais pas question de faire figure de sauveur.

"Les héros, ce ne sont pas les mentors. Ce sont les fondateurs, les créateurs de startups qui prennent un risque. Notre objectif est qu'ils apportent le petit morceau qui va les faire avancer. En virtuel, ils peuvent faire toutes les erreurs d'ici vendredi. Leur boulot, c'est d'ingurgiter les informations et de les ressortir sous forme d'un plan d'actions", ajoute Martin Göner.

Du côté des startups, l'expérience semble déjà bénéfique. Melvyn Mouflin, cofondateur de Switcharound, startup qui développe un service de logement étudiant dédié aux écoles et universités, avoue être arrivé un peu dubitatif. En l'espace d'une matinée, son discours a changé et lui qui pensait faire face aux mêmes discours avoue avoir appris de nouvelles choses. Même sentiment du côté d'un des autres cofondateurs de la startup, Edouard Gibert : "Participer au Launchpad est un moyen de sortir la tête du guidon, pour nous startups qui sommes souvent dans un tunnel, et de bénéficier d'avis d'experts."

Savoir accepter l'échec et le changement

Après avoir été mentor à Berlin et Paris, Marc Lange est venu de Berlin pour renouveler l'expérience et superviser les nouveaux mentors dont les 3/4 sont issus de l'écosystème local. A 33 ans, Marc Lange a travaillé sur des produits B2C, B2B et des logiciels médicaux. Il a personnellement créé 3 entreprises, a été consultant pour plus de 20 et ce pour de petites startups comme des multinationales. Il est également consultant en économie numérique pour le gouvernement allemand.

"Une session de mentorat commence par un état des lieux de la startup. Connaissent-ils bien leur marché ? Quelles sont leurs problématiques ? Comment construisent-ils leur stratégie et leur méthodologie ? Propose-t-ils la meilleure réponse clients et sont-ils sur le meilleur marché ? Le produit est en constante évolution et n'est jamais fini. La stratégie produit évolue toujours donc il faut s'adapter" ,explique Marc Lange à l'assemblée de jeunes entrepreneurs.

De ces expériences précédentes, Marc Lange a vu des startups obligées de changer de marché et de stratégie et de refaire leur business model en l'espace de cinq jours.
Participer au Lauchpad, c'est accepter de se remettre en question. Dans cet esprit là, l'équipe de Co-rider.fr, site web de covoiturage et de copartage dédié aux activités glisse, se dit prête à retarder de quelques semaines le lancement de son site, prévu à l'origine mi-février, si jamais les retours de cette semaine montrent que des modifications sont à faire. Plutôt lancer un site optimisé à son maximum que de sortir quelque chose de non finalisé.

Sur les douze startups présentes au Node, la majorité en sont au début de leur activité et ne sont pas forcément lancées. Blitzr, moteur de recherche sémantique dédié à la musique qui propose non seulement un service de streaming donnant accès à un catalogue de plus de 40 millions de chansons mais aussi un comparateur de prix dédié à la musique (enregistrements, billetterie, produits dérivés), fait figure d'exception. La startup est bel et bien lancée et sur une phase ascendante. La version finale du site sera disponible d'ici quelques semaines et les trois créateurs, Pierre Anouilh et les frères Bertrand et Johan Sébenne sont en discussion avec des grands noms de la téléphonie et de l'Internet dans le but de vendre le service à leurs abonnés. Mais pas question pour autant de ne pas mettre à profit les conseils reçus et les moments d'échanges. Blitzr prévoit une levée de fonds au printemps prochain, qui lui permettrait de développer le marketing et de se lancer sur les marchés anglo-saxons, à savoir l'Angleterre et les Etats-Unis.

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