Bordeaux : comment Gertrude passe au vert à l’export

 |   |  920  mots
10.000 capteurs, 716 carrefours, plus de 950 feux, le PC circulation de Gertrude pour Bordeaux Métropole est piloté par une équipe de sept personnes
10.000 capteurs, 716 carrefours, plus de 950 feux, le PC circulation de Gertrude pour Bordeaux Métropole est piloté par une équipe de sept personnes (Crédits : P.R)
Inventé dans les années 70 par un physicien, Christian Franceries, et les services communautaires de Bordeaux, le système de régulation et de fluidification de la circulation dans la métropole bordelaise, Gertrude, est devenu, en 1981, une société qui tente d’exporter le savoir-faire et l’intelligence de son système un peu partout dans le monde.

Dire que les temps changent est un doux euphémisme lorsqu'on évoque la problématique des déplacements en milieu urbain. Il y a 34 ans, quand pour trouver une réponse aux embouteillages récurrents de Bordeaux et de son agglomération, Christian Franceries et son équipe ont mis au point le système de régulation des feux et carrefours baptisé Gertrude, il s'agissait, à l'époque, de donner la priorité à l'automobile.

Aujourd'hui, c'est par ses capacités à pouvoir favoriser les déplacements et la fluidité des transports en commun que Gertrude séduit des villes en France et dans le reste du monde. "Nous n'avons rien oublié de ce qui a fait la genèse de Gertrude", explique Eric Franceries, actuel directeur général délégué de la SAEM Gertrude qui compte une trentaine de salariés à Bordeaux, où est installé son siège social, et dans sa filiale, à Alger.

Gertrude ajoute des neurones aux réseaux de transports

"Ce qui a été créé dans les années 70, c'est une système qui pouvait, en modifiant dans la seconde la régulation, les temps de passage au vert des feux tricolores..., s'adapter aux aléas de la circulation, pannes, accidents... pour fluidifier au maximum la circulation des automobiles. L'époque était à l'automobile, aujourd'hui, la problématique est différente, nous avons sû nous adapter car, au fond, le système a été, dès le départ, pensé pour intégrer toutes les problématiques du transport."

S'adapter pour Gertrude, cela veut dire devenir toujours plus intelligente. "Bordeaux a été pour nous un formidable laboratoire de R&D" explique Daniel Yung, patron du développement de Gertrude.

La mutation bordelaise, la meilleure vitrine de Gertrude

"Nous avons accompagné l'agglomération dans sa mutation, sa quête d'une ville plus agréable à vivre, avec moins de voitures dans le centre-ville, mais sans la gommer totalement, avec surtout un réseau de bus et de tramway en perpétuelle expansion. Nous avons dû faire de Gertrude un outil au service du multimodal, nous avons dû intégrer le big data pour pousser toujours plus loin le service rendu aux collectivités, nos clients, et à leurs usagers. Le résultat de ces décennies d'adaptation, de challenges, constitue notre plus belle vitrine !"

Créée en 1981, la société anonyme d'économie mixte est principalement détenue par Bordeaux Métropole, actionnaire à hauteur de 51 %. Les villes de Mérignac et Bordeaux détiennent 7 % des parts chacune, le reste du capital est aux mains  d'investisseurs institutionnels. Si la régulation centralisée du trafic de la métropole est désormais assurée, via Gertrude et un PC circulation situé sous son siège social, par une équipe de sept personnes travaillant, dans le cadre d'une régie, pour Bordeaux Métropole, la SAEM, elle, exporte ses solutions en France.

"Nous sommes présents dans une douzaine de villes, hors Bordeaux, explique Eric Franceries. Nous intervenons sous des formes différentes, soit nous implantons le système Gertrude, soit nous intervenons en partenariat ou en études et ingénierie trafic."

Mais Gertrude intervient aussi à l'étranger.

Présente en Algérie, en Pologne, Mexique, Argentine... alors que la France cale

Confrontée à la crise économique, aux tensions qui pèsent de plus en plus sur les finances des collectivités, Gertrude, qui a réalisé plus de 4 M€ de chiffre d'affaires en 2013, doit encore une fois faire preuve d'intelligence pour s'adapter.

"Dans un environnement ultra concurrentiel, nous devons apporter des solutions adaptées aux besoins... et aux moyens. Ce qui fait notre différence, c'est notre capacité à proposer des solutions sur-mesure" explique Jean-Jacques Bonnin, responsable développement France.

Un cadre, également élu local, qui sait qu'en France, le marché, faute de moyens, est en train de caler et qu'il faut, plus que jamais, que Gertrude aille challenger ses concurrents à l'export quand, en France, les projets de tram ou d'extensions de lignes de transports sont gelés voire annulés. Or, au cours des cinq dernières années, Gertrude a concentré son énergie sur les projets liés aux transports en commun, le plus souvent en sites propres...

Pour continuer de progresser, Gertrude est donc partie à la conquête du monde. Elle est présente en Algérie via une filiale basée à Alger. Elle est aussi implantée en Argentine, en Pologne, où elle vient de décrocher, aux côtés d'un partenaire local, le marché d'ITS (Intelligent Trafic System) de la ville de Wroclaw. Elle est également présente au Mexique, à Monterrey (plus de 1 million d'habitants) où elle a décroché le marché de la régulation et l'intégration dans le trafic de la mégapole d'un réseau de bus à haut niveau de service (Bhns).

A l'autre bout de l'Atlantique, mais sans quitter la France cette fois, Gertrude s'est tout récemment imposée dans un appel d'offres à Fort-de-France en Martinique pour des lignes de bus à haut niveau de service (Bhns). La société, qui est en lice pour un contrat français à Antibes-Juan-les-Pins, est également en course pour deux importants contrats à l'export, hors d'Europe. S'il n'est pas encore question d'un premier contrat en Inde ou en Chine, Gertrude pose des jalons dans l'Empire du milieu. La société bordelaise s'est associée à l'université de Pékin et à celle de Bordeaux, ainsi qu'avec la ville de Pékin pour mettre au point un simulateur capable d'étudier le trafic routier et son influence sur la pollution.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 14/01/2016 à 15:05 :
12 mn pour faire la poste de bègles barrière d'ornano et 20 mn voire 25 mn d'ornano barrière judaïque pour tourné rue de la république en cause le feu qui ne passe au vert qu'une fois sur trois peu ton rectifié merci

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :