Son siège light décolle, Expliseat prend du poids

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Le siège léger d'Expliseat est en train de décoller commercialement
Le siège léger d'Expliseat est en train de décoller commercialement (Crédits : D.R)
Société créée en mars 2011 et implantée majoritairement à Paris mais aussi à Mérignac (33), dans les locaux de la technopole Bordeaux Technowest, Expliseat a conçu le siège d’avion le plus léger du marché. Baptisé Titanium, il ne se contente pas d’accumuler les certifications, les prix et les étoiles de design industriel, il plane en classe éco au dessus des marchés. Après Air méditerranée et la Compagnie africaine d’aviation, Expliseat s’apprête à annoncer un nouveau contrat majeur.

L'ambition de Benjamin Saada, Jean-Charles Samuelian et Vincent Tejedor, amis d'enfance et fondateurs de Expliseat, est claire : devenir leader du marché du siège de cabine passager en classe économique. Pour cela, ils ont en catalogue une arme de poids... mais light : Titanium seat, le seul siège de classe économique certifié pesant moins de 4 kg. Un siège qui, en outre, n'est pas "que" léger puisqu'il vient de décrocher une Etoile du design.

"Cette étoile nous permet de faire parler en bien d'Expliseat et de Titanium, elle met aussi en évidence que nous n'avons pas fait qu'un siège efficace et léger. Il est aussi un bel objet" souligne Jean-Charles Samuelian, DG d'Expliseat.

Les comptables des compagnies "adorent" Titanium

Un bel objet, qui séduit les spécialistes du design et les comptables des compagnies aériennes car moins lourd de 8 kilos par rapport aux sièges traditionnels, il permet de faire des économies substantielles de carburant. Un avion allégé de 2 tonnes en moyenne représente, pour l'exploitant de l'avion, une économie de 450.000 $ de carburant par an et par avion.

Cette année 2014 a été celle des deux premiers contrats d'équipements de cabines en classe économique. D'abord en mars dernier avec la compagnie charter Air méditerranée pour 220 sièges et un contrat estimé à 1 M$, et un deuxième dans la foulée (en mai 2014) avec la Compagnie africaine d'aviation pour quatre A320 à raison de 174 sièges par avion.
Les premiers sièges d'Expliseat, livrés début juillet, viennent d'effectuer leur baptême de l'air sous les couleurs d'Air med début décembre.

Le chiffre d'affaires de la société décolle lui aussi. La croissance à deux chiffres sera au rendez-vous en 2015 mais le chiffre reste confidentiel. "La concurrence étant féroce, nous ne souhaitons rien dévoiler" dixit Jean-Charles Samuelian.

La concurrence bouge... mais accuse du retard

Il est vrai que Zodiac, un des trois plus grands constructeurs de sièges, a annoncé cet été qu'il était prêt à réaliser un siège de moins de quatre kilos. Mais le temps qu'il obtienne, éventuellement, une certification, Titanium, lui, fait la course au poids... en tête et continue de séduire les compagnies qui, même si le cours du kérosène est au plus bas, jouent la carte du long terme en allégeant les avions. Un allègement qui a un effet induit important : certains avions peuvent ainsi atterrir sur des pistes plus courtes... ce qui peut ajouter des opportunités d'ouvertures de lignes sur des aéroports régionaux. Les opportunités de développement sont nombreuses, le ciel d'Expliseat semble donc dégagé et la société, qui est passée de 5 à 25 salariés en deux ans, a été distinguée par Business intelligence parmi les sociétés les plus révolutionnaires du monde, aux côtés de SpaceX, lanceur de satellite dirigé par Elon Musk (Tesla Motors).

Un futur gros contrat en Asie

La société, qui ne compte que quelques salariés rattachés à son bureau secondaire de Mérignac, va ouvrir des agences commerciales à l'étranger et recruter en 2015. Elle s'apprête à annoncer son prochain contrat à l'export avec une compagnie asiatique au rayonnement mondial.

"Nous sommes capables de fournir rapidement des sièges pour 200 avions s'il le faut. Nous avons les partenariats industriels français, essentiellement dans le Grand Sud-Ouest, pour nous permettre de produire à grande cadence" explique Jean-Charles Samuelian.

La trajectoire commerciale de Titanium, siège qui va connaître des nouvelles versions et innovations en 2015, semble potentiellement si ascendante qu'on ne saurait que trop conseiller à ceux qui souhaitent suivre l'actualité d'Expliseat de boucler leur ceinture.

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Commentaires
a écrit le 16/01/2015 à 22:16 :
Pour un americain il faut acheter 3 billet pour avoir la banquette...
a écrit le 20/12/2014 à 11:56 :
ExpliSEAT c'est pas espagnol ça ?
Réponse de le 21/12/2014 à 19:21 :
Seat = siège in English.
Le nom est très Explicite........ :-)
a écrit le 20/12/2014 à 8:46 :
fini l'avion pour moi ...enfin la bétaillères on devrait dire !!!
a écrit le 19/12/2014 à 21:56 :
Excellent, ils sont prêts a être rachetés par des Américains, comme toute boîte française qui fonctionne
Réponse de le 20/12/2014 à 1:03 :
Tu vas me dire, en effet, les américains font des avions en plastique qui prennent feu au niveau des batteries et ont des fuites de carburant. Ce qui s'accorde. Mais pas dans le bon sens.
Sinon, dans les avions, en règle générale, il y a, d'après ce que j'ai pu entendre, des personnes...
a écrit le 19/12/2014 à 21:22 :
j'ai essayé le siège au salon du composite 2014 à Paris. Je ne l'ai pas trouvé confortable. Il y a une grosse armature métallique (titane ?) et le siège est lui en toile tendue, pas de coussin. La toile n'était pas assez tendue à mon goût, alors que le siège était neuf. Je ne sais pas comment cela va vieillir.
a écrit le 19/12/2014 à 20:41 :
Bon, c'est pas que j'ai bossé chez Zodiac, mais, leur siège, les passagers, ils en pensent quoi..??
Et coté tests, ça tient la route ou tu sacrifies le passager pour sauver le siège..??
Réfléchir en terme économique n'est pas seulement une question de poids, sinon les bagnoles seraient en carton.
Réponse de le 22/12/2014 à 9:34 :
En matière aéronautique, "réfléchir en terme économique", c'est en grande partie une question de poids, malheureusement.
Donc pour les sièges Business ou First, on réfléchit en terme de poids + confort + services, mais pour la classe éco, oui, clairement on raisonne en terme de poids et de densité (humaine, s'entend).
Le siège Expliseat, il faudra demander aux passagers mais de vous à moi, pour l'avoir essayé, c'est une banquette d'autobus, ça ira pour voler une ou deux heures. Au delà... (Mais je ne suis pas objectif, je travaille chez Zodiac Aerospace !)
Enfin l'article oublie un aspect du siège Expliseat qui "freine" les compagnies aériennes : son prix. En gros, il est deux à trois fois plus cher que ses concurrents.
a écrit le 19/12/2014 à 19:25 :
Bravo a cette jeune société française !

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