Comment Exosun a réussi sa révolution solaire

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Les trackers solaires d'Exosun permettent d'orienter les panneaux photovoltaïques en fonction de la courbe du soleil dans le ciel et d'augmenter leur production
Les "trackers" solaires d'Exosun permettent d'orienter les panneaux photovoltaïques en fonction de la courbe du soleil dans le ciel et d'augmenter leur production (Crédits : Exosun/Urbasolar/Christophe Ruiz)
Oublié le trou d’air de l’année 2013, Exosun, la jeune société girondine (siège à Martillac près de Bordeaux) spécialisée dans les solutions d’optimisation de la production d’énergie solaire, connaît une progression fulgurante et mondiale qui semble bien partie pour durer. Explications.

Quand en 2007 la société dirigée par Frédéric Conchy a vu le jour en Gironde, c'est en pionnier français qu'elle a débarqué sur le marché des centrales photovoltaïques.

Sa révolution solaire personnelle, c'est sa technologie brevetée : les "trackers" solaires.  Ce sont des structures motorisées permettant d'orienter les panneaux photovoltaïques en fonction de la courbe du soleil dans le ciel pour augmenter considérablement leur production. La société a dû subir les hauts et les bas du marché français jusqu'au moratoire de fin 2010 qui a enlevé toute visibilité sur le marché du photovoltaïque en France.

Les trackers : outils de rentabilisation des parcs photovoltaïques

En 2011, l'Etat réduit drastiquement le tarif de rachat de l'électricité produite par les installations solaires dont les grandes centrales photovoltaïques au sol (32 centimes d'euros par kWh fin 2010 contre seulement 6,86 centimes d'euros par kWh en 2014).

La "bulle" du photovoltaïque éclate mais grâce à une levée de fonds de 12 M€ (auprès d'Omnes Capital, de Grand Sud-Ouest Capital, d'Aquitaine Expansion et de l'Ademe dans le cadre des Investissements d'avenir), réalisée en 2012, Exosun parfaitement structurée pour passer ce cap, peut attendre son heure.

Et elle viendra vite car à partir du moment où l'Etat décide de réguler le marché des grandes centrales photovoltaïques au sol au travers d'un mécanisme d'appel d'offres, la société girondine enchaîne les contrats.

"Les appels d'offres portant sur les installations photovoltaïques de plus de 250 kWc au sol, l'AO CRE 1 en 2012,  l'AO CRE 2 en 2013 et l'AO CRE 3 qui va suivre prochainement, mis en place par l'Etat, ont permis à la filière solaire nationale de se solidifier après le trou d'air des années 2011 et 2012, de pouvoir faire face à la concurrence et, dans notre cas, d'apporter la preuve de notre efficacité et de gagner en visibilité", explique Jean-Noël de Charentenay, directeur Business developpement et cofondateur d'Exosun. Les résultats de ces appels d'offres nous ont été souvent favorables car nous étions structurés, dès le départ, pour être capables de répondre aux besoins des grands chantiers. La reprise de l'activité via les appels d'offres CRE avec l'émergence de grands champs photovoltaïques nous ont permis de valider notre technologie, sa pertinence économique. Ils nous ont permis de récolter le fruit de notre travail, de notre positionnement : apporteur de solutions techniques au service de clients, acteurs globaux, comme EDF par exemple, ou EDPR qui ont les facilités financières leur permettant d'investir dans plusieurs régions dans le monde."

Exosun, qui réalise l'essentiel de son CA encore en France aujourd'hui, a su accompagner ces grands acteurs, comme aux USA en Californie où 12 mois tout juste après avoir ouvert une filiale à San Francisco, Exosun a décroché un marché à 10 M$. Mais Exosun sait aussi convaincre, toute seule, les acteurs locaux comme, toujours aux USA, l'américain Daetwyler Clean Energy, acteur majeur du montage de panneaux, qui propose désormais  le système mis au point par la société girondine dans le cadre d'un partenariat commercial signé en octobre dernier.

"Cape"... sur l'Afrique du Sud et un nouveau site français

Résultat : en un an, Exosun, qui compte 90 salariés dont 78 en France à Martillac, a vu son CA s'envoler de 800.000 € à 20 M€ (clôture de l'exercice en avril 2014) avec un résultat net qui s'élève à 1,4 M€.

"Nous serons également en progression en 2015 et l'année suivante", précise Jean-Noël de Charentenay.

Une société qui regarde désormais vers d'autres marchés potentiellement porteurs, comme l'Afrique du Sud, où elle a récemment ouvert une filiale à Cape Town.
Les premiers recrutements sont effectués. La filiale de Cape Town va servir de base opérationnelle et commerciale pour les marchés prometteurs d'Afrique du Sud mais aussi du Mozambique, de Namibie, de l'Angola et du Zimbabwe.

En attendant, et pour faire face à la croissance de son activité, Exosun, qui est actuellement déployée sur trois sites distincts dans la zone de la technopole Montesquieu de Martillac, vient de lancer la construction d'un bâtiment de 1.200 m2. Livrable en mai prochain, situé dans la technopole, il accueillera à terme les employés des trois bâtiments actuels et hébergera l'activité française d'Exosun sur un terrain de 10.000m2.

Autant dire qu'Exosun entend croître encore en s'attachant à toujours suivre la révolution du solaire et la société girondine a raison car elle n'est pas la seule. Désormais, au moins un tiers des champs solaires qui sortent de terre dans le monde sont équipés de trackers. Exosun ne se contentera pas seulement du photovoltaïque traditionnel. La concentration solaire, la production simultanée de chaleur et d'électricité, le fuel saving... toutes les technologies et innovations et donc les marchés qui reposent sur une meilleure captation du rayon solaire sont à leur tour "traqués" par Exosun.

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Commentaires
a écrit le 12/03/2017 à 14:53 :
C'était un beau projet. Après de nombreuses subventions, voici qu'Exosun licencie.
a écrit le 12/11/2015 à 14:27 :
Vous êtes tes expérimenté. J'aimerai bien vous voir au Sénégal pour conquérir le marché ouest Africain. Il y a vraiment de la matière.
Cordialement

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