L’économie aquitaine : sur la piste, mais ne redécolle pas

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Les commerces de détail alimentaire tirent leur épingle du jeu, notamment les boucheries (+ 1,9 % du CA en moyenne) et les poissonneries (+ 3,2 % du CA).
Les commerces de détail alimentaire tirent leur épingle du jeu, notamment les boucheries (+ 1,9 % du CA en moyenne) et les poissonneries (+ 3,2 % du CA). (Crédits : <small>Reuters</small>)
Lors de la conférence organisée hier soir par les centres de gestions agréés d’Aquitaine, les analystes de la conférence "Regards sur la TPE-PME en Aquitaine" ont confirmé ce que l’on craignait. Après une année économique 2013 mauvaise, une année 2014 décevante, 2015 ne s’annonce pas bonne. Heureusement, les entrepreneurs grands témoins de la soirée : Marc Prikazsky (Ceva Santé Animale), Julien Parrou (ConcoursMania) et Vincent Lassalle Saint-Jean (Maison Meneau) sont loin d’être atteints par le "blues du businessman" et ont quand même donné des raisons d’espérer.

La conférence organisée par les centres de gestion agréés d'Aquitaine (Cegal, CGA 47, Cegecoba, Centre de gestion agréé girondin, Centre de gestion agréé des Landes de Gascogne, Cegapa, Cgacip et Cecogeb) dans les murs du Conseil régional d'Aquitaine à Bordeaux, hier soir, avait pour thème : "Regards sur la TPE-PME en Aquitaine : vers un retour durable de la croissance en Aquitaine ?".

A l'issue des interventions successives de Fabien Lallement, responsable études et statistiques des centres de gestion agréés d'Aquitaine, de Jean-Claude Bach, directeur régional de la Banque de France et de Jean-Michel Quellec, directeur régional de l'Insee, on pouvait conclure que si "l'avion économique aquitain pouvait redécoller à l'avenir, il est toujours élancé sur une piste qui ne cesse de s'allonger... ".

Rendez-vous manqué

En clair, si en 2013, l'Insee prédisait un redécollage en 2014, l'institut doit bien reconnaître aujourd'hui que l'année en cours n'est pas à la hauteur de ses prévisions. Un rendez-vous manqué avec la croissance qui se traduit dans les chiffres des centres de gestion agréés. Les chiffres d'affaires des TPE et PME de la région ont reculé de 0,4 % après une baisse de 0,8 % l'année précédente, le taux de rentabilité chute lui de 2,7 %. L'inflation progresse plus vite que le CA des entreprises.

Cette année, 18 % des entreprises du panel (soit environ 12 % des entreprises de la région) sont en situation comptable négative (19 % en Lot-et-Garonne et plus de 20 % en Dordogne), un pourcentage qui se stabilise sur ceux des années précédentes et qui montre une relative stabilité de la santé financière des entreprises de la région. Si 37 % des entreprises du panel s'en sortent correctement, leurs perspectives pour l'exercice 2014 ne semblent pas bonnes...

Poissonneries et boucheries en hausse

A y regarder de plus près, on constate en Aquitaine de vraies disparités entre secteurs d'activité. Les commerces de gros (hors Dordogne où ils se maintiennent), l'équipement de la personne et l'équipement de la maison plongent. Les activités agricoles et forestières progressent, elles, de 1,8 %. Dans le commerce de détail alimentaire qui augmente globalement de 2,8 %, la palme revient aux poissonneries (+ 3,2 % du CA) et aux boucheries qui flirtent avec les 2 % de progression (1,9 %).

S'étant penchée sur l'industrie, la Banque de France note une activité qui s'est légèrement amplifiée à la rentrée. L'agroalimentaire et la fabrication de matériel de transport continuent de progresser, mais, globalement, les livraisons plafonnent et, plus inquiétant, les stocks augmentent légèrement. Les anticipations restent légèrement positives pour les mois qui viennent, mais elles ne devraient avoir qu'un effet limité sur l'emploi.

Pour autant, dans les voyants au rouge ou orange, indicateurs dont disposent l'Insee et la Banque de France pour analyser la situation économique, on peut espérer un peu de vert à venir. Le recul de l'euro par rapport au dollar peut booster la demande extérieure et changer la donne.

Des raisons d'espérer

Changer la donne, refuser la fatalité, le contexte, c'est ce qu'ont fait, chacun à leur façon, les trois chefs d'entreprises présents à la conférence des centres de gestion agréés. Marc Prikazsky qui a contribué à faire passer Ceva (Libourne) de PME à ETI (3.500 collaborateurs, 750 M€ de CA) entre 1999 et aujourd'hui, Vincent Lassalle Saint-Jean (Maison Meneau - Saint-Loubès) qui a fait prendre le virage du bio à sa PME familiale (6,14 M€ de CA, 17 salariés) et Julien Parrou qui a transformé son entreprise unipersonnelle, créée en 1995 dans sa chambre, en un groupe de 90 salariés, leader français dans le domaine du jeu marketing, ont donné quelques clés pour réussir dans un contexte compliqué. Bref, au-delà des chiffres, ils ont, eux, donné des raisons d'espérer un décollage dans les plus brefs délais.

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