Le Medef girondin soutient la réforme territoriale

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Jean-François Clédel, président du Medef de la Gironde.
Jean-François Clédel, président du Medef de la Gironde. (Crédits : Agence Appa)
Lors de la présentation de la 14e université du Medef de la Gironde, qui se tient à Kedge Business School, le 23 octobre, Jean-François Clédel, président de l'organisation patronale, a expliqué pourquoi la réforme territoriale séduisait les dirigeants.

Le Medef (Mouvement des entreprises de France) de la Gironde soutient la réforme territoriale lancée par le gouvernement et va calquer sa propre organisation sur ce modèle, c'est ce qu'a confirmé Jean-François Clédel, le président de l'organisation patronale, ce lundi matin en conférence de presse, lors de la présentation de la 14e université qu'organise le mouvement le jeudi 23 octobre dans les locaux de Kedge Business School (KBS), à Talence (33). Si le Medef n'a pas encore prévu de bureau "king size" pour accueillir les élus de cette grande Aquitaine (qui devrait agréger Limousin et Poitou-Charentes) ni travaillé sur les détails de la future organisation, puisque rien n'est encore définitivement arrêté, Jean-François Clédel explique que la perspective de cette fusion interrégionale plaît davantage qu'on pourrait le croire.

Bordeaux attire

"Au premier abord le rapprochement des deux Charentes avec l'Aquitaine semble le plus naturel. Pourtant ce n'est pas aussi simple. Les chefs d'entreprises que nous avons par exemple rencontrés dans les Deux-Sèvres n'ont aucune envie de se rapprocher des Pays-de-la-Loire ou du Centre, car ils veulent avoir une vraie métropole et pour eux Bordeaux en est une, contrairement à Nantes ou Orléans. Il y a régionalisation mais aussi et surtout un phénomène de métropolisation. C'est ainsi que Nîmes, dans le Gard (Languedoc-Roussillon, NDLR) est attirée par Marseille, tout comme Montpellier, qui se sent en concurrence avec Toulouse", explique Jean-François Clédel. Ce dernier reconnaît toutefois qu'en termes d'organisation, cette réforme territoriale pose problème aux fédérations professionnelles adhérentes du mouvement.

Centrée sur la thématique "Ces révolutions qui nous attendent", la 14e université du Medef de la Gironde fera la part belle au numérique. L'université sera ouverte en présence d'Alain Juppé, maire de Bordeaux et président de la Communauté urbaine, Thibault Lanxade, membre du conseil exécutif du Medef, président du Pôle entrepreneuriat et croissance, Philippe Lemoine, en particulier président de la fondation Internet nouvelle génération et vice-président de la commission Innovation et recherche du Medef, et Laurent Sellier, directeur général Sud Europe division papier de Smurfit Kappa.

4 "speachs"

Cette 14e université va accueillir Gilles Babinet. Créateur d'une dizaine d'entreprises, dont Absolut Design, qui a dessiné le tramway de Bordeaux, Gilles Babinet s'est ensuite investi avec succès dans la filière numérique avant de devenir porte-parole (Digital champion) de la France auprès de la Commission européenne. Il interviendra à l'ouverture et à la clôture de l'université, mais aussi au fil des divers "speachs" prévus dans la journée. Calibrées sur un format d'une heure, ces séquences, qui remplacent les ateliers traditionnels, s'articulent sur l'intervention pendant 30 minutes d'un spécialiste puis une interaction d'un temps égal avec la salle. Quatre "speachs" liés à la filière numérique sont au programme dans la journée : "Angle technologique et scientifique", "Angle nouveaux modèles économiques", "Angle sociologique, de la consommation à l'usage", "Angle formation, notre rapport à l'apprentissage et à la connaissance". Huit experts interviendront à l'occasion de ces "speachs". Le palmarès du 2e Challenge coup de pouce, qui associe en binôme une entreprise et une association, sera dévoilé à l'occasion de cette université. Plus de 500 personnes sont attendues dans la journée et 650 inscrites au dîner de gala.

500 M€ de ponctions

Revenant sur la synthèse des propositions du Medef, Jean-François Clédel a rappelé le message du mouvement national, observant que "le modèle social d'après guerre en France est fichu et que si l'on en sort pas le pays ne s'en remettra pas". Il a rappelé aussi qu'avec plus de souplesse, les entreprises pourraient créer un million d'emplois et qu'il fallait absolument rendre la France compétitive. Dans un contexte macro-économique où plane l'ombre de la déflation, l'atteinte de cet objectif a parfois l'air aussi complexe que la quadrature du cercle. "Il ne faut pas que l'euro baisse trop par rapport au dollar car si ce mouvement renforce les exportations, il va renchérir le coût des importations dont dépend notre consommation. Pour parer à ce risque, il faut limiter la consommation des ménages et donc les salaires", a résumé en substance Jean-François Clédel, après avoir rappelé qu'il fallait "baisser les dépenses de l'Etat". Il s'est enfin inquiété des nouvelles coupes budgétaires que vont subir les chambres de commerce et d'industrie, soit une réduction de leurs ressources fiscales de 37 % sur trois ans, pronostiquant, au-delà des 500 M€ ponctionnés par l'Etat au niveau national, une possible volonté de réduire le nombre de CCI en France.

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Commentaires
a écrit le 10/10/2014 à 9:51 :
Concernant la dernière citation de Jean-François Clédel il est important de ne pas oublier le début de la phrase : "il ne faut pas que l'euro baisse trop par rapport au dollar", car c'est de ce cas de figure que traite en l'occurence le président du Medef de la Gironde.
a écrit le 08/10/2014 à 21:30 :
"limiter la consommation des ménages et donc les salaires"... ..."baisser les dépenses de l'Etat". Blablabla
Toujours les mêmes banalités. Finalement, rien n'a changé, ceux qui se croient "modernes" ressortent les mêmes poncifs depuis des décennies. C'est peut-être ce qui explique le ton prétentieux utilisé par le psdt du Medef, ton finalement sensé masquer la vacuité de ses propos.
a écrit le 08/10/2014 à 20:49 :
A la lecture des réactions, ulcérées pour certaines, il est évident que mon propos rapporté par le journaliste a été mal compris.
Je réagissais sur la proposition de certains de baisser l'euro pour améliorer notre situation.
Si cette solution favoriserait certes nos exportations, elle renchérirait aussi nos importations. Avec le fort déséquilibre actuel de notre balance commerciale, cela aggraverait encore son déficit; et la parade (du gouvernement) pour éviter cette plongée pourrait être de limiter les dépenses des ménages, voire les salaires.
Ma conclusion est donc qu'avant de demander une baisse de l'euro, encore faut-il en mesurer toutes les conséquences sur les Français.
a écrit le 08/10/2014 à 10:11 :
La métropolisation est une belle connerie.....passer sa vie dans les bouchons. Cout de la vie supérieure pour une qualité de vie inférieure. Tous les travailleurs transformés en moutons obligés de passer le pont d'Aquitaine avant 7h pour être au boulot à 9h!
Diminuer la consommation des ménages aura pour conséquence de diminuer le chiffre d'affaires des grands groupes agro, auto..... Comme les actionnaires veulent toujours plus et sont habitués à s'en mettre plein les poches du haut de leur tour d'ivoire, ils baisseront les couts par des licenciements.

Réduire les couts de l'état, c'est pas nouveau mais il faudrait que nos élus lâchent leurs doubles ou triples statuts ou autres indemnités démesurées. Réformer les statuts de certains fonctionnaires pour les mettre au boulot !!! Ca me rappelle certaines sociétés mi étatique-mi privés.

Quelques proverbes à méditer :

Il n'y a qu'au dictionnaire que le mot travail vient avant récompense
Il faut toujours une carotte pour faire avancer l'âne.
Il faut accepter les coups de pied de la vache comme on accepte son lait et son beurre
a écrit le 08/10/2014 à 9:14 :
Je te propose de passer tous les salariés aux 39H payées 30H avec un taux horaire inférieur aux SMIC, que des contrats sous forme de CDIC (comme cela tu auras une plus grande souplesse pour te séparer plus facilement de tes collaborateurs).
Il est vrai que les salariés présentent plus de contraintes que d’avantages, ils pensent, ils revendiquent, ils prennent des vacances et, pour les femmes, des congés maternités.
Bon, c’est vrai, ils produisent des richesses, font tourner ta société, mais seulement parce qu’ils ont eu la change de te rencontrer (certainement pas grâce à leurs compétences).
Je me demande ou sont passées tes qualités humaines, d’innovations et de courage qui t’ont permis de créer ta société il y a 20ans.
Parties avec tes ambitions politiques et ta main qui frappe à la porte de l’UMP ?
Réponse de le 08/10/2014 à 22:40 :
Salut F.
Relis bien l'article et tu verras que tu t'es mépris sur mon propos.
Je ne souhaite pas de baisse de salaire et donc pas de baisse de l'euro!
Il faut lire en creux.
a écrit le 07/10/2014 à 14:14 :
Une remarque parfaitement absurde: "il faut limiter la consommation des ménages et donc les salaires". Mr Clédel veut-il casser la société et provoquer une guerre civile?

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