Philippe Presti explique “l’entreprise de la performance”

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Invité par les DCF Bordeaux - Gironde, Philippe Presti, le head coach d'Oracle Team USA, a raconté comment son équipe avait su transformer une situation désespérée en victoire pendant la dernière Coupe de l'America.
Invité par les DCF Bordeaux - Gironde, Philippe Presti, le head coach d'Oracle Team USA, a raconté comment son équipe avait su transformer une situation désespérée en victoire pendant la dernière Coupe de l'America. (Crédits : P.R)
Il y a un an, l’Arcachonnais Philippe Presti remportait la plus prestigieuse compétition de voile du monde, l’America’s Cup, en tant qu’entraîneur manager du défi américain Oracle Team USA. Une expérience de la gagne qu’il a partagé avec les Dirigeants commerciaux de France Bordeaux - Gironde… avant de reprendre la direction de San Francisco.

Son palmarès fait rêver : il a été sacré à deux reprises champion du monde de Finn (dériveur olympique, en 1993 et en 1996) mais ce qui laisse vraiment rêveurs les passionnés de voile, c'est sans doute son destin de vainqueur de la 34e America's Cup en 2013.

Philippe Presti, skipper, toujours membre du cercle de voile de Cazaux-Lac, n'en était pourtant pas à sa première levée du trophée le plus prestigieux du monde de la voile (déjà vainqueur avec USA 17 en 2010 à Valence), mais le 25 septembre 2013, c'est à l'issue d'une remontée extraordinaire (mené 8 victoires à 1 par Emirates Team New Zealand, Oracle s'est imposé finalement 9 victoires à 8) que l'Arcachonnais a décroché sa deuxième America's Cup. Il occupait alors le poste d'entraîneur de la cellule arrière - 6 marins dont le skipper et l'équipe tactique - dont les spécialistes disent aujourd'hui qu'elle a été la clé de l'exploit unique dans l'histoire de la "Cup" réalisé alors dans la baie de San Francisco.

"Comme les entreprises, les équipes de l'America's ont dû s'adapter à de nombreux changements"

Présentant le défi américain comme une "entreprise de la performance", Philippe Presti a partagé son expérience du management des hommes et de la technique, la gestion du passage de l'échec à celui de la gagne, avec un auditoire de membres des Dirigeants commerciaux de France (DCF) de Bordeaux et de la Gironde.

"Nous devions livrer un seul et unique produit : la victoire. Au départ pourtant, suite à des aléas réglementaires, des erreurs, des retards dans notre préparation technique, nous avons surtout dû manager... l'échec ! Confrontés à une situation de crise, nous avons su gérer des moments difficiles qui, au lieu de faire exploser le groupe, l'ont soudé."

Il rappelait également que, comme beaucoup d'entreprises qui ont vu leur modèle économique changer du fait de l'émergence des technologies numériques ou de nouvelles réglementations, les équipes ont dû s'adapter à l'émergence de nouveaux types de bateaux qui, grâce aux nouveaux matériaux, volent plus qu'ils ne flottent. Gérées comme des PME d'une cinquantaine de personnes, elles ont dû se remettre en question dans des délais très courts, entre deux compétitions... Un discours qui, par les temps qui courent, a eu un écho particulier parmi l'auditoire des DCF Bordeaux - Gironde.

A nouveau Head Coach de Team USA pour 2017 !

Profitant de son passage à Bordeaux, Philippe Presti a aussi évoqué pour La Tribune - Objectif Aquitaine, son rôle dans la prochaine campagne de défense du trophée.

"Je viens de signer à nouveau pour le Team USA. Nous allons attaquer la préparation en novembre, à San Francisco. Puis nous nous dirigerons vers le plan d'eau qui accueillera, en 2017, la compétition."

Une destination qui sera connue dans quelques mois. L'organisation hésite encore entre la baie de San Diego et les Bermudes.

"Quel que soit ce choix, il génèrera une grande frustration pour l'équipe car la baie de San Francisco, avec ses vents réguliers en direction et en puissance, était le lieu idéal pour naviguer. Pour le spectacle, on risque d'y perdre un peu également."

Quand on sait que c'est dans l'extrême difficulté qu'Oracle Team USA a semblé trouver l'énergie de la gagne en septembre dernier, on peut en déduire que l'America's Cup n'est sans doute pas prête de quitter l'Amérique du Nord...

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