À Bordeaux, des syndicats agricoles s’en prennent à l’Etat

Des agriculteurs de la FDSEA et des JA de la Gironde ont introduit ce jeudi matin un veau à la Cité administrative, à Bordeaux, un coup destiné à marquer leur opposition à la directive sur les nitrates.

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Des agriculteurs de la FDSEA et des JA de la Gironde ont introduit ce jeudi matin un veau à la Cité administrative, à Bordeaux
Des agriculteurs de la FDSEA et des JA de la Gironde ont introduit ce jeudi matin un veau à la Cité administrative, à Bordeaux (Crédits : Reuters)

Une vingtaine de militants de la Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles (FDSEA) de la Gironde, emmenés par leur président, Patrick Vasseur, et de Jeunes Agriculteurs (JA) a introduit ce jeudi matin un jeune veau dans les locaux de la Cité administrative, à Bordeaux, qu'ils ont conduit au 24ème étage, niveau le plus élevé de l'immeuble, et laissé sur place. La Cité administrative héberge en particulier les services de la Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (Dreal) Aquitaine et de la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) de la Gironde, administrations chargées de faire appliquer dans les exploitations agricoles, et en premier lieu celles liées à l'élevage, les dernières dispositions prises par le gouvernement dans le cadre de la directive européenne sur les nitrates.

80.000€ à trouver

"Nous avons décidé de rompre nos relations avec les services de l'État, à l'échelle du syndicat mais aussi de la chambre d'agriculture. Nous attendons un signe fort de la part de l'Etat. Nous voulons que le Premier ministre, Manuel Valls, s'attaque à la simplification de cette directive et qu'il la revoit, comme il s'y est engagé quand il venu nous voir le 6 septembre à Saint-Jean-d'Illac (33) pendant les Terres de Jim" explique Patrick Vasseur. Les dernières mesures prises ont rabaissé le plafond maximal de concentration de nitrate à ne pas dépasser par litre d'eau, ce qui entraine une extension des zones de vulnérabilité. "Ces zones concernent désormais 148 communes en Gironde contre une trentaine auparavant. Elles impliquent un investissement d'au moins 80.000 euros par exploitation pour créer les nouveaux locaux de stockage des lisiers et fumiers (utilisés pour enrichir les sols) et les éleveurs ne pourront pas faire face" souligne le président de la FDSEA de la Gironde.

Moins de nitrate

Lors de sa conférence de presse de rentrée Dominique Graciet, président de la Chambre régionale d'agriculture d'Aquitaine (lire par ailleurs), avait déjà expliqué les raisons d'un mécontentement qui monte en puissance. L'État refuse pour le moment d'aider les agriculteurs, plombés dans la région par une mauvaise année 2013, à financer les nouvelles installations de stockage et les représentants de la filière font valoir que les eaux profondes d'Aquitaine contiennent deux fois moins de nitrates que la moyenne nationale (11,5 milligrammes par litre dans la région contre 23 milligrammes en France métropolitaine).
Patrick Vasseur souligne que la mobilisation des agriculteurs touche tous les départements d'Aquitaine et qu'elle est encore plus forte en Midi-Pyrénées, où l'élevage est bien plus important. Fin août, les représentants des chambres régionales d'Aquitaine et Midi-Pyrénées avaient quitté prématurément la réunion organisée à Toulouse à ce sujet avec le préfet de Bassin Adour-Garonne. Le 24 septembre prochain, la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles) devrait appeler à "des actions beaucoup plus dures" selon Patrick Vasseur. La balle est désormais dans le camp de Manuel Valls.

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