Controversé, le service UberPop débarque à Bordeaux

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Alexandre Molla, directeur général expansion France d'Uber
Alexandre Molla, directeur général expansion France d'Uber (Crédits : DR)
Après Paris, Lyon et Lille, Uber ouvre son service UberPop aux métropoles de Nice, Toulouse et Bordeaux. Alexandre Molla, directeur général expansion France, revient sur l’arrivée d’Uber à Bordeaux et sur les procédures judiciaires auxquelles la startup américaine fait face.

Qu'est-ce que le service UberPop ?

"UberPop propose la mise en relation avec des chauffeurs particuliers. Tout conducteur titulaire du permis de conduire depuis au moins trois ans, disposant d'un véhicule assuré et d'un casier judiciaire vierge peut s'inscrire et proposer ses services. Cela fonctionne sur le principe de l'économie collaborative. Quelqu'un qui a du temps peut conduire quelques heures par mois pour amortir les frais de son véhicule. La course est de 40 à 60 % moins chère qu'un taxi."

Pourquoi avoir choisi Bordeaux comme lieu d'implantation ?

"Bordeaux au même titre que Toulouse et Nice est un pôle dynamique et nous avions à cœur de proposer un nouveau service et ainsi participer à l'attractivité de ces villes."

Comment s'articule votre implantation à Bordeaux ?

"Deux personnes sont dédiées à la gestion du service sur Bordeaux, c'est-à-dire l'aspect communication, les relations avec les chauffeurs... Ces personnes sont mobiles et ne sont pas obligatoirement basées à Bordeaux."

Quelle est la stratégie de votre startup ?

"Le service que nous proposons est une révolution. Cela change foncièrement les habitudes des gens. Nous souhaitons reconquérir des personnes qui avaient délaissé ce type de service que ce soit des jeunes qui sont de sortie, des retraités qui viennent se balader en ville... Nous nous assurons que le nombre de conducteurs croit en même temps que la demande."

Comment vous positionnez-vous par rapport aux poursuites engagées par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) ?

"Nous ne voulons pas prendre la clientèle des taxis. Nos cibles sont les personnes qui n'utilisaient plus ce genre de déplacement. En les ré habituant à ces trajets, ils seront plus amènes à reprendre le taxi. Notre arrivée est une opportunité pour les chauffeurs de taxis. Cela permet au secteur des transports de bouger. La preuve : entre 2008 et 2013, le prix de la licence de taxi a doublé. C'est dire que le secteur a crû."

(Chose qu'Alexandre Molla semble appliquer dans la vie de tous les jours puisqu'au moment de le joindre, le directeur expansion France d'Uber, était coincé dans les bouchons dans... un taxi, NDLR).

N'est-ce pas un peu risqué de lancer Uber dans trois villes alors que vous êtes menacés de fermeture en Belgique et en Allemagne ? Le tribunal de Francfort vient de revenir sur la décision en première instance d'interdire à Uber son activité sur le territoire allemand.

"Aujourd'hui, aucune décision n'est tombée en France. Uber jouit d'une forte croissance dans les villes où le service est présent. Nous bénéficions d'une légitimité grâce à la popularité du service et l'appui des gens. La réglementation en matière de transports date d'il y a plusieurs décennies. Le cadre réglementaire n'a pas évolué alors que notre société a elle largement changé. Notre but est de travailler avec les autorités pour faire avancer la réglementation. Nous allons dans le sens de l'histoire des transports. Tout le monde consent au fait que la réglementation doit évoluer."

Quels sont les prochains projets d'Uber en France ?

"Pour l'instant, se concentrer sur le développement des villes actuelles. Nous n'avons pas d'agenda planifié quant à l'implantation dans de nouvelles villes."

Uber en quelques chiffres :

- 1500 employés dans le monde
- 10.000 courses/semaine en France
- 30 emplois en France
- Dernière levée de fonds : 1,2 Md$ en mai 2014
- Valorisation totale Uber : 17,4 Md$

Uber en quelques dates :

- Mars 2009 : naissance de Uber en Californie
- Décembre 2011 : lancement de Uber à Paris, première ville à l'international
- Mars 2013 : lancement de Uber à Lyon
- Avril 2014 : Uber présent dans 100 villes dans le monde
- Juin 2014 : implantation à Lille
- Septembre 2014 : implantation à Bordeaux, Toulouse et Nice. 200 villes dans le monde.

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Commentaires
a écrit le 01/10/2014 à 0:21 :
Pour certain c'est les taxis qui sont les méchants... Moi je suis désolée... Je préfère peut-être prendre un taxi qui lui au moins est soumis à des règles... Que à monsieur tout le monde qui lui n'a pas de règles ( bizarrement il y a quand mm pas mal de leurs chauffeurs soi disant "contrôle" qui ont agressé des gens ou autre....
a écrit le 18/09/2014 à 9:37 :
Je ne sais pas si elle est loyale mais cette nouvelle concurrence est saine pour amener les Taxis à évoluer et être plus efficaces.
a écrit le 17/09/2014 à 18:45 :
dérèglementation =perte de ressources (cotisations sociales, impots, retraites) pour la collectivité donc pour beaucoup de gens. A terme c'est plutot inquiétant....

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