Feuille de route, expansion, priorités : François Pierson et Thomas Froehlicher dévoilent le futur de Kedge Business School

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François Pierson, président du Conseil d'administration et Thomas Froehlicher, nouveau directeur général
François Pierson, président du Conseil d'administration et Thomas Froehlicher, nouveau directeur général (Crédits : DR)
Le nouveau directeur général de Kedge Business School, Thomas Froehlicher, prendra officiellement ses fonctions fin août mais il est déjà à pied d'oeuvre. Avec François Pierson, président du Conseil d'administration, il fait le point sur son arrivée et sur les challenges qui attendent l'école de commerce et de management, issue de la fusion de Bordeaux Ecole de management et d'Euromed.

- François Pierson, comment s'est déroulé, concrètement, le processus de sélection du nouveau directeur général de KBS ? Combien de candidatures, de personnes auditionnées ? Et fallait-il absolument un DG « extérieur » à l'école ?

F. Pierson : "Nous avons organisé un processus de recrutement classique avec un cabinet spécialisé qui nous a permis de rencontrer plus d'une dizaine de candidats issus du monde académique, mais aussi des entreprises. Ils étaient tous très motivés et beaucoup avaient le niveau requis pour aspirer à prendre la direction de Kedge BS. Après plusieurs sélections successives, notre choix final s'est porté sur Thomas Froehlicher. Kedge BS a besoin d'un dirigeant capable de poursuivre le travail mené par l'équipe de direction précédente et d'y apporter une nouvelle impulsion. Il se trouve que Thomas Froehlicher possède le profil idéal pour donner cette nouvelle impulsion stratégique."

- Pour quelles raisons avoir choisi le profil de Thomas Froehlicher ?

F. P. : "La première chose importante, ce sont les succès que Thomas a remportés dans ses anciennes fonctions. Ce qui a marqué aussi le comité de recrutement, c'est la passion qu'il manifeste pour le métier et la façon dont il l'exploite à la fois avec enthousiasme et rigueur. C'est en fait l'équation personnelle de Thomas Froehlicher qui a fait la différence."

"Présenter d'ici à décembre une nouvelle plateforme stratégique pour l'ensemble du groupe"

- Thomas Froehlicher, quelles sont vos premières « missions » ou priorités ?

Thomas Froehlicher : "Je crois que quand on est nommé comme directeur général d'une école, on doit être capable de manager les équipes et les embarquer dans un projet : manager et développer. Je vais organiser mon comité de direction et j'ai commencé à rencontrer toutes les parties prenantes et je vais continuer dans les semaines à venir. Je vais aussi faire attention à l'école que je quitte, HEC Liège où j'étais en poste depuis plusieurs années. J'ai déjà commencé à m'immerger dans Kedge BS, à rencontrer les gens sur les différents campus. Je suis allé sur le campus de Shanghai qui représente un enjeu central dans notre stratégie. Mon rôle est ensuite de mobiliser tous les collaborateurs et nos étudiants pour présenter d'ici à décembre une nouvelle plateforme stratégique pour l'ensemble du groupe. Kedge BS se distingue par sa dimension globale qui exige de réussir à faire travailler les équipes en réseau dans une même direction."

- Thomas Froehlicher, quel regard portez-vous sur les écoles de commerce belges ? Y-a-t-il matière à s'inspirer et si oui, sur quels points ?

T. F. : "Au sein de HEC Liège, j'ai pu multiplier les partenariats avec les entreprises à travers des chaires à forte valeur ajoutée bénéficiant à nos recherches et à nos enseignements. Nous avons levé près de 10 millions d'euros sur quatre ans. Nous avons aussi donné forme à notre réseau d'Alumni à travers un Alumni Advisory Board présidé par une grande personnalité d'envergure internationale. Nos 15.000 Alumni sont devenus une "force de frappe" et un network qui relaie les ambitions internationales de l'Ecole à travers le monde. Je soulignerai aussi une volonté d'implantation à l'étranger sur trois continents et l'accent mis sur le secteur Executive Education, en alliance avec Antwerpen Management School et des partenaires en Afrique et en Malaisie.
Hors de France, on regarde la fusion BEM - Euromed de manière bienveillante et admirative au regard de la taille atteinte par Kedge BS, équivalente à HEC Montréal. Nous avons opéré des mouvements stratégiques qui nous permettront de nous positionner au niveau mondial et pour cela, nos collègues à travers le monde nous suivent de très près."

- Thomas Froehlicher, vous avez l'expérience des partenariats noués avec les entreprises. C'est un point sur lequel vous serez particulièrement attentif ?

T. F. : "Je serai très attentif à la dimension entreprise. Il faut capitaliser sur la « communauté Kedge BS » composé du réseau entreprise et diplômés de l'école pour convertir ces actifs en valeur ajoutée. C'est vrai au niveau local avec l'appui des chambres de commerce et d'industrie, comme au niveau international. Kedge doit devenir une référence notamment à travers le digital qui bouleverse nos usages et impacte tous les modèles économiques des industries. C'est en accentuant la proximité avec les entreprises que Kedge convertira les opportunités en convergences."

"L'indépendance financière de Kedge BS est une nécessité"

- François Pierson, la question des liens entre l'école et les chambres consulaires est régulièrement remise sur le tapis. L'indépendance financière de Kedge BS est-elle un objectif et à quel horizon ?

F. P. : "L'indépendance financière de Kedge BS est une nécessité. Nous y sommes presque et notre business plan a été établi avec cette contrainte volontaire. Mais les liens avec les CCI n'ont jamais été remis en cause. Cela reste une force, à la fois au sein de notre gouvernance qui bénéficie de l'expérience de ces hommes et femmes d'entreprises, mais aussi parce que nos écoles sont durablement ancrées dans leurs territoires et que cette proximité avec les entreprises locales fait partie de nos atouts."

- Thomas Froehlicher, vous avez dit : "Je n'ai pas le sentiment d'arriver dans un contexte difficile. Il y a des complexités, mais elles sont à la mesure du projet et du réseau." Pouvez-vous nous décrire ces complexités et les points d'amélioration que vous avez identifiés ?

T. F. : "Les complexités à un tel projet sont inéluctables au sens où les changements internes sont nombreux pour les équipes, à la fois sur les procédures et les évolutions de périmètres de chacun. Nous ne sommes pas une organisation figée car cette fusion est source de développement. Mais il s'agit de rassurer en démontrant que ce développement est maîtrisé, que la voie à suivre est clairement indiquée et qu'elle mène à des perspectives tangibles."

"Aucun autre rapprochement n'est à l'ordre du jour"

- François Pierson : quelques mois après avoir pris possession des locaux neufs à Talence, quel est le ressenti ? Il correspond à vos attentes ?

F. P. : "Notre école vient de vivre une période d'admissibilité intense qui a été un succès. Plus de 7000 étudiants venus de la France entière sont passés par nos campus pour leur oral d'admission. A Bordeaux, leur enthousiasme est unanime pour la variété des espaces de travail (amphi, salle de co-working) et la modernité des installations, mais aussi pour les infrastructures sportives (city stade, gymnase, salle de danse...). Une Grande Ecole doit être attractive par sa qualité d'enseignement et ses services d'insertion, mais la qualité d'accueil et d'équipement est tout aussi importante. Que ce soit à Bordeaux, Marseille ou Toulon, nous avons fait les investissements nécessaires et ils se poursuivent. A Marseille par exemple, les étudiants bénéficient d'une bibliothèque 100% digitale, à Toulon, un nouvel i-Lab a vu le jour avec imprimantes et scanner 3D permettant de diffuser et d'expérimenter la pensée design. Je rappelle que la « nouvelle école » Kedge BS à Bordeaux verra réellement le jour après la rénovation de l'ancienne partie du campus qui sera livrée en fin d'année 2014. C'est un projet magnifique."

- Quelle place vise Kedge au sein des écoles européennes ?

F. P. : Notre ambition est de nous classer parmi les 15 meilleures business schools d'Europe. Notre terrain de jeu doit dépasser l'Europe et nous voulons que Kedge soit clairement identifiée comme une école internationale. Nous ciblons prioritairement les pays émergents, et particulièrement la Chine où Kedge BS est considérée comme l'Ecole de management française la mieux implantée, avec ses partenaires prestigieux de Jiao Tong University à Shanghai pour l'Executive Education et Renmin University à Suzhou pour les formations initiales.

- Toulouse et/ou Pau au sein de Kedge : ces pistes sont-elles toujours envisagées ou sont-elles abandonnées ? La rumeur veut qu'Angoulême ait été approchée ?

F. P. : Aucun autre rapprochement n'est à l'ordre du jour. Avant de regarder ailleurs, nous devons bien consolider le groupe Kedge tel qu'il existe déjà et réussir à en valoriser toutes ses composantes, tel que l'école de Design du groupe basée à Toulon et qui offre des opportunités d'interactions originales entre étudiants ingénieurs, managers et designers.

- Un mot pour finir sur l'international : peut-on imaginer que Kedge prenne pied dans un nouveau pays à court terme ?

F. P. : Peut-être bien. Nous voulons avancer vite.

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