Girondins de Bordeaux : François Pinault crée la suprise en appelant à soutenir le club

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je mesure depuis des décennies combien l'identité d'un club et si possible ses succès participent du contrat social dans une région, souligne François Pinault. Ici les supporters bordelais manifestent samedi 24 avril 2021.
"je mesure depuis des décennies combien l'identité d'un club et si possible ses succès participent du contrat social dans une région", souligne François Pinault. Ici les supporters bordelais manifestent samedi 24 avril 2021. (Crédits : Agence APPA)
Dans une lettre ouverte adressée au quotidien régional Sud Ouest, le milliardaire François Pinault, propriétaire du Château Latour (Pauillac grand cru classé), appelle les propriétaires de grands crus du vignoble bordelais à se mobiliser pour sauver le Football Club des Girondins de Bordeaux. Les liens entre les propriétaires du vignoble et le club de football sont néanmoins si ténus que cet appel semble avoir peu de chance d'aboutir. Mais c'est bien en ce moment que les stratégies de reprise du FCGB s'élaborent.

Les grands crus du vignoble vont-ils mettre les mains dans le cambouis du football bordelais ? Si les réponses risquent de se faire attendre, la lettre ouverte de François Pinault, magna breton de l'industrie du luxe avec le groupe Kering, relayée ce mardi matin par Sud Ouest est un appel sans ambiguïté dans ce sens. Propriétaire du Château Latour (Pauillac grand cru classé), François Pinault, 3e fortune tricolore, 27e mondiale, appelle ses confrères évoluant dans la sphère des grands crus, parmi lesquels sont adversaire de toujours, Bernard Arnault (LVMH), à se mobiliser.

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Il faut dire que l'homme d'affaires est également propriétaire du Stade Rennais FC. Et le milliardaire semble partager une vision du football professionnel assez proche de celle des supporters bordelais des Ultramarines : celle d'un fort ancrage local.

"Breton et propriétaire du Stade Rennais, je mesure depuis des décennies combien l'identité d'un club et si possible ses succès participent du contrat social dans une région", souligne ainsi le patron de Kering.

Un vignoble faiblement relié au football

Le vignoble bordelais, comme le rappelle le quotidien, s'est rarement mobilisé pour le Football Club des Girondins de Bordeaux. Parmi les rares exceptions figure évidemment Jean-Louis Triaud, directeur de Château Gloria, qui a été un président très engagé dans la vie du club. Son soutien auprès des supporters en difficulté lors de voyages à l'étranger étant entré dans la légende. Autre magnat des vins et spiritueux et boissons non alcoolisées (avec Pulco à l'époque) à s'être il y a des années intéressé au FCGB, il y a aussi Bernard Magrez. Un temps sponsor du FCGB avec sa marque de jus de fruit Waïti.

D'une façon générale on peut souligner, sans forcer le trait, que le FCGB n'a jamais bénéficié de la puissance financière du vignoble, ce qui pourrait sembler paradoxal mais n'est sûrement pas un cas isolé. En France en tout cas la loi Evin, qui interdit toute communication sur l'alcool dans les enceintes sportives, reste un frein puissant.

François Pinault le patriote face aux grands crus

Le patriotisme auquel fait référence François Pinault, qui aimerait "que chaque club soit tenu par des gens fortunés français et de la région du club, à son image, et la volonté de faire bouger les choses en ce sens" se situe bien au-delà d'un simple sponsoring maillot.

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Mais, là encore, de vieux problèmes refont surface. La démarche de François Pinault, qui pourrait sembler couler de source, ne colle pas tout à fait avec le monde très internationalisé des grands crus où, depuis des centaines d'années, des sociétés ou familles propriétaires d'origine allemande, américaine, anglaise, irlandaise, luxembourgeoise voire hongkongaise se croisent au fil du temps. En ayant rarement coupé les ponts avec leurs différentes origines.

Ce qui fait que le vignoble bordelais a rarement eu un profil purement provincial. L'autre frein à cette ouverture étant culturel. Parce que le vin semble bien être la toute première activité spéculative jamais enregistrée en France. Au Moyen-Age, dépendants de l'argent alors que les paysans pratiquaient une agriculture vivrière, les vignerons bordelais, tout puissants à l'époque de l'Aquitaine anglaise, formaient déjà un cercle fermé sur lui-même.

L'idée du milliardaire breton commence à circuler

François Pinault va-t-il réussir à faire bouger les lignes ? En tout cas Patrice Pichet, patron du groupe éponyme parmi les leaders du BTP en Gironde et propriétaire des Carmes Haut-Brion, s'il n'entend pas se lancer dans un rachat du FCGB, se dit prêt à participer à un tour de table pour voler au secours du club.

Une source anonyme citée par Sud Ouest observe que plutôt que de faire appel aux châteaux les plus prestigieux, le club de football pourrait se tourner vers des Châteaux moyens. Avec à la clé une opération facile à comprendre mais qui risque de faire rêver dans de nombreux domaines d'un vignoble qui est tout de même, on peut le rappeler, en grande difficulté.

"150 châteaux qui donnent 150.000 euros par an pendant 10 ans cela fait 225 millions d'euros", relève ainsi cette source.

Heureusement malgré sa situation critique -marquée en particulier par sa lourde défaite de ce dimanche 25 avril à Lorient (4-1)-, le FCGB n'a pas encore épuisé tout son carburant.

La recomposition des candidatures à la reprise est en cours

Malgré l'ampleur des menaces il lui reste encore assez de temps pour trouver une solution puisqu'au moins deux repreneurs sont toujours sur les rangs pour tenter l'aventure d'une reprise que tout le monde espère salvatrice mais qui sera d'abord complexe à mener à bout. Comme il a déjà eu l'occasion de le confirmer à La Tribune, l'homme d'affaires Bruno Fievet est toujours candidat à la reprise du FCGB.

Pas question pour lui, qui avait annoncé en son temps un tour de table avec des investisseurs à hauteur de 180 millions d'euros, de payer le prix fort pour racheter ce club au bord du dépôt de bilan. Bruno Fievet aurait, selon nos confrères de France info, fait une offre de reprise du club fin 2020 à King Street moyennant 70 millions d'euros. A la quelle le fonds d'investissement n'a pas donné de suite.

Cet homme d'affaires franco-suisse, supporter dans l'âme des Girondins de Bordeaux, n'est pas le seul et devait rencontrer l'autre repreneur actuellement désigné pour cette reprise : Pascal Rigo, boulanger girondin à succès désormais installé au Cap Ferret, avec "La P'tite boulangerie" ,après avoir fait fortune aux Etats-Unis, avec "La Boulange", et revendu son affaire américaine à Starbucks. Selon nos confrères de France Info TV il aurait fait une offre à 30 millions d'euros pour la reprise du FCGB à King Street. Egalement sans lendemain.

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